Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Des jeunes dirigeants au cœur de la City

Westminster
Deuxième étape de la tournée européenne du CJD : Londres, les 3 et 4 février 2011. Le programme était dense : départ à 7h13 de la Gare du Nord pour 48 heures d’immersion dans le marché britannique. 25 entrepreneurs participaient à l’aventure, les uns pour benchmarker, les autres pour avancer sur un projet d’implantation.

Première étape : la Chambre de Commerce Française de Grande-Bretagne. Le service d’appui aux entreprises est très performant, puisque ce sont plus de 300 PME qui sont accompagnées chaque année. Les services sont divers et variés pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises : du questionnaire marché pour tester les produits auprès des consommateurs finaux, des distributeurs ou des prospects, en passant par l’élaboration de listes qualifiées (agents, distributeurs, etc..) ou encore par la mise en place d’une représentation commerciale à temps partagé ou l’hébergement de VIE, jusqu’à la domiciliation et la gestion des salaires ou la création de filiales.

L’intervention d’un avocat, Olivier Morel, met en lumière les différents modes d’implantation des entreprises et leur mode de fonctionnement quotidien, la spécificité du droit social anglais ou encore les précautions à prendre lors d’une acquisition. Il insiste ainsi sur l’importance de contractualiser toute transaction.

Puis, un entrepreneur français, fromager vendéen, récemment implanté à Londres, explique parfaitement la démarche à suivre et les facteurs clés de succès d’une implantation réussie et donne des ailes à certains de nos participants : c’est possible, même quand on est issu d’une entreprise familiale artisanale du fin fond de la Vendée ! L’entreprise créée en 1980, qui emploie 180 personnes avec un CA de 20 millions d’euros, réalise, après un an seulement, 8 % de son CA à l’export.

Green economy

Pour parfaire notre connaissance du marché britannique, une visite dans une salle de marché s’imposait. Dans la première place financière d’Europe, ce secteur représente 15 % des services. Le Crédit Suisse, l’une des principales institutions financières londoniennes nous a ouvert ses portes, et des traders ont pu nous aider à démystifier les private equities, même si ce monde reste opaque et bien loin de nos préoccupations quotidiennes.

Entre deux visites, nous avons eu l’occasion de jeter un regard prospectif sur les marchés mondiaux de demain. La Green Economy y a évidemment une place de choix. Créer un cycle écopositif, investir « là où ça fera mal demain », tel est l’objectif de Carbon Credited Farming qui accompagne des projets innovants dont le but est de réduire les dommages collatéraux du développement économique. Cela passe par des projets de plantations de biocarburants en Asie du Sud-Est et en Afrique, soutenus par l’ONU, mais aussi par des financements de projets clean tech au Brésil et en France. L’objectif est de faire baisser les gaz à effet de serre, de réduire la dépendance pétrolière, mais aussi de développer durablement les économies locales, dans le respect des traditions et des cultures, en recherchant toujours les process les plus efficients possible.

Nous terminons ce parcours londonien par la visite d’une entreprise française de solutions informatiques de collaboration à distance, Arkadin, implantée sur le marché depuis plus de 10 ans, qui a réalisé plus de 576 % de croissance entre 2005 et 2010. Son concept : travailler « glocal » : l’offre produit est conçue au niveau corporate, global donc, et la commercialisation au niveau local. Aujourd’hui l’entreprise qui réalise 100 millions de CA, compte plus de 750 salariés et est implantée dans 26 pays. La règle numéro un : transmettre dès le début les rênes de l’entreprise à un local.

British way of life

Très fortement touché par la crise économique mondiale, le marché britannique n’en demeure pas moins ultracompétitif. Le Royaume-Uni a su mettre en place les réformes nécessaires (éducation, système de santé) pour rester l’une des économies les plus compétitives d’Europe. Et malgré le plan de rigueur drastique que le gouvernement vient de mettre en place (TVA à 0 %, diminution de 500 000 du nombre de fonctionnaires et réduction des dépenses publiques de 81 milliards de livres sterling d’ici 2015) pour améliorer les finances de l’État, l’économie britannique possède des atouts qui lui permettent de maintenir un taux de chômage à 7,9 % au plus haut du marasme économique qu’ils viennent de traverser après 16 années consécutives de croissance. Reste à voir quels seront les effets du plan de rigueur dans les prochains mois.

