Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le paradis des marchés de niche…

Parce qu’internet touche (et désormais : cible !) chaque client potentiel, il est devenu un espace économique où des business qui n’avaient aucune chance de survie dans le monde physique se font success-stories du monde virtuel.

YIN : Un site, une histoire : www.mesvignes.com

Combien de projets d’entreprise n’ont jamais dépassé le stade de l’étude de marché ? Ce moment critique où l’on se rend compte que, même excellente, l’idée de business que l’on a eu se heurtait à la réalité du terrain : une clientèle potentielle insuffisante sur la zone de chalandise visée pour permettre à l’entreprise de couvrir ses frais et se payer. En ce qu’il représente une vitrine se jouant des distances et capable de fédérer une demande globalement importante, mais complètement éparpillée géographiquement, le web a révolutionné l’approche économique des marchés de niche.

Le principe de base est toujours le même : grâce à ses millions de pattes, la pieuvre internet est en mesure de donner accès à chaque client potentiel. Une mise en relation encore facilitée depuis quelques mois par le recours à la communication via des portails aussi populaires que Facebook ou Google où les messages publicitaires proposés à l’internaute sont désormais sélectionnés en fonction de ses centres d’intérêt et/ou sa géolocalisation. Qui pourrait imaginer par exemple que le site www.canevas.com fasse un malheur ? Un site/boutique consacré au point de croix !

Sur internet et nulle part ailleurs

Idem de www.mesvignes.com qui propose aux amateurs de vin désireux de s’investir davantage dans leur passion de « louer » quelques pieds de vigne à l’année, faire du vigneron un ami et devenir soi-même vigneron trois ou quatre week-ends par an (taille de la vigne, vendanges, fabrication…) pour élever savigne à soi et créer son propre vin. Comment, hors internet, dénicher les quelques centaines de personnes à qui une telle offre non seulement convient, mais qu’elle enthousiasme et qui assurent depuis en partie (buzz) le succès de l’opération ? Impossible. Pourtant, cette entreprise, créée il y a quatre ans avec peu de moyens par deux passionnés, comptabilise aujourd’hui 500 visites/jour, soit 15 000/mois pour 150 clients au final : 1 sur 100. Elle fait vivre cinq personnes, collabore avec 14 vignerons ayant à cœur de transmettre leur savoir-faire et génère beaucoup de bonheur. Et, naturellement, son modèle est applicable à des tas d’autres activités ou passions !

Car les plus beaux exemples de créations d’entreprise sur internet sont souvent liés à ce facteur passion. www.ultrafondus.net n’échappe pas à la règle, qui s’adresse à tous les amateurs d’ultra-fond. L’ultra-fond ? Ce sont toutes les courses à pied plus longues que le marathon (cela existe, oui : 100 km et au-delà !). Fondé par un coureur passionné, le site a d’abord fédéré et créé une vraie communauté, s’est ensuite décliné en magazine papier (facile, une fois qu’on a le précieux fichier des lecteurs !), est rapidement devenu incontournable auprès des organisateurs et équipementiers (partenariats) et a finalement créé une boutique en ligne qui marche très bien.

Autre modèle exemplaire de l’utilisation d’internet et du principe économique dit « de la longue traîne » (cf chronique du même nom : http://www.jeune-dirigeant.fr/011-359-L-incroyable-principe-de-la-longue-traine.html) : les gauchers sont peu nombreux et disséminés partout ; ceux qui ont quelque chose à leur vendre (ciseaux et outils adaptés, etc.) le sont tout autant. Le site www.boutique.lesgauchers.com sert donc de (fructueux) point de rencontre à ces deux communautés.

YANG : Internet & Utopie

L’utopie ici manifestée est celle d’une société où les activités visant une part très minoritaire de la population ne seraient pas handicapées par ce facteur quantitatif.

C’est ici le principe même d’internet, ce lien absolu, aboutissant potentiellement à chaque individu qui entre en jeu, doublé du principe de la longue traîne (sur internet, la part des « petits » est toujours supérieure à celle des grands), encore renforcé par le fonctionnement affinitaire de l’outil (réseaux de toutes sortes, mots-clés, buzz, etc.)

Prochaine utopie visitée : « Halte au gaspillage ! »

"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri :www.puitsfleuri.com

Les chroniques d’Utopia par Jérôme Bourgine
Le 5-12-2011
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