Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


La voie du cœur et de la raison

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Le chemin est long pour aller vers la Performance globale, comme y incite le titre de cette rubrique. Et sans doute sommes-nous loin, au CJD, d’être arrivés au bout, car, à chaque nouvelle étape, au sommet de chaque colline franchie, l’horizon s’ouvre et s’éloigne, et l’on ne peut que mesurer la route qui reste à parcourir, jusqu’au sommet suivant. Rien de désespérant pourtant. Car, comme dans la vie, l’important n’est pas le but, mais le chemin. Arriver au bout serait n’avoir plus rien à faire, plus de projet, ce serait mourir.
La Performance globale est la voie que le CJD s’est choisie depuis sa création, il y a plus de 70 ans, même si nous ne l’avons pas toujours nommée ainsi et si demain elle prendra peut-être un autre nom. Elle est aujourd’hui la traduction de l’interrogation fondamentale de notre mouvement : comment faire en sorte que l’économie et l’entreprise, inventions humaines, ne se retournent pas contre leurs inventeurs, c’est-à-dire contre l’homme et contre la vie ? Inquiétude première que la crise violente que nous traversons vient encore renforcer : l’économie livrée à la finance est devenue une sorte de Frankenstein que plus personne ne semble en mesure de contrôler.

Mais cette crise aura eu au moins un mérite. Elle a fait apparaître l’urgente nécessité d’essayer de reprendre le contrôle du monstre. Et elle a mis en lumière que ce qui avait pu sembler à certains une utopie de doux rêveurs, la Performance globale, est en réalité une des seules approches efficaces pour maîtriser durablement le développement de nos entreprises et de nos économies, en respectant les hommes et la société.

Une démarche qui a fait ses preuves

Certes, tout le monde n’en est pas encore convaincu – le vice continue de payer -, mais l’on sent une montée en puissance de ceux – chefs d’entreprises, responsables politiques, salariés, consommateurs, actionnaires même – qui pensent que cela ne peut plus continuer comme avant et que nos pratiques économiques doivent être radicalement réformées. Parmi d’autres idées possibles, la notion de Performance globale les intéresse, car elle est une synthèse novatrice et dynamique de plusieurs approches qui s’entrecroisent : l’entreprise citoyenne, la responsabilité sociale et environnementale (RSE), l’implication des parties prenantes de l’entreprise, l’éthique et la gouvernance, l’innovation, la compétitivité et l’intelligence économique. C’est une déclinaison du concept de Développement durable appliqué aux entreprises.

La Performance globale a aussi l’avantage d’être une démarche qui a fait ses preuves et qui est directement opérationnelle. Fidèle à sa vocation de « laboratoire du patronat », le CJD a en effet lancé, dès 2002, une vaste expérimentation « Performance globale » dans les entreprises volontaires. Il entendait par cette expérimentation grandeur nature apporter sa contribution aux travaux menés sur une échelle mondiale sur le thème du développement durable et de la RSE. Son objectif était d’aider les entreprises, en particulier les TPE et PME, à anticiper et à prendre une longueur d’avance dans ce domaine.

Aujourd’hui, plus de 2 000 entreprises se sont déjà engagés dans cette démarche. Et elles témoignent de son bien fondé et de son impact réel sur la solidité et la durabilité qu’elle procure aux entreprises.

