Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Environnement : mais qu’en pensent les plus jeunes ?

Des élèves dans la nature
Si la population adulte est, dans l’ensemble, désormais convaincue de la nécessité de protéger l’environnement, il n’est pas sûr qu’elle soit prête à supporter les contraintes que cela implique dans sa vie quotidienne. Et les Français, en particulier sont réputés pour leur « résistance aux règles ». A cela s’ajoute le fait que de puissants lobbyings tentent de retarder la mise en œuvre de l’encadrement réglementaire décidé lors du Grenelle de l’Environnement ? Ainsi la France n’avance-t-elle, sur l’axe environnemental, que péniblement et lentement.
Il est vrai que repenser notre écosystème dans son intégralité demande inventivité, perméabilité au changement, adaptabilité et affranchissement des habitudes. Or, qui détient ces « aptitudes » que sont l’imagination, l’absence de crainte face au risque et aux obstacles, l’absence d’a priori, mieux que les jeunes enfants ? Il nous a semblé intéressant d’aller interroger les plus jeunes sur leur vision de la protection de l’environnement.

Des voitures qui fonctionnement au soleil

Voici les réponses d’une classe de CE1 d’une école du Morbihan, en Bretagne, aux questions que nous leur avons posées via leur enseignante.

« Qu’est-ce que veut dire, pour toi, protéger l’environnement ? «

La classe : « C’est protéger la planète, ne pas jeter ses déchets par terre, ne pas couper trop d’arbres. »

« Est-ce important pour toi ? Pourquoi ? »

La classe : « Oui c’est important, sinon l’atmosphère sera polluée, on ne respirera pas un bon air ».

« Que fais-tu, chaque jour, pour participer à la protection de l’environnement ? »

La classe : « Je recycle les déchets, j’essaye d’aller à pied plutôt que de prendre la voiture, les escaliers plutôt que l’ascenseur. Il ne faut pas tuer les animaux. »

« Qu’est-ce qu’on devrait faire pour l’environnement selon toi ? »

La classe : « Inventer des voitures qui fonctionnent au soleil, ne pas gaspiller l’électricité ni la nourriture. »

Outre le fait que ces élèves semblent, malgré leur jeune âge, très responsables, ils énoncent avec simplicité des solutions très pertinentes. Cette génération, qui est née avec nos interrogations sur la survie de la planète, comme la précédente est née avec Internet, est peut-être prête à là s’adapter naturellement aux exigences du développement durable et apporter des solutions.

Les enfants éduquent les parents

C’est le retour qu’en fait leur institutrice : « Les enfants sont toujours très intéressés par ce sujet, souvent plus que leurs parents ! Il est intéressant de faire passer par eux les messages de sensibilisation, car ils leur racontent tout le soir en rentrant à la maison ! Finalement, en ce domaine, ce sont eux qui éduquent un peu leurs parents et non le contraire ». Évidemment, l’institutrice, très investie elle-même sur cette thématique, n’y est pas pour rien. Elle sensibilise sa classe à ces questions environnementales à travers un cours appelé « découvertes du monde », qui s’apparente à de la géographie et des sciences naturelles pour des élèves de cet âge.

Ainsi, sur les 18 élèves interrogés, 2 élèves seulement citent en premier lieu leurs parents en tant que source d’information sur l’environnement, 5 y ont été sensibilisés par leur institutrice, 5 autres par la télévision, 2 par Internet (4 élèves ne se sont pas prononcés). Bonne nouvelle, les campagnes de sensibilisation menées dans les médias, par certains politiques, des membres de la société civile, et aussi des citoyens « lambdas » passionnés, semblent porter leur fruit auprès de la jeune génération particulièrement réceptive aux images de la « mère télévision », mais aussi d’Internet, et plus globalement de leur environnement.

Un engagement citoyen

Ces 18 élèves, ainsi que leur institutrice, ne constituent donc pas un échantillon représentatif de l’ensemble des enfants de 7-8 ans, en France. Ils vivent en Bretagne, dans une petite ville, à proximité de la mer et de la campagne, environnement par essence très « nature » et propice à une attention particulière à sa protection. Et le Morbihan est plutôt bon élève en la matière : l’école en question travaille avec la Communauté de Communes, qui compte des animateurs intervenant auprès des élèves sur ces questions environnementales, avec parfois des sorties sur le terrain : « visite d’une station d’épuration, observation de la faune de la rivière, travail sur le cycle de l’eau… ». A côté de ces actions en faveur de la protection de l’environnement, cette municipalité propose également un engagement citoyen aux enfants. « Deux élèves élus de CM2 de chaque école de la ville font [ainsi] partie du conseil des enfants et se réunissent une ou deux fois par an à la mairie pour prendre des décisions au nom de tous les enfants de la ville. Fin 2010, un samedi sans voiture a été organisé dans le centre ville, à leur initiative, grâce à des affiches qu’ils avaient réalisées et en sensibilisant les commerçants et la population. « Comme quoi tout est possible », rappelle avec enthousiasme notre institutrice morbihannaise.

Si l’on veut vraiment faire bouger les mentalités, développer les écogestes et changer nos habitudes de consommation, n’est-il pas temps d’écouter les enfants ? Car au fond, c’est pour eux que nous devons préserver les ressources et la planète.

Un grand merci à la maîtresse et aux enfants pour ce témoignage.

Alexandra Quinio
Le 7-03-2011
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