Pour tous nos interlocuteurs durant ce voyage d’études, et notamment le président des conseillers du commerce extérieur à Londres, Bruno Deschamps, la force du modèle britannique tient à la souplesse de sa législation sociale, qui permet à chaque entreprise d’appréhender les marchés avec cohérence et au moindre risque et ainsi d’ajuster les besoins de l’entreprise avec la réalité économique ; à cela s’ajoute un coût du travail moindre (25 % de charges patronales et salariales), un temps de travail plus élevé qu’en France, et le triangle d’or d’une collaboration université-recherche-entreprise bien rodée. L’économie britannique se concentre autour d’un écosystème entrepreneurial « idéal ». Non seulement l’environnement est très favorable à la création d’entreprises (les universités servent d’incubateurs), mais surtout le networking est le « way of life » des entrepreneurs anglo-saxons. Les secteurs porteurs sont à haute valeur ajoutée : aéronautique, automobile, TIC, biotechnologie et pharmacie, énergies renouvelables.

Marché ouvert, pays voisin et cousin, nos données structurelles sont similaires (population à peu près équivalente, pays de redistribution sociale). Le tissu des TPE est plus important encore qu’en France. Londres n’est qu’à deux heures de Paris, le trafic Eurostar ne cesse d’augmenter (plus de 10 millions de passagers en 2010), le Royaume-Uni est une porte ouverte sur les marchés américains ! Pour finir, les maîtres mots du marché britannique à retenir : pragmatisme, flexibilité et incitation !



Ce qu’en ont pensé les participants :

« Le voyage flash, c’est vraiment l’occasion de découvrir les pratiques entrepreneuriales d’un pays en faisant tomber les préjugés. J’ai vraiment apprécié de rencontrer et des institutionnels et des entrepreneurs locaux “immigrés”. C’est l’opportunité d’établir les premiers contacts essentiels dans une démarche d’export ou d’implantation à l’étranger. » (Christine Ollier - Lyon)

« Pour ma part l'objectif était double : dans un premier temps, passer un bon moment avec les JD de ma section et rencontrer d'autres JD afin de connaître leurs motivations pour s'inscrire à un voyage comme celui-ci. Dans un second temps, sortir et découvrir d'autres modèles économiques et leurs expatriés. J'ai beaucoup apprécié l'intervention du "fromager vendéen" et la rencontre avec la fondation concernant les biocarburants. » (Philippe Fischer – Meaux-Marne-La-Vallée)

« Pour moi qui venais avec un projet d'implantation en Grande-Bretagne, le voyage a été extrêmement intéressant : les multiples contacts, personnes et institutions m'ont ouvert les portes d'un nouveau monde. J'ai suffisamment d'éléments d'information pour me permettre d'étudier concrètement mon projet et de commencer à le concrétiser. » (Georges Martin - Val-de-Marne)

« La formule flash et la qualité des visites permettent de très rapidement sentir les choses, se faire une idée. Un pays où le business est roi, sans a priori, sans complexes, mais aussi avec ses dérives. Un pays qui a un fromager exceptionnel, normal il est français et il y avait du CJD dans son biberon. » (Willy Simonis - Colmar)

« 1/ Je reviens de ces 2 jours en ayant envie d’entreprendre à Londres ! La mayonnaise a bien pris… Même si ce n’est pas dans notre stratégie pour le moment, je me dis que la petite graine a été semée…

2/ Superbe ouverture d’esprit, sur des sujets très variés. J’ai en particulier été interloquée par la vie des traders… époustouflée par le parcours de la fromagerie… bluffée par l’analyse politico-économique de l’intervenant du mardi matin… et jalouse du club d’entrepreneurs… A quand un tel concept pour 400€/ an à Paris ?!

3/ Côté plus perso pour mon entreprise : on a fait du benchmarking, des visites clients et… du team building. 2 jours rares et exceptionnels dans la vie de notre petite entreprise. Que du plus, taux de satisfaction 100% ! » (Laurence Depond - Paris)

« Je garde un très bon souvenir de ce voyage, j’ai beaucoup aimé la présentation sur les cultures pour les biocarburants et celle de notre fromager vendéen, une très belle expérience. Ce voyage m’a surtout instruit sur la perception qu’ont les Anglais du business avec les Français et sur la manière de négocier avec eux. Bref encore un très bon voyage avec de bons souvenirs. »(Pierre-Jean Corbi - Meaux-Marne-La-Vallée)


Quelques chiffres :

650 000 Français installés à Londres, 7e ville « française »

14 000 PME françaises exportent vers Londres

2 200 ont des filiales au Royaume-Uni

1re place financière en Europe

Palmarès de la compétitivité mondiale : Royaume-Uni : 6e puissance mondiale, 3e puissance européenne

Stéphanie Le Dévéhat
Le 2-03-2011
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