Le choix de durer

L’enquête en ligne, réalisée par le CJD en juillet 2010 et à laquelle 300 de ses membres[1] ont répondu, montre clairement qu’adopter la Performance globale accroît la valeur de l’entreprise. Si 99 % des dirigeants interrogés disent s’être engagés dans la démarche par conviction personnelle, 78 % considèrent que la Performance globale est désormais un atout pour l’image de leur entreprise et presque autant (77 %) qu’elle a un impact positif sur le bien-être des salariés, ainsi que sur leur motivation et sur la dynamique du dialogue social. Huit responsables sur dix estiment aussi que la Performance globale est un facteur d’amélioration des services qu’ils proposent, même si seulement un sur sept la met en avant comme réel vecteur de fidélisation des clients. Cela peut être mis en relation avec le fait que 66 % des répondants affirment que leurs clients ne connaissent pas l’existence de cette démarche. Un effort de communication et de valorisation reste donc à faire. Mais ce bémol n’empêche pas que 96 % des dirigeants interrogés conseillent à leurs pairs de s’engager sur la voie de la Performance globale qui n’est plus seulement pour eux la voie du cœur, mais est devenue aussi celle de la raison.

Comme le résume l’un d’entre eux : « Je suis conscient que je pourrai gagner plus et plus vite, mais j’ai fait le choix de durer. »

Des instruments de pilotage

Depuis 8 ans, cette expérimentation de grande envergure a également permis au CJD d’inventer et de développer des outils d’accompagnement à la Performance globale. Le chef d’entreprise qui veut se lancer dispose ainsi de deux instruments de pilotage.

Le premier, le jeu I Nove You, lui permet de se sensibiliser à la démarche, de partager des bonnes pratiques et de faire un état des lieux simple et rapide de son entreprise. Lors de la phase d’expérimentation menée pendant six mois en 2008-2009, plus de 400 membres ont utilisé ce jeu. Après avoir pris en compte leurs retours puis amélioré le jeu en fonction de leurs remarques, le déploiement interne a débuté en septembre 2009. I Nove You est maintenant demandé par des organismes divers (Chambres de commerce, entreprises privées…) qui souhaitent l’utiliser avec leurs parties prenantes et il devient donc accessible à l’extérieur du CJD.

Deuxième instrument d’accompagnement, le GPS (Global Performance System) est un outil en ligne de diagnostic et de pilotage (gps.cjd.net) qui permet à chaque dirigeant d'évaluer sa Performance globale. Il est ouvert à tous les chefs d’entreprise, après inscription sur le site.

L’évaluation se fait à partir d'un questionnaire de diagnostic qui comprend 100 questions. Ces questions portent sur les 10 thématiques de la performance globale : 6 parties prenantes (clients, fournisseurs et partenaires, salariés, actionnaires, environnement, société civile) et 4 thèmes de gouvernance (valeurs, stratégie, pilotage économique, innovation)

A ce jour, plus de 1 000 entreprises sont inscrites sur le GPS, et parmi elles, 100 ont décidé de publier leur évaluation, et ainsi la rendre disponible auprès des autres dirigeants, du public et surtout de leurs parties prenantes. Ce site interactif évolue constamment pour s’enrichir de nouvelles fonctionnalités. Un outil de collecte de initiatives est ainsi en cours de développement et doit aboutir à la création d’un Observatoire des initiatives Performance globale dont l’objectif est de valoriser les entreprises innovantes en ce domaine et d’inciter au passage à l’action.

Un avantage concurrentiel

Formalisée dès 2004, la démarche Performance globale a permis à de nombreux membres du CJD de changer leur regard sur l’entreprise et de mettre en pratique, au quotidien, les valeurs pour lesquelles ils avaient adhéré au mouvement. Mais il n’est pas dans l’esprit et l’éthique du CJD de garder pour lui ce que l’on peut désormais considérer comme un avantage concurrentiel sur le long terme. Notre objectif est d’entraîner avec nous, sans obligation d’adhésion, tous les responsables qui partagent nos valeurs et notamment l’idée que la performance d’une entreprise n’a de sens que si elle s’accompagne des performances sociale, sociétale et environnementale. Plus nous serons nombreux sur cette voie du cœur et de la raison, plus nous aurons de force pour réorienter nos systèmes économiques dans le bon sens, celui de l’épanouissement de l’homme et de la vie.



[1] Enquête complétée par une série d’entretiens approfondis auprès de 15 dirigeants.

la rédaction
Le 5-12-2010
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