Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Les jeunes Français, optimistes ou en colère ?

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74% des Français de 16-30 ans sont confiants dans leur avenir personnel. Un tiers aimerait créer sa propre entreprise. Des recrues pour le CJD à venir ? Mais voilà, à côté de ces données rassurantes de l’IFOP, celles de l’Observatoire 2010 de la pauvreté IPSOS-Secours populaire révèle que la moitié des 18-30 ans se déclarent « angoissés » par leur situation actuelle, pensent que les études ne garantissent pas de trouver facilement du travail et 38% s’avouent « en colère ». Qu’en déduire ? Que les réponses dépendent largement de leur formulation précise ? Sans doute. Mais aussi que l’on se trouve sur le fil du rasoir, et que selon le moment, les jeunes, et pas eux seulement, basculent aisément d’un optimisme un peu méthode Coué, à l’angoisse et la colère. Les grèves récentes en sont en partie l’illustration et le gouvernement comme les partis politiques, en qui seulement 9% et 14% des jeunes questionnés par l’IFOP font confiance, devraient en tenir compte de façon beaucoup plus sérieuse s’ils veulent éviter un blocage général style mai 68, mais sans sortie de crise facile…


La pauvreté recule-t-elle vraiment en France ?

Oui, répond l’INSEE, publiant des chiffres fin septembre. 13% de pauvres (niveau de vie en dessous de 60% du revenu médian), soit un recul de 0,4 point en un an. Mais voilà, ce sont les chiffres de 2008 et la crise a sévi depuis. Aux États-Unis, on vient de rendre publics les chiffres de 2009 qui montrent, comme le bon sens l’attend, une progression de 1,1 point. Futuribles souligne que la mesure de la pauvreté en France est… bien pauvre. Trop lente, fournissant des informations peu claires, difficiles à interpréter, puisque, par exemple, la baisse de 2008 peut être due à une modification du calcul des prestations sociales. Si on ne dispose pas d’un meilleur instrument de mesure, on ne saura qu’en 2014 si le gouvernement aura tenu en 2012 la promesse faite en 2007 de réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans. Confortable électoralement parlant…


Énergie propre et argent sale

Les entrepreneurs qui se lancent avec raison dans les énergies renouvelables font un acte à la fois rentable à terme et écologiquement souhaitable. Mais ils doivent regarder avec qui ils s’associent. Europol vient de publier une étude prospective au titre éclairant : Organised Crime & Energy Supply : Scenarios to 2020. Il prévoit qu’à cette date, les organisations criminelles, les mafias pour utiliser un terme plus cru, pourraient jouer un rôle leader dans le secteur. Celui-ci permet, rapporte l’article de Bernard David (CEA), de « blanchir aisément l’argent sale en y investissant massivement, de s’assurer des revenus à court et à long termes en saisissant les opportunités liées aux caractéristiques d’instabilité ou de stabilité du marché, et de se construire une respectabilité à travers un certain nombre de services rendus. »

Europol qui a esquissé trois scénarios inquiétants, aboutit à la conclusion d’une « surveillance nécessaire de l’apparition de signes précurseurs de l’un ou l’autre scénario, afin d’adapter la réponse politique et réglementaire au juste niveau ». Malheureusement, on n’en est plus aux signes précurseurs. En Sicile, on vient d’arrêter des entrepreneurs complices et prête-noms du chef de Cosa Nostra, Messina Denaro, qui s’est emparé de plusieurs parcs d’éoliennes et s’intéresse au photovoltaïque. Rappelons qu’il ne s’agit pas seulement de moralité des affaires, mais de sang versé. Les mafias tuent les entrepreneurs qui leurs résistent. En Sardaigne, la création d’un parc d’éoliennes intéressait beaucoup un groupe de notables très respectablement mafieux, surnommé la loge P3, par référence à la loge maçonnique dévoyée P2 d’il y a trente ans, qui réunissait le gratin des affairistes, des services secrets et des politiciens comme l’actuel président du conseil italien. Des mesures sont donc urgentes au niveau européen pour que les entrepreneurs honnêtes ne soient pas progressivement écartés des marchés des énergies propres (ou phagocytés), comme cela se passe dans le BTP en zones mafieuses.

Futuribles n° 368, novembre 2010. http://www.futuribles.com/lettredinfos/lettre_diff/ldf.html

Rubrique réalisée en partenariat avec la revue Futuribles.

André-Yves Portnoff
Le 5-11-2010
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