Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


S'affranchir des banques et gagner l'autonomie financière

A l’heure où les banques, empêtrées dans la crise qu’elles ont provoquée, restreignent les crédits aux PME, il est intéressant de relire ce passage prémonitoire du livre publié par le CJD en 1996 : L’entreprise au XXIe siècle (Flammarion)

Aujourd'hui, quel que soit leur secteur d'activité, les petites et les moyennes entreprises françaises vivent une période difficile où leur exis­tence peut être chaque jour remise en question. Longtemps, au CJD, nous avons même pensé que la disparition des PME-PMI pouvait être program­mée pour les dix ou quinze annéesàvenir. La mondialisation de l'économie, la montée en puis­sance des grands groupes auront alors fait leur œuvre. Faute de moyens pour affronter cette concurrence accrue - une politique de recherche et développement efficace et une structure juridique fiable -, elles se seront progressivement effacées. Les faits ne nous donnent pas tout à fait raison.

En réalité, nous pensons aujourd'hui que les PME-PMI risquent non pas de mourir, mais sim­plement de perdre leur indépendance. Car le modèle lui-même - une structure à taille humaine, un management de proximité - présente des avan­tages y compris pour les grands groupes.Àterme, ceux-ci deviendront sans doute des conglomérats de PME-PMI. Quant aux petites entreprises qui ne seront pas entrées dans le giron de ces superstruc­tures, elles se trouveront confrontéesàun pro­blème difficilement soluble : comment conserver leur indépendance et leur compétitivité sans être directement tributaires des banques ?

À l'heure actuelle, tous les patrons de PME-PMI indépendantes font le même constat : leurs fonds propres, notoirement insuffisants, sont davantage consacrés au financement des délais de paiement, autrement dit au crédit interentreprises, qu'à celui du matériel, de l'outil de travail. Le système bancaire peut ainsi devenir progressivement le propriétaire de fait d'une grande majorité des PME/­PMI, dont l'indépendance se limitera aux appa­rences, c'est-à-dire à sa structure capitalistique. En éludant ce sujet, les détenteurs du capital se rendent-ils compte qu'ils condamnent leur entre­prise ? Les banquiers n'ont ni la motivation ni la compétence pour entreprendre. Leur finalité se limite à la réalisation de marges importantes par­fois destinées à financer des investissements bien plus hasardeux.

Faut-il se résoudre à cette disparition des PME-PMI indépendantes ? Sans doute pas. Il existe des mesures simples non seulement pour garantir leur survie, mais aussi pour leur permettre d'atteindre la taille critique qui fait la force de leurs homo­logues allemandes. Cela passe par un développe­ment de leurs fonds propres excluant le recours au système bancaire et par une mutualisation des risques générés par leur développement. Une forme de mise en réseau des moyens. Il leur faudra donc accepter de perdre en indépendance ce qu'elles gagneront en autonomie.

La mutualisation financière suppose une redéfinition des règles du jeu en vigueur. Il faut donner un cadre légal à la mise en commun de fonds de plusieurs entreprises. Des entreprises qui auront choisi librement de s'associer. Les affinités pour­ront s'inscrire dans le cadre des branches, mais aussi sur des bases géographiques. Les fonds pour­raient être destinés au financement des investis­sements, ou simplement au lissage des fluctuations de trésorerie. Le chantier que nous souhaitons ouvrir devra permettre l'émergence d'idées nouvelles.


Livre du CJD, L’entreprise au XXIe siècle (1996)
Le 24-10-2011
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