Juin 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’Espagne face à la crise de l’euro

Le gouvernement de José Luis Zapatero a lancé un vaste programme de réformes pour sortir le pays de la crise autour de trois dates clef (avril 2010, mai 2010, août 2011). Pour se rendre compte de l’ampleur des lois qui sont en vigueur et qui vont rentrer en vigueur, en voici une liste à peu près exhaustive :

- Baisse du salaire des fonctionnaires en proportion de la rémunération. Par exemple, les membres de l’exécutif ont vu leur salaire baissé de 15 %.

- Gel du montant des retraites.

- Âge légal de départ à la retraite à 67 ans.

- Suppression du chèque bébé (aide de 2500 euros pour naissance ou adoption).

- Augmentation des impôts : T.V.A. de 16 % à 18 %, et création d’impôts spéciaux sur le tabac et l’essence.

- Suppression de la déduction fiscale pour achat de résidence principale.

- Aide de 450 euros par mois pour les chômeurs de longue durée soumis à une clause de suivi d’une formation.

- Privatisation de l’organisme de Loterie de l’Etat à 30 %, de l’AENA (association espagnole de navigation aérienne) à 49 %, de la gestion des deux grands aéroports de Madrid et de Barcelone.

- Inscription dans la constitution d’une limite de déficit (doit être approuvé en 2012).

La facture de la crise est semble-t-il payée en grande partie par le secteur public et le consommateur. Que dire des entreprises et du secteur privé ? Si on dresse encore une fois un bilan, on trouve surtout des mesures d’aides et de réductions de charges notamment pour les PME et pour les travailleurs autonomes:

- Réduction du coût du licenciement, grand volet de la réforme du droit du travail, entraîne la diminution des indemnités versées par l’employeur en cas de licenciement pour raisons économiques (entre 26 % et 50 %).

- Augmentation des fonds de l’ICO (Instituto de Crédito Oficial) qui peut concéder des lignes de crédit à des PME en assumant la prise de risque sur l’investissement (ce qui se traduit par des taux d’intérêts très bas). Chaque prêt à une limite de 200 000 €. On parle d’au moins 70 000 opérations concernées par cette mesure.

Conclure que les entreprises espagnoles sont les bénéficiaires de la crise serait cependant absurde ; ce serait ne pas prendre compte une réalité économique qui les a déjà fortement pénalisées et qui continue de les pénaliser. Depuis le début de la crise en 2008, 400 000 entreprises ont fermé. Ce premier constat est éloquent.

La première cause de licenciement et de cessation de paiement des PME selon Antoni Cañete,vice président de l’Union patronale PIMEC,est l’endettement du secteur public (les mairies ont une dette globale reconnue de 3 000 millions d’euros). Les délais de paiement du secteur public sont loin de se réduire, obligeant les PME espagnoles à s’unir dès 2004 sous la forme de plateformes multisectorielles ; une étude révèle que les administrations du pays payait en moyenne ses fournisseurs à 157 jours en 2010, contre 154 en 2009 (bien loin des 50 jours fixés par la loi, et 30 jours prévus en 2013). Autre problème qui vient se cumuler au précédent et qui en est une conséquence directe : les entreprises espagnoles ont de plus en plus de mal à accéder au crédit auprès des établissements financiers. « Les banques ont cessé d’anticiper le recouvrement des créances clients – le fameux factoring », affirme par exemple le professeur de ESADE Ignacio Mur.

Au-delà de mesures incitatives prises par le gouvernement, il faut garder à l’esprit que le problème de la crise auquel sont confrontés les entreprises espagnoles est global, que le chemin de la récupération reste encore long, et les obstacles à franchir encore nombreux…

Sources :

http://www.elmundo.es/mundodinero/2010/12/03/economia/1291375098.html

http://www.elpais.com/articulo/cataluna/morosidad/Administraciones/ahoga/pymes/autonomos/elpepiespcat/20110515elpcat_12/Tes

Samuel Pinello, correspondant international du CJD
Le 10-10-2011
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz