Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Linux, Firefox & Cie : la culture du libre

Plus de la moitié des serveurs Internet de la planète tournent sous Linux, le système d’exploitation libre. Et l’Europe vient de détrôner l’Explorer de Microsoft au profit du navigateur libre Firefox… Ou quand la logique coopérative l’emporte sur l’instinct de propriété et l’obsession du profit…

YIN : Un site, une histoire : GNU/Linux

Tout commence en 1983 lorsque, pressentant la fameuse « fracture numérique » à venir, le programmateur Richard Stallman lance le projet GNU (prononcer gnou) dans l’idée de créer un système d’exploitation « libre » venant concurrencer l’omnipotent Unix. Parallèlement, au nom de quelques principes citoyens tels que « l’équité des chances », « le partage des connaissances» ou encore « la dynamique participative », Stalmann lance le mouvement des « logiciels libres»… Rapidement, une véritable communauté internationale se fédère autour de cette idée dont la renommée conquiert définitivement la planète grâce aux performances de Linux, système d’exploitation initié par Linus Torvalds, codéveloppé par des milliers d’internautes et consacrant la supériorité d’un développement « collaboratif et décentralisé » via internet.

Du seul univers informatique, le concept du libre va tour à tour être appliqué à divers domaines : techniques, informatifs, culturels et artistiques ; la réussite la plus marquante étant celle de Wikipédia, l'encyclopédie libre et collaborative qui explosa mondialement en 2001 et dont il sera question prochainement pour son exemplarité…

Free = « libre », mais aussi : « gratuit », non ?...

En dépit de la confusion générée par le terme anglais recouvrant les deux significations, un produit libre n’est pas nécessairement un produit gratuit. Inversement, tout produit non commercial, voire gratuit, n’est pas forcément libre. Alors, que signifie « libre » au juste ?...

Un peu comme dans le bouddhisme, on trouve, à la base de l’édifice et de ses dépendances, quatre nobles vérités définissant « la culture du libre » sur internet. Il s’agit de « la liberté d’utiliser le produit sans restriction », « d’étudier le produit à loisir », « de le modifier pour l’adapter à ses besoins » et enfin « de le redistribuer sous certaines conditions précises ».

Il s’agit donc, dans l’univers du libre, de livrer au monde non seulement le produit que l’on a créé (un logiciel, par exemple), mais également sa recette. Principe même de cette « open source » où chacun corrige les bugs existants, apporte des améliorations et permet au produit de se perfectionner beaucoup plus rapidement qu’un produit « propriétaire ».

Partant de là et revisitant les notions de « droit d’auteur » comme de « licence », le libre n’est absolument pas antimercantile, mais débouche sur un nouveau modus operandi commercial, celui de la « coopétition », cet enfant naturel de la compétition et de la coopération qui aurait gardé le meilleur de chacun de ses parents. Et ça marche !... En dépit des crises de croissance propres à tout nouveau modèle conceptuel appliqué au réel, le « libre » ne cesse de voir sa « part de marché » progresser et les fruits qu’il porte, être partagé par tous.

Intéressant : A ce jour, le seul domaine où cette collaboration opportuniste entre acteurs économiques par ailleurs compétiteurs existait, était… l’espace !

YANG : Internet & Utopie (le pourquoi du comment)

Les utopies ici manifestées sont celles d’un monde où le profit n’est plus la valeur dominante et où sens de la propriété et compétition ont cédé la place au partage et à la coopération.

Et internet dans tout ça ?

Utopie vient d’« u-topos », qui signifie « non-lieu » en grec. Internet se trouvant à la fois nulle part et partout est donc L’utopie par excellence.

Ce sont d’ailleurs ici les caractères utopiques et ubiquitaires d’internet qui autorisent la concrétisation de ce nouveau modus vivendi. N’étant localisé nulle part, internet est devenu, de facto, un espace communautaire permettant, entre autres, au collectif d’entrer en contact et d’agir avec chacun et à chacun d’être en contact et d’agir avec le collectif.

NB : Si internet est, par nature, le lieu de propagation idéal de la culture du libre, il repose lui-même en majorité sur les logiciels libres. Ce qui fait dire à certains qu’« internet et logiciels libres sont deux faces d’un même objet »…

Prochaine utopie visitée : « Les derniers seront les premiers » ou l’étonnant Principe de la Longue Traîne.

Les chroniques d’Utopia par Jérôme Bourgine
Le 11-07-2011
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