Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Comme un poisson dans l’eau

Difficile de réaliser une interview de Franck Ruauld, dirigeant de la société EFV. L’homme cultive la réserve, voire le secret. « Pour vivre heureux, vivons caché », n’hésite-t-il pas à affirmer. Pas de site internet ; refus absolu de donner le nombre précis de salariés dans son entreprise ou le montant de son chiffre d’affaires… A de brefs instants, Franck se montre un peu plus loquace, distillant les informations qu’il souhaite livrer au compte-gouttes : « Si j’en suis là, c’est parce que les autres ne m’ont pas vu arriver. Pour se développer sur un marché en régression constante, la règle est simple : prendre des parts de marché aux autres ». Portrait d’un dirigeant pour qui « performance » rime avec « bon sens » et pour qui « succès » rime avec « discret ».

Après des études en école de commerce, Franck gravit un à un les échelons professionnels qui amènent le commercial débutant à devenir, quelques années plus tard, directeur régional des ventes. Une trajectoire qui lui permet de traverser différentes PME et de découvrir diverses activités. Licencié en 1996 avec un joli chèque en poche, Franck décide de devenir son propre patron. On dit souvent qu’un bon commercial peut tout vendre. C’est certainement le cas de Franck. Mais ce qu’il veut alors, c’est conjuguer sa fibre entrepreneuriale avec sa passion de toujours : l’aquariophilie.

C’est ainsi que Franck crée ALS (Aquarium Location Service), qui assure l’installation et l’entretien d’aquariums. « Une activité difficile à développer car trop liée à la proximité avec le client ». En 2000, il étudie le dossier d’une reprise d’entreprise : celui d’EFV (Élevage Français du Vivipare) qui intervient dans l’élevage de poissons tropicaux. En partant d’une société qui à l’origine fait 100 % d’élevage avec 6 espèces de poissons, Franck développe une activité de commerce de gros avec une offre plus complète et plus en adéquation avec les besoins de ses clients, qui ne souhaitent pas travailler avec plusieurs fournisseurs.

De la production au service

Aujourd’hui, 11 ans plus tard, l’élevage ne représente que 6 % du CA d’EFV ; cette activité constitue « un métier dans le métier ».C’est la raison pour laquelle Franck a cédé l’entreprise à l’un de ses collaborateurs pour se recentrer pleinement sur les activités de logistique, de service, de flux tendu… « Mes clients ne veulent plus du poisson, mais du service autour du poisson. »

Le secret de cette réussite ? Franck n’a curieusement pas de mal à le révéler. « J’ai une équipe d’enfer. Une équipe de passionnés ! J’ai vraiment les meilleurs ». La raison d’exister d’EFV ? « La qualité de service pour sauver l’aquariophilie en France. » Avec cette raison d’être comme moteur, l’entreprise s’habitue depuis 2000 à une croissance annuelle à deux chiffres. Sur un marché qui baisse de 2 à 3 % depuis cette même date, la performance mérite d’être saluée. « Quand j’ai repris l’entreprise, la période était aux SSII, aux startups… J’ai tout naturellement pensé l’entreprise et son ambiance comme s’il s’agissait d’une startup ».

Performance globale

Aujourd’hui, le temps n’est plus aux startups mais aux entreprises qui s’inscrivent dans une logique de performance globale, combinant intelligemment les performances environnementale, sociale et économique. Franck a su s’inscrire dans ce nouveau temps avec la construction d’un bâtiment de 2000 m2 selon la norme BBC (Bâtiment basse consommation). « Les économies d’énergie générées financent le bâtiment » ; l’exigence écologique féconde la rentabilité financière. Chauffer 2000 m2 à 26°, éclairer les bassins, cela coûtait à l’entreprise 28 400 euros par an. Aujourd’hui, avec ce nouveau bâtiment, la facture énergétique a fondu de près de 80 %. Quand les experts prédisent un triplement du prix de l’énergie d’ici à 10 ans, l’investissement dans une telle construction est loin d’être une gageure.

Grâce au CJD

« Tout ce que j’ai réalisé, c’est grâce au CJD ».Là réside un autre ingrédient de la réussite de Franck. C’est au CJD que Franck s’est forgé comme entrepreneur. Avec la performance globale, qui lui a permis d’allier harmonieusement les soucis économiques et environnementaux.

Avec la commission STAR, au moyen duquel Franck a élaboré sa stratégie d’entreprise et décidé de recentré ses activités. Avec « Copernic », le parcours de professionnalisation au métier de dirigeant-entrepreneur, à partir duquel il s’est détaché du projet de l’entreprise pour penser son projet d’entreprendre à lui. Une révolution qui s’achèvera le 1er avril 2012 avec la vente d’ALS. Mais comme dans toute révolution, un cycle s’achève au même moment où un autre démarre.

Lionel Meneghin
Le 12-09-2011
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