Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Sénégal : un nouveau CJD, créé par Marième Fall

Marième Fall
Passionnée par l’associatif, les relations humaines et l’esprit d’entreprise, Marième Fall, fondatrice et présidente du CJD Sénégal, est persuadée qu’il y a encore de la place dans ce monde pour la réussite par la performance, un esprit visionnaire, de bonnes actions et les valeurs de solidarité et de partage. Cette phrase de Nelson Mandela résume bien son état d’esprit et son engagement d’aujourd’hui dans des activités en lesquelles elle croit et grâce auxquelles elle souhaite changer le monde : « Une vision qui ne s’accompagne pas d’action n’est qu’un rêve. Une action qui ne découle pas d’une vision, c’est du temps perdu. Une vision suivie d’action peut changer le monde ».

Quel est votre parcours ?

J’ai 30 ans, et je suis Manager Audit au sein du cabinet BDO Sénégal que j’ai intégré en septembre 2010. Je suis passionnée de lecture et de cinéma, de musique, mais aussi une grande fervente des activités associatives. J’ai découvert le milieu associatif en 2008 et depuis, c’est devenu une vraie passion. J’apprécie les relations et les synergies humaines qui s’y créent et surtout le partage d’expérience et l’entraide qu’offre ce cadre.

Je suis née au Sénégal où j’ai fait mes études jusqu’au bac obtenu avec Mention Bien. Puis je me suis rendue en France, à Rouen, en 1999 afin d’y poursuivre des études supérieures d’expertise comptable.

Je suis rentrée  en 2003 pour travailler pour mon pays. J’ai intégré le Cabinet Ernst&Young à Dakar où j’ai accumulé durant 4 ans une expérience certaine dans l’audit de différents secteurs d’activités (banques, assurances, télécoms, ONG,…). En 2008, Ernst & Young m’a envoyé pour un peu plus de 2 ans au Luxembourg. Puis je suis revenue à Dakar où j’ai été embauchée par le cabinet BDO Sénégal en tant que Manager Audit et un des bras droit de l’associée – directrice générale de la société, Mme Marie Ba. BDO Sénégal fait partie du 5e réseau mondial d’audit avec plus de 46 930 collaborateurs répartis dans plus de 1 082 bureaux disséminés dans 119 pays du monde.

En tant que Manager, je suis chargée de la gestion et du suivi des dossiers clientèle, du coaching technique des équipes sur le terrain, et du développement de services auprès des banques sénégalaises dans les domaines de la Finance, du Contrôle Interne et du Risque.

Comment avez-vous connu le CJD et pourquoi il vous a semblé utile d’en créer un au Sénégal ?

J’ai connu le CJD par le biais de BDO. En effet, Marie Ba connaît très bien Zakaria Fahim, Président du CJD International et associé de BDO Maroc. Elle nous a mis en contact car elle a trouvé que nous menions des activités similaires sur le plan associatif. En effet, j’ai créé à Dakar, en septembre 2010, avec quelques amis, l’association Dakar Networking (DKN) qui a pour objet de permettre à de jeunes professionnels de se constituer leur propre réseau socioprofessionnel et de bénéficier de coaching de membres plus expérimentés. L’idée était également de permettre à de jeunes entrepreneurs de grandir par la formation et de trouver des investisseurs potentiels.

La proximité de l’objet de DKN et du CJD pour les jeunes entrepreneurs et la similitude de leurs valeurs (partage, générosité, excellence professionnelle, performance,…) ne pouvaient conduire qu’au rapprochement des deux entités.

C’est ainsi que suite à des échanges de mails de présentation des deux associations et des appels téléphoniques, j’ai été séduite par l’idée du CJD et l’expérience mise en avant par le Mouvement pour apporter son soutien aux jeunes entrepreneurs. J’ai donc eu envie de faire bénéficier ces jeunes de cette expérience. Cette envie a coïncidé avec la volonté du CJD International de s’implanter également au Sénégal. Aujourd’hui, c’est chose faite. Le CJD Sénégal a un mois d’existence et travaille d’arrache-pied afin de se structurer et de démarrer ses activités.

Qu’attendez-vous, concrètement de la création du CJD Sénégal ?

