Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


« Couchsurfing » : le grand retour de l’hospitalité.

Page d'accueil de couchsurfing
Par le biais d’internet, la vieille idée utopique d’un réseau mondial d’hospitalité gratuite a refait surface et explose. Ou comment un canapé libre permet aujourd’hui de rencontrer la planète entière…

YIN : Un site, une histoire : www.couchsurfing.org

Offrir l’hospitalité à des inconnus et se faire héberger par d’autres inconnus, l’idée paraît trop belle pour être vraie et pourtant, les chiffres sont là : 2 692 000 adhérents au projet Couchsurfing, 328 600 à l’Hospitality Club (les deux plus importants réseaux), plus de 3 millions de personnes au total réparties dans près de 200 pays ! Il faut dire que le principe du Couchsurfing (littéralement « D’un canapé l’autre ») est on ne peut plus simple : on s’inscrit sur le site, puis on contacte les personnes vivant dans le pays où l’on souhaite se rendre. C’est tout.

En théorie, l’hébergeur s’engage uniquement à fournir à son hôte un coin pour passer la nuit. « Dans la pratique, explique Bertrand, informaticien marseillais de 34 ans, cela va souvent au-delà. Pour ma part, c’est, au minimum, l’apéro, la « petite bouffe » à la française et le tour du Vieux Port.»

Première bonne surprise : les Français marchent à fond. Certes, les Américains ont doublement inventé le concept. Bob Luitweiler, tout d’abord, en 1949 qui crée Servas (www.servas-france.org) et son fonctionnement « à l’ancienne » : cooptation, recommandations, délais… Puis, en 2000, deux jeunes Américains que l’instantanéité des échanges apportée par internet poussent à reprendre l’idée en ligne. Le « projet couchsurfing » est né. Dix ans plus tard, 233 000 Français ont adhéré à l’idée (troisième pays) dont plus de 50 000 en région parisienne, ce qui fait tout simplement de Paris la ville la plus hospitalière du monde ! Loin devant Londres et Berlin.

Seconde bonne surprise : au-delà de l’intérêt économique évident, le couchsurfing est avant tout un état d’esprit, une manière de voyager différente consistant à découvrir un pays à travers la vie de ses habitants et plaçant la rencontre de l’Autre au centre du voyage.La notion de gratuité y est d’ailleurs toute relative au regard de l’investissement personnel que requiert l’exercice. « S’installer chez des inconnus ou les recevoir vous prend pas mal d’énergie, assure Bruno, nouvel adepte de 22 ans. Mais on reçoit largement autant que l’on donne !».

Troisième bonne surprise : les mauvais coucheurs demeurent l’exception. 99,842 % d’expériences positives sur le réseau couchsurfing. Waouh !!... Il faut dire qu’au terme de chaque période d’accueil, chacun met en ligne une « évaluation » de la personne rencontrée ; entraînant ainsi une autorégulation quasi-biologique ; les corps « étrangers » : profiteurs, poseurs de lapin et autres dragueurs, ont tôt fait d’être repérés et rejetés par « l’organisme ».

En route vers l’utopie :www.couchsurfing.com,www.hospitalityclub.org, www.bewelcome.org,www.globalfreeloaders.com,

YANG : Internet & Utopie

En page d’accueil de son site, le Projet Couchsurfing exhorte ses membres à « Créer un monde meilleur ». On peut trouver cela naïf, mais n’est-ce pas, exactement, ce que cette génération (80% ont moins de 35 ans) est en train de faire ?...

Les utopies manifestées à travers ces réseaux d’hospitalité gratuite sont au moins deux. Tout d’abord, naturellement, celle duvillage global, cette idée que « la terre est un seul pays et tous les hommes des frères». On renverse ici l’une des peurs fondamentales de l’être humain : l’autre, l’inconnu n’est plus perçu comme un danger mais, au contraire, comme une source d’enrichissement potentielle.

Autre utopie manifestée à travers les réseaux d’hébergement : « un monde sans argent ». Le tourisme étant en passe de devenir, en 2011, le premier secteur d’activité économique mondial en termes de CA. Le projet couchsurfing, c’est exactement David contre Goliath ; le retour aux valeurs antiques régissant un monde nomade dans lequel l’hospitalité possède un caractère sacré.

Et internet dans tout ça ?

Utopie vient d’« u-topos », signifiant « non-lieu » en grec. Internet se trouvant à la fois nulle part et partout est donc L’utopie par excellence. C’est précisément ce caractère d’ubiquité doublée de son instantanéité qui lui a permis de donner vie à l’utopie « réseau d’hébergement gratuit ». Enfin, c’est sa dimension omnisciente (n’importe quel inconnu, via son profil et ses évaluations, existe aux yeux du monde entier) qui assure la sécurité du système.

Prochaine utopie : « la justice et la paix règneront sur terre »…

Les chroniques d’Utopia par Jérôme Bourgine
Le 3-05-2011
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
1 commentaire
Voir les commentaires
Powered by Walabiz