Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’homme au cœur de l’entreprise

Nicolas Souque
La SOLATRAG est une entreprise un peu différente des autres dans son mode de gouvernance. Fondée en 1923, l’entreprise familiale, n’ayant pas pu être repris de façon « classique », a fait l’objet en 1987 d’un RES (Rachat de l’Entreprise par les Salariés). Basée à Agde dans l’Hérault, l’entreprise revendique fièrement le rôle qu’elle accorde à l’homme en son sein, ainsi que sa dimension territoriale. Rencontre avec Nicolas Souque, directeur adjoint de cette entreprise de bâtiment, en charge de l’activité Serrurerie.

A 29 ans, Nicolas Souque occupe une fonction dont les responsabilités n’incombent traditionnellement pas à un salarié de cet âge. Dirigeant en totale autonomie une branche qui compte un peu moins de 100 salariés pour 8 millions d’euros de CA, sa progression est fulgurante. « Cela arrive parfois dans les entreprises familiales, quand un père cède à ses enfants ». SOLATRAG, à bien des égards, est restée une entreprise familiale. En 2003, Nicolas rejoint l’entreprise dans le cadre de ses études en alternance.

L’apprenti ingénieur fait ses preuves pendant trois ans. « J’ai eu la chance d’arriver au bon moment ». Conducteur de travaux, son relationnel avec les clients lui permet de remporter de gros chantiers. Il tape un grand coup en décrochant un contrat de 4 millions d’euros. Une réussite qui lui permettra d’être repéré par le PDG d’alors, Jean-Marie Estève, et d’accéder à cette fonction de directeur adjoint. Aujourd’hui, dans les faits, Nicolas manage les salariés et organise le travail des conducteurs de travaux, du bureau d’étude et des deviseurs qui s’occupent des appels d’offres.

Un complément de formation

C’est quand il prend sa fonction que, incité par le PDG, Nicolas rejoint l’Association pour le Progrès du Management (APM). C’est là qu’il rencontre d’anciens membres du CJD qui lui conseillent de rejoindre ce mouvement qui, compte tenu de son jeune âge, répondra plus adéquatement à ses attentes actuelles en termes de formation notamment. En 2009 donc, Nicolas rejoint la section de Béziers et très rapidement, il met en application ce qu’il apprend au CJD.

Notamment en ce qui concerne la gestion du temps. Du basique qui simplifie bien la vie et accroît l’efficacité. Il apprend ainsi à ne plus répondre au téléphone portable au bureau. « Je