Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Bâches Laily : La grande Famille

Alors qu’il ressemble davantage à astérix, Jérôme laily aime cependant à se comparer à obélix. l’entreprise est en effet pour lui une grande marmite dans laquelle il est tombé tout petit. enfant, notre irréductible franc-comtois traînait ses fonds de culotte dans l’atelier. Pendant les mois de vacances scolaires, il donnait un coup de main en production. Quand, plus tard, il suit un BTS "Gestion des PME-PMI", l’alternance avec l’école se fait tout naturellement au sein de l’entreprise familiale. « Vivre l’entreprise » n’est pas, pour Jérôme, un simple slogan publicitaire.
c’est un postulat de base de son existence.

Une existence qui ne se conçoit qu’en famille.
Jérôme codirige maintenant, depuis 2006, les Bâches Laily avec son frère Stéphane, de deux ans son cadet. Sa soeur Marie-Laure travaille également en production, ainsi que deux cousines.
Sur quinze salariés au total, c’est peu dire que la famille tient une place importante dans l’entreprise. « Quant aux autres salariés, ce sont nos gars. L’entrepriseest une grande famille. Quand on y entre, on n’en sort pas. Nous avons peu de turn-over. Ceux qui partent vont vers d’autres métiers. Ceux qui sont là depuis dix ans, on sait qu’ils ne repartiront pas. Il faut rester vigilant par rapport à la crise que nous traversons.
Nous la traversons avec eux. C’est là que le dialogue dans l’entreprise à toute son importance. » L’ÉPREUVE Si, pour Jérôme, l’immersion en entreprise s’est faite en douceur, presque de manière innée, son accession aux plus hautes responsabilités s’est faite brutalement, dans la douleur. En 2002, la mère de Jérôme, Stéphane et Marie-Laure, qui s’occupe de la gestion et de la comptabilité de l’entreprise, meurt subitement. Le père de Jérôme, qui dirige l’entreprise, est avant tout un technicien et ne maîtrise pas les aspects administratifs et financiers de l’entreprise. Jérôme, alors en alternance dans l’entreprise, doit reprendre le poste, dans les conditions psychologiques que l’on peut imaginer.
« Ma mère est décédée deux jours avant la date limite de déclaration de TVA. Rien n’a donc été fait. Quand l’agent du fisc m’a contacté et que je lui ai expliqué la situation, il a estimé que cela était véritablement inadmissible. J’avais un mur en face de moi. » Quelle idée en effet de mourir juste avant la déclaration de TVA? L’agent de l’URSSAF, qui, trois jours après l’inhumation, annonce qu’il arrive le lendemain pour effectuer un contrôle, ne se hissera pas sur le même sommet de bêtise et d’indifférence où l’attend son collègue de l’administration fiscale.
Il compatit et ne s’acharne pas. D’autant plus que Jérôme est à ce moment bien incapable d’effectuer quelque démarche administrative que ce soit.

Sortir le nez du guidon
C’est donc dans ces conditions qu’à vingt-trois ans, il aborde son début de vie professionnelle. Lui qui imaginait prolonger ses études pour se former au commerce international se retrouve contraint de rester dans l’entreprise et d’épauler son père dans la gestion des affaires courantes. Il s’adjoint les services d’une cousine pour sortir un peu la tête de l’eau. La rencontre avec le CJD était alors inéluctable.
En manque de bases entrepreneuriales, il intègre, en 2004, la section du CJD Belfort- Montbéliard-Héricourt.
C’est là qu’il acquiert les compétences qui vont modeler l’entreprise pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui : une entreprise innovante.
Avec un parc de machines très modernes, ce qui est assez rare dans la profession pour une entreprise de cette taille, Jérôme mise sur le développement des compétences des collaborateurs et sur l’émergence de nouveaux savoir-faire. « La Conception Assistée par Ordinateur (CAO) a permis de proposer de nouvelles solutions textiles à nos clients. Car nous proposons rarement des solutions toutes faites. Le client fait part de son problème et nous réunissons les salariés pour imaginer une solution. »

Initier le développement durable
L’innovation passe aussi par le recyclage de la production. Une démarche initiée dès 1995 par Ferrari, un fournisseur de toiles pour les Bâches Laily ; une initiative qui aboutit finalement, en 2001, à un procédé environnemental validé. En plus de leur métier, les Bâches Laily sont « centre régional de collecte » dans l’Est de la France.
Des balles en PVC sont stockées, puis enlevées par Ferrari pour être refondues. On en retire de la fibre polyester que l’on retrouve dans les pulls polaires.
Parallèlement à cela, les bâches usagées sont récupérées, coupées, stylisées par un designer pour en faire des sacs à main et, plus largement, des articles de bagagerie très « tendance ».

Ici et partout
Portes de de garage, portes souples, volets roulants et battants, stores d'extérieur, d’intérieur ou d’ombrage, travaux de sellerie de tout ordre sur mesure, cloisons textiles et habillage, capotages de machines, cuves d’incendies et de bassin d’eau, emballage de machines, couvertures de lanterneau, tonnelles, couvertures de piscines… et bien d’autres applications encore, pour les professionnels comme pour les particuliers : c’est peu dire que les bâches Laily ont entamé un processus de diversification.
Une diversification nécessaire pour asseoir la pérennité de l’entreprise.
À l’affût des marchés de niches et à ment mon père a-t-il toujours réussi à bien rémunérer ses salariés, alors que notre bassin de population est irrésistiblement attiré par la Suisse voisine et ses salaires élevés ? Comment a-t-il pu réussir ce tour de force sans jamais baisser ses prix sur un marché pourtant très concurrentiel? » Visiblement, Jérôme a encore bien des choses à apprendre… l’abri d’une chute de l’activité sur un marché, les frères Laily perpétuent et développent l’oeuvre de leur père. Un père à qui Jérôme voue une grande admiration et à propos duquel il s’interroge.
« Comment l’idée est-elle venue à mon père de se lancer dans la bâche ? Comment a-t-il toujours pu se passer de commercial et rayonner sur toute la Franche-Comté ? Com
Lionel Meneghin
Le 30-11-2009
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