Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Les Français prêts pour les énergies renouvelables

Consommation d'énergie
Dans un récent rapport présenté à Bruxelles, Greenpeace affirme que 99,5 % de l’électricité produite sur le sol européen pourrait provenir des énergies renouvelables en 2050, si le nucléaire était résolument considéré comme une énergie du passé, au même titre que le charbon aujourd’hui.

A condition aussi que d’importants investissements soient dévolus pour développer les infrastructures et les réseaux. Les réseaux électriques, à l’heure actuelle, ne favorisent que le nucléaire et les industriels n’investissent massivement que dans ce même nucléaire. « Actuellement, les éoliennes sont souvent arrêtées en période de pointe de production pour laisser un accès prioritaire à l’électricité produite par les réacteurs nucléaires et les centrales alimentées au charbon, impossibles à stopper », déplore le rapport baptisé « La bataille des réseaux ».

Si les états européens décidaient de stopper l’accès prioritaire des réseaux au nucléaire, ils devraient allouer 70 milliards d’euros d’ici 2030 puis rajouter 28 milliards jusqu’en 2050. Ainsi, l’électricité produite sur le sol européen proviendrait à 68 % des renouvelables en 2030 et à 99,5 % en 2050.

L’organisation écologiste ne doute pas que contraindre la France à se diversifier paraît difficile. « Les acteurs sur le marché français comme EDF pourront retarder la montée en puissance des renouvelables, mais ils ne pourront pas la stopper », avancent pourtant ses responsables. En effet, les nouvelles règles européennes vont imposer à notre pays de cesser de donner la priorité à ses propres réacteurs sur son réseau.

Les Français sont attachés aux énergies nouvelles.

En tous les cas, même si les désirs de Greenpeace paraissent difficiles à réaliser, le terrain psychologique est mûr pour avancer dans cette direction. Les résultats d’un baromètre annuel de l’ADEME sur les énergies renouvelables montre que les Français sont attachés aux énergies nouvelles : 97% d’entre eux se déclarent favorables à leur développement. Le soutien des Français aux énergies renouvelables reste stable. « Ces nouvelles énergies devront, en 2020, représenter 20% de notre consommation d’énergie et marquent le début d’une formidable aventure industrielle », précise Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement.

Le baromètre met également en évidence que 44 % des personnes interrogées considèrent « intéressante » la possibilité de produire de l’électricité à domicile à partir d’énergies renouvelables. 28 % d’entre eux la jugent même très intéressante. La palme revient au solaire et à l’éolien qui recueillent respectivement 61 % et 53 % des faveurs (contre 68 et 43 % en 2009). Suivent l’hydraulique (20 %) et la géothermie (19 %). Les principales raisons de ce choix sont les avantages environnementaux (83 %) puis économiques (52 %). Sur le plan de la pratique, 18 % des Français déclarent posséder un appareil permettant d’utiliser une énergie renouvelable. 55 % d’entre eux possèdent une installation permettant de se chauffer au bois, tels qu’un poêle à bois ou une cheminée. Les installations solaires sont en progression de +13 % tandis que les pompes à chaleur augmentent de +5 %. Parmi les Français qui ne disposent pas encore d’un équipement permettant d’utiliser une source renouvelable, 85 % jugent intéressantes les offres existantes, en particulier en matière de solaire (71 %) et, dans une moindre mesure, de géothermie (17 %). Les obstacles liés à l’installation de ces équipements ont malgré tout pris de l’ampleur principalement pour des questions de coûts considérés comme trop élevé par 45 % des répondants, (en hausse de 11 points par rapport à 2009). Les difficultés techniques sont citées par 44 % des répondants (en hausse de 8 points).

Des énergies de plus en plus compétitives

Selon une autre étude que vient de publier la société de gestion indépendante spécialisée dans l’univers du développement durable, la Financière de Champlain, l’avenir des énergies vertes s’éclaircit. « Après trois années de baisse, succédant aux trois années 2005-2007, nous pensons que le secteur de l’environnement devrait entrer progressivement, en 2011, dans un nouveau cycle haussier », estiment les auteurs de ce point de conjoncture. Les industries des énergies renouvelables, et particulièrement celle du secteur photovoltaïque, grâce à « la baisse continue du prix des panneaux solaires » deviennent « de plus en plus compétitives ».

Le pétrole remplacé en 2050

Biocarburants, électricité et méthane pourraient ensemble permettre à l’Union européenne de remplacer progressivement les énergies fossiles comme carburants alternatifs dans le secteur des transports d’ici à 2050, selon un rapport européen publié mardi.

Selon un rapport d’un groupe d’experts sur les carburants du futur, « il serait possible de répondre à la demande escomptée de tous les modes de transport » à cette échéance par une combinaison de carburants alternatifs. Cela inclurait un mélange d’électricité (batteries et hydrogène/piles à combustible) et de biocarburants comme carburants principaux, complétés par des carburants de synthèse (issus de sources renouvelables dans une proportion croissante), du méthane (gaz naturel et biométhane) comme carburant complémentaire, et du GPL (gaz liquide) comme carburant d’appoint, dit le document.

« Si nous voulons rendre les transports réellement durables, nous devons nous tourner vers les carburants alternatifs », a souligné dans un communiqué Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne responsable des transports. Il y a urgence, car « le marché pétrolier pourrait connaître une pénurie avant 2020 », estime son homologue Günther Oettinger. Le secteur des transports reste très polluant. Il constitue le point noir dans l’action entreprise par l’Union européenne pour lutter contre le réchauffement climatique avec des émissions de CO2 en augmentation constante, déplore la Commission. Il est, avec la construction, l’un des secteurs dans lesquels le potentiel d’économies d’énergie est considérable, ajoute-t-elle.

Article publié en collaboration avec place-publique.fr

D. Sabo
Le 23-05-2011
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