Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Entreprises et OPCA font-ils bon ménage ?

Les OPCA, nom barbare qui désigne les organismes gérant les fonds de formation, évoquent de bons et souvent moins bons souvenirs pour les dirigeants. Décryptage.
Il est souvent question concernant les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) de leur opacité, austérité et inflexibilité. Il y a certainement une grosse part de vérité dans ce jugement, mais il faut bien se garder de les mettre tous dans le même bateau tant les disparités de traitement et de fonctionnement de l’un à l’autre sont criantes.

L’un vient vous voir et vous explique, l’autre refuse toute rencontre et dialogue. L’un rembourse rapidement, l’autre se fait désirer. L’un vous propose des services, l’autre se demande bien ce que cela peut signifier en dehors de la subrogation de paiement (payer directement la facture de l’organisme de formation) qui, certes, est un avantage pour les entreprises, bien minime soit-il, mais qui fait souffrir le prestataire. De qui vous dépendez, de façon imposée ou choisie, dépendra votre sort.

Langage technique

Compte tenu de ces disparités, mais aussi à la fois de la nécessaire simplification du système et du lien primordial de proximité territoriale avec les entreprises, oui, oui, et mille fois oui au regroupement massif des OPCA. Pour prendre un exemple qui nous parle, au CJD, en quoi se justifie que nos chefs d’entreprises non salariés doivent se référer à 3 OPCA différents entre l’AGEFICE, le FIF-PL et le VIVEA ? Le champ conventionnel, où chaque branche d’activité y va de sa touche personnelle, de son petit aménagement des règles, est intellectuellement satisfaisant, mais peu arrangeant. Et le langage très technique qui en résulte ne facilite pas le dialogue entre les entreprises et les OPCA. Ce foisonnement, cette multiplicité des règles ne résonnent en rien avec le principe de diversité si cher au CJD. Oui, en revanche pour la régionalisation : c’est le lien direct avec les entreprises qui prime.

Refus injustifiés

Balayons d’un revers de main l’idée reçue que les OPCA soient de froids calculateurs, patientant malicieusement pour payer les formations en vue de leur propre profit (placement de l’argent qui dort). Les retards s’expliquent souvent par des encombrements administratifs, auxquels, il faut bien le dire, la complexité des réformes successives depuis 2004 n’a rien arrangé.

Les démarches sont parfois longues, compliquées vis-à-vis des OPCA. Avouons aussi que l’application de procédures rigoureuses est l’apanage de chaque institution, quelle qu’elle soit et a fortiori lorsqu’elle est contrôlée par les services de l’État, et que toutes les entreprises ne font pas toujours l’effort de satisfaire ces exigences légitimes. La paperasse n’aura jamais bonne presse. Mais l’irritation majeure parvient lorsque la sentence du refus de financement tombe. Elle ne représente au sein de l’OPCA qu’un coup de tampon, un peu d’encre, un insignifiant courrier type, un bouton sur lequel on appuie, mais elle est en revanche toujours durement ressentie par le chef d’entreprise ou le responsable RH/formation comme une atteinte au droit de l’entreprise de choisir librement les formations les plus adaptées au besoin de développement personnel et professionnel des employeurs et employés…

Compétences pédagogiques

Développement personnel, voilà bien un terme qui fâche. Où est donc le gourou sectaire qui a manipulé de bonnes âmes en peine ? La formation, c’est plus sérieux que cela, n’est-ce pas ? Législateur, si tu m’entends, la paranoïa n’est pas le seul chemin qui mène à la raison. C’est bien toi qui évoques la formation tout au long de la vie ? C’est bien toi qui t’inquiètes par ailleurs du stress des salariés dans les entreprises. Alors, ouvre la voie à ce magnifique champ de progression que nous connaissons si bien au CJD et ne pénalise pas, sur une simple suspicion, de nombreux intervenants et organismes compétents, contributeurs d’améliorations des organisations et des collaborateurs, par ailleurs parfaitement transférables : la connaissance de soi et des autres, la capacité de remise en question et d’adaptation, la qualité relationnelle et le bien-être. Non, le développement personnel n’est pas antinomique au professionnel, il en est même le socle.

Juger de la validité de formations requiert des compétences juridiques, mais également pédagogiques, dont il ne faut pas faire l’économie. Un parcours de formation pédagogique obligatoire pour les salariés d’OPCA ne serait pas un luxe.

Les cartes sont jetées : OPCA et entreprise, apprenons à travailler ensemble, mais avant essayons déjà de croiser nos chemins !

Cédric de La Morandière
Le 21-03-2011
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