Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Rentrée des classes : pour qui ?

Pour nos enfants, certes, mais ne faudrait-il pas renvoyer à de meilleurs études les responsables de notre éducation nationale et pas mal de dirigeants politiques et économiques ?

Charles du Granrut vient de faire la synthèse de deux ouvrages publiés par l’OCDE et McKinsey. La France ne figure pas parmi les pays étudiés, ce qui en dit long sur la baisse du prestige de notre enseignement. Plutôt que de nous vexer, il vaudrait mieux faire comme les États-Unis, où Obama a décidé d’accomplir un effort sérieux et a demandé à l’OCDE de tirer pour son pays des leçons des réussites des meilleurs élèves internationaux. La première leçon que je retiendrai tient en ceci, que résume Charles du Granrut : « Il n’existe pas de corrélation entre l’argent dépensé, que ce soit en termes d’argent par élève ou en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), et les résultats aux tests PISA. Les performances sont différentes pour des pays qui ont des niveaux socioéconomiques comparables, comme en témoignent les différences entre le Canada et les États-Unis. »

Je ne puis m’empêcher d’insister sur ce point car il démontre encore que ce qui compte pour l’efficacité de nos actions est le « comment » nous utilisons nos ressources et non le « combien » nous dépensons. Aussi, Hervé Sérieyx et moi crions-nous depuis des mois « casse-cous », dans notre livre Aux actes, citoyens !, à nos dirigeants qui prennent des mesures essentiellement quantitatives face à un crise mondiale qui appelle des réformes essentiellement organisationnelles et managériales. De telles réformes dégageraient un nécessaire potentiel de croissance alors que la gestion de la pénurie va nous enfoncer dans la dépression sans éviter des crises en cascade.

Ce n’est pas sans lien avec notre enseignement français qui formate des dirigeants cartésiens, binaires, forts en math sans doute, mais négligeant l’essentiel car non préparés à comprendre les situations complexes.

Pour revenir aux deux études internationales, on constate que « vivre dans un milieu socioéconomique défavorisé n’entraîne pas nécessairement de mauvais résultats scolaires », car les systèmes performants sont justement « ceux où les élèves tendent à obtenir de bons résultats quel que soit leur milieu socio-économique ou celui de l’établissement qu’ils fréquentent ». Dans ces systèmes, il y a non seulement plus de « bons élèves » (pour la compréhension de l’écrit), mais aussi moins d’élèves peu performants. Les systèmes efficaces ne laissent pas les élèves faibles de côté, ils prévoient des parcours pédagogiques personnalisés prenant en compte les problèmes le plus en amont possible… comme toute entreprise saine devrait le faire, et cela n’empêche pas des objectifs pédagogiques ambitieux et clairement définis. Les carrières de professeurs sont attractives, par le prestige et la rémunération, ce qui va de pair avec une grande exigence. L’article résume en un tableau les six domaines clefs de toute réforme et les mesures correspondantes. Alors, « aux actes ! »

Réforme des systèmes scolaires : plus rien à apprendre ? Charles du Granut. Futuribles, n° 377, septembre 2011, pp. 45-50.

Strong Performers and Successful Reformers in Education : Lessons from PISA [Programme for International Student Assessment] for the United States.Paris : OCDE.

How the World’s Most Improved School Systems Keep Getting Better. New York : McKinsey & Company, 2010.

Aux actes, citoyens! De l’indignation à l’action, Hervé Sérieyx et André-Yves Portnoff, Maxima, 2011.


Rubrique réalisée en partenariat avec la revue Futuribles.

André-Yves Portnoff
Le 12-09-2011
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