Mes attentes vis-à-vis du CJD Sénégal sont grandes. Tout d’abord, une bonne implantation du Mouvement au Sénégal afin de le faire connaître, le principal objectif à court terme étant le recrutement de personnes de qualité pour réussir cette implantation. Ensuite, un apport positif sur tous les plans pour les jeunes dirigeants et pour le pays qui a, à mon avis, besoin aujourd’hui de mieux entendre la voix des jeunes, mais des jeunes responsables et conscients de la contribution qu’ils peuvent apporter pour faire du Sénégal un pays émergent. Le mouvement doit aussi participer à la vie du pays en se prononçant sur toutes les questions d’ordre économique, politique et social tout en restant une structure indépendante et apolitique. Et enfin, je souhaite qu’il favorise le partage et l’apprentissage du métier de JD dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Le CJD Sénégal compte aujourd’hui 9 membres et travaille à se structurer. En effet, après la formation suivie au Campus (en France) par certains membres dont moi-même, nous travaillons à mettre en place le bureau national, les responsables de plénières et de commissions ainsi que les procédures adéquates au fonctionnement du CJD Sénégal et surtout à définir le thème national qui sera porté par le CJD Sénégal sur les années 2011 à 2013.

Pour ce qui est de la structuration de l’association, nous nous concentrons notamment en ce moment sur les procédures de recrutement et de formation essentielles à la vie du mouvement.

Quel est votre programme pour ces deux années à venir ?

Mes objectifs principaux sont :

- bien structurer le bureau national afin de pouvoir procéder à la création d’ici la fin de mon mandat d’une ou deux sections à Dakar et/ou dans une autre ville du Sénégal ;

- porter haut et fort la voix des jeunes au sein de la vie nationale et auprès des instances institutionnelles. En effet, le Sénégal est un pays dont la population est composée d’au moins 60 % de jeunes et malheureusement, ces derniers n’ont pas souvent droit au chapitre dans les discussions, car ils sont considérés comme manquant d’expérience ;

- promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes pour contribuer au développement du pays et permettre aux JD s’étant déjà lancés dans l’aventure de progresser et d’apprendre leur métier en se formant. Le CJD Sénégal sera donc là pour les accompagner.

Le second point me tient particulièrement à cœur et je pense fortement à en faire le thème national de mon mandate 2011-2013.

Plus généralement quelle est la situation des entreprises au Sénégal ? Quels sont les problèmes économiques et sociaux qui se posent à elles ? Comment le CJD Sénégal peut les aider à se développer ?

L’économie sénégalaise est essentiellement tournée vers l’agriculture, le tourisme et les services. Il existe peu d’entreprises industrielles. C’est une économie très informelle également, celle qui emploie la majeure partie de la population active.

Les entreprises sénégalaises sont confrontées de manière générale à plusieurs problèmes :

- la crise énergétique intense sévissant au Sénégal en ce moment empêchant les entreprises de produire de la valeur ajoutée par manque d’électricité ;

- un manque de compétitivité lié à une mauvaise maîtrise des coûts de production du fait de la dépendance du pays au coût important des matières premières importées ;

- un accès difficile aux ressources financières en raison de la frilosité des banques à prêter aux entreprises ;

- des taxes trop importantes ;

- une faible protection des investisseurs et des tiers du fait du faible respect des contrats et de la lenteur des procédures administratives et judiciaires pour règlement de différends ;

- des problèmes de gestion interne et de compétences.

Le CJD Sénégal se veut une force de propositions pour la contribution à la résolution de ces problèmes. Il souhaite apporter une autre vision de l’entreprise sénégalaise qui arriverait à s’élever aux meilleurs standards de la performance globale. Nous avons des projets de contributions à la résolution de la crise du secteur énergétique. Nous souhaitons également interpeller les institutions pour la mise en place d’un climat plus propice aux affaires sur le plan économique et juridique afin de permettre aux PME de mieux accéder aux financements, notamment bancaires, de simplifier les procédures administratives liées à la vie de l’entreprise. Le CJD Sénégal souhaite participer à tout axe d’amélioration de la performance globale de l’entreprise sénégalaise.

Qu’attendez-vous du CJD français ?

J’attends du CJD français, au nom du CJD Sénégal, un appui technique, des formations et un partage d’expérience par rapport à certaines problématiques que nous pourrions avoir en commun.

Nous envisageons bien sûr de pouvoir construire des projets communs favorisant les échanges entre les JD des deux pays, tout ceci pour concourir à la réalisation des ambitions du Mouvement.

Propos recueillis par Stéphanie Le Dévéhat
Le 20-06-2011
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