Juin 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


« L’économie sociale doit gagner en visibilité »

Malgré son importance, notamment au travers des grandes mutuelles, le secteur de l’économie sociale et solidaire est encore trop peu connu comme tel. Pour Gérard Andreck, Président du groupe Macif et du Conseil des Entreprises, Employeurs et Groupements de l’Économie Sociale (Ceges), il faut qu’il parvienne à mieux communiquer.

L’économie sociale et solidaire (ESS) n’est-elle pas confrontée à un enjeu majeur de transmission ?
J’ai constaté que la vie de l’économie sociale se construisait par décades. Tous les dix ans, de nouveaux paramètres interviennent, qui bousculent les approches et les angles de vue. Il y a eu une première période, qui puisait directement dans les tenants historiques du mouvement. Puis une phase marquée par les questions de dimensionnement, avec les changements d’échelle des grandes entreprises mutualistes et coopératives. Aujourd’hui, le secteur est fortement empreint de l’essor des services à la personne.

Reste pour les acteurs du secteur à ne pas rater le coche et à bien négocier le virage d’une période à l’autre…
L’économie sociale souffre d’une certaine inaptitude à l’extériorisation. L’une des solutions consiste à investir le champ de l’école. Nous avons maintes fois tenté de faire valoir la cause de l’ESS auprès de l’Éducation nationale et l’on nous a toujours répondu par des promesses. De ce côté-là, on peut parler d’échec. Les échos sont nettement plus encourageants du côté de l’Université - qui multiplie les cursus dédiés à l’ESS - et des grandes écoles – ESSEC, HEC, bientôt Dauphine.

Cela reste une démarche élitiste…
Elle est nécessaire. Pour autant, entrer dans les campus ne suffit pas. Nous devons gagner en visibilité. Or, nos entreprises ne communiquent pas, ou pas assez, ou mal, sur le fait qu’elles sont porteuses d’un projet social. Certaines entreprises ont pourtant les moyens de le faire, en puisant dans des budgets de communication non négligeables, en utilisant leur surface médiatique à bon escient.
Certaines le font. C’est le cas notamment de la Maif, qui revendique haut et fort dans ses prises de parole son appartenance à l’économie sociale. La Macif aussi fait des efforts importants en ce sens. Mais la démarche reste grosso modo circonscrite au secteur des assureurs mutualistes et de quelques mutuelles de complémentaire santé. Il reste des pans entiers de l’économie sociale – je pense notamment aux services à la personne – qui n’ont pas les moyens de communiquer. De ce point de vue, nous sommes aussi en situation d’échec.

Les entreprises de l’économie sociale sont encore très peu présentes sur les réseaux sociaux…
Soyons clairs : les têtes de pont des grandes familles de l’ESS, les patrons « historiques » du secteur, n’ont pas su s’adapter à l’extraordinaire rapidité de l’évolution des médias. Or, aujourd’hui, nous devons impérativement passer par les réseaux sociaux. Mais il va falloir apprendre à ne pas pontifier, à adapter notre langage aux nouveaux médias. Ce sera l’un des chantiers du Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale (Ceges) en 2012.

Article publié en collaboration avec place-publique.fr

Propos recueillis par Muriel Jaouën
Le 7-06-2011
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