Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Halte au gaspillage !

Plus que d’incantations durablement correctes psalmodiées à longueur d’année, c’est de solutions concrètes, certes vertueuses, mais surtout d’une simplicité absolue dont nous avons besoin pour changer nos comportements. Internet y pourvoit…

YIN : Un site, une histoire : X, Y, Z… faites votre choix.

Tapez sur Google « anti-gaspi » et vous verrez pleuvoir en retour des dizaines de sites voués à offrir une seconde vie à tous ces objets dont nous avions fini par penser qu’ils étaient définitivement consommables, destinés à être jetés dès que nous n’en avions plus l’usage : « donnons.org, jedonnetout, consoglobe, videzvosplacards, don-ordi, objetgratuit, recupe, co-recyclage, le dindon (sous-titre : « changeons nos comportements »), etc. A l’heure où le développement durable passe, enfin, des vœux pieux aux gestes quotidiens, force est de constater qu’internet joue un rôle central dans cette évolution. Avant, on aurait bien sûr aimé ne pas jeter, donner, faire profiter… De là à s’engager dans un parcours du combattant (parfois payant !), via petites annonces imprimées, longue attente, prise de rendez-vous..., au terme duquel notre ancien canapé trouvait, parfois, le nouveau salon qui lui convient, il fallait être sacrément motivé pour s’emm… avec tout ça plutôt que de simplement déposer ledit canapé sur le trottoir devant chez soi.

Aussi simple que de jeter…

Internet a radicalement changé la donne. En créant un véritable marché aux puces mondial ouvert 24h/24 sur lequel chacun rachète ou revend (Leboncoin et e-bay sont les 11e et 13e sites les plus fréquentés), mais aussi échange (kiditroc, entre autres) ou simplement donne (tous les sites cités en ouverture), internet a fait évoluer nos comportements. Et la toile y parvient d’autant plus efficacement depuis l’intégration automatique de la géolocalisation dans le processus (le coût du transport relativisant souvent à l’extrême l’éventail des véritables « bonnes occasions »).

Une économie (au sens large) qui s’étend au-delà des simples biens et vaut également pour les pratiques. Ainsi voit-on se multiplier les sites anti-gaspillage sur lesquels chacun partage ses trucs et astuces personnelles pour économiser l’eau, l’électricité, faire son compost...

Dans toutes les capitales occidentales, les très « tendances » boutiques d’objets détournés par les designers se multiplient et font leur nid grâce à la vitrine géante offerte par internet tandis que du consommer mieux, on bascule doucement vers le consommer moins. La prestigieuse Parson’s School of Design de New York fait la Une grâce aux travaux de ses élèves : des vêtements réalisés sans « chutes » de tissu, et un certain Dave Bruno (www.guynameddave.com) a, lui, explosé les compteurs d’audience numérique et généré un véritable mouvement en racontant comment il vivait très bien avec 100 objets seulement.

Internet, ce vieux boy-scout

Un mot, pour finir, du covoiturage. En a-t-on parlé du covoiturage ! Les a-t-on calculées les tonnes de pétrole et de CO² que cette pratique économiserait si seulement... Le covoiturage fait partie de toutes ces belles idées boy-scouts qui (comme les réseaux d’hébergement gratuit ou l’échange d’appartement), après n’avoir été le fait que de quelques idéalistes quasi militants, sont entrées dans les mœurs à la minute où, grâce à internet, cela devenait SIMPLE : je demande et, quasi instantanément, j’ai ma réponse, ma solution. On a longtemps cru que notre individualisme forcené nous empêchait de faire monter quelqu’un dans notre voiture. Mais non. Mon fils de 20 ans, qui étudie à Lyon, ne pratique que cela pour venir nous voir certains week-ends. Et tous ses condisciples font de même. C’est plus économique et plus convivial ; alors, pourquoi s’en priver ? Une question de génération ? Peut-être. La leur, dite numérique justement, est née avec le web ; créé en 1991, il fêtait lui aussi ses 20 ans cette année. Joyeux anniversaire !

YANG : Internet & Utopie (le pourquoi du comment),

L’utopie ici manifestée est celle d’une société plus économe et respectueuse des ressources naturelles, restituant aux choses et aux relations humaines une valeur autre que purement marchande.

C’est une fois encore ici le principe même d’internet, lien absolu reliant potentiellement tous les individus et mettant donc en contact une demande particulière avec l’offre correspondante qui entre en jeu.


Prochaine utopie visitée : L’argent des autres

"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com

Les chroniques d’Utopia par Jérôme Bourgine
Le 2-01-2012
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