Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Soud Hydro : l'entreprise positive

Béatrice Veyrac Caunègre
En reprenant, en 2005, l’affaire familiale, Béatrice Veyrac Caunègre décide de construire avec son mari une entreprise à leur image, dynamique et moderne. Aujourd’hui, avec beaucoup d’engagement, c’est chose faite. Et Soud Hydro est une entreprise où il fait bon de travailler.

En 2002, lorsque Jean-Claude Veyrac décide de passer la main, leur fille Béatrice et son époux, Sylvain Caunègre décident de relever le défi et de reprendre Soud Hydro, atelier spécialisé dans la mécanique lourde et l’hydraulique mobile. Ils abandonnent leurs carrières respectives dans le Tarn, vendent leur maison et reviennent s’installer dans l’Aveyron, prés de Rodez. Commence alors une période de reconstruction de leur vie personnelle et d’apprentissage de leur nouveau métier : dirigeants d’entreprise. Car le défi n’est pas mince et les trois ans de transmission se révèleront difficiles, Sylvain et Béatrice ayant tout à apprendre. Mais ils sont animés par la commune volonté d’offrir un nouvel élan à leur activité et l’envie de piloter une équipe pour atteindre tous ensemble de nouveaux objectifs.

Sylvain Caunègre prend en charge la partie technique et se forme au sein de l’atelier avec les salariés dont certains sont là depuis la création de l’entreprise en 1983. Quant à Béatrice, titulaire d’un DEA de géographie et qui, jusque là, assurait le développement d’une communauté de commune, elle s’inscrit à l’Ecole des managers de la CCI de Rodez et adhère au CJD. Aujourd’hui, elle affirme d’ailleurs : « Sans le CJD, je ne serai pas restée. J’ai bénéficié d’une écoute sans pareille ; à chaque réunion, je pouvais vider mon sac et je recevais énormément en retour ».

La Performance globale comme guide

En 2005, Béatrice prend officiellement la gérance de l’entreprise. Pour se structurer et trouver une nouvelle impulsion, elle s’appuie sur le diagnostic Performance globale. Le tout premier chantier est celui du recrutement. Béatrice souhaite remiser la gestion quelque peu patriarcale de son père et donner à son entreprise une dimension plus industrielle qu’artisanale. Elle décide alors de doubler tous les postes et recrute également une assistante, ce qui lui laisse du temps pour ses enfants. Grâce aux 4 nouvelles recrues, ils sont à présents 10 à unir leurs compétences.

Ensuite, et en conséquence, il faut agrandir et une extension est construite pour doubler la surface de l’atelier.

Troisième objectif : les clients. Le marché est porteur, mais Béatrice s’engage dans la diversification de sa clientèle. Aujourd’hui, elle dispose d’environ 400 clients réguliers aussi variés que les travaux publics, le bâtiment, la distribution d’alimentation du bétail, les collectivités locales pour la récupération des ordures ménagères, les hôpitaux, etc., qui profitent du maître mot de l’entreprise : la réactivité. Ainsi, 80 % de l’activité est consacrée aux camions arrivant en panne à l’atelier et pour lesquels un diagnostic rapide doit permettre une réparation immédiate afin de repartir tout de suite. Les 20 % restant sont pour des camions dont l’immobilisation varie entre 2 et 6 jours.

Dernier grand axe de transformation : la qualité et la communication. Une plaquette est élaborée et met en avant la nouvelle image de l’entreprise : jeune, moderne, polyvalente et réactive. En parallèle, Béatrice et Sylvain décident d’obtenir la certification ISO. Cette démarche les incite à mieux se structurer et à s’organiser pour s’orienter vers la maintenance industrielle. En cours de finalisation, la certification devrait leur permettre de s’attaquer à de plus gros marchés.

Depuis deux ans, Soud Hydro a dû faire face à la crise, mais la diversification des clients a permis à Béatrice Veyrac Caunègre de maintenir l’emploi. D’autre part, cette volonté de souder une équipe et la proximité avec les salariés créent un bon climat social. Tous ont été très compréhensifs face à la crise, Béatrice et Sylvain faisant eux-mêmes un effort en baissant leurs salaires pour éviter le chômage.

Pari gagné !

Neuf ans après « le grand saut », Béatrice et Sylvain ont réussi à construire une entreprise à leur image, orientée vers l’avenir. « Le management, ce sont de grands moments de bonheur et de satisfaction », souligne Béatrice. « Nous n’avons pas d’absentéisme. Quand nous devons recruter, nous avons toujours des jeunes qui veulent venir travailler avec nous. Au niveau de notre bassin, nous avons l’image d’une entreprise qui offre un mode de fonctionnement différent. » Soud Hydro est toujours en phase avec son marché et ses clients qui partagent les mêmes valeurs. Elle s’ouvre également à son territoire. « Nous avons presque tout le temps des stagiaires et avons mis en place des journées Portes ouvertes. » Le couple puise son dynamisme dans « la recherche du mieux » et apprécie que le quotidien de l’entrepreneur soit de relever chaque jour de nouveaux challenges.

Grâce à l’accompagnement du CJD, Béatrice dit « avoir construit une entreprise certes performante mais ancrée dans des valeurs » et elle porte à présent cet engagement en tant que Conseillère Banque de France et Membre associée de la CCI de Rodez.

Et comme le dit Béatrice en conclusion : « Piloter une équipe, c’est ne pas se laisser décourager par les baisses d’activité mais toujours garder la tête haute pour stimuler les énergies et continuer d’avancer. »

Une affaire de famille

Nathalie Garroux
Le 10-04-2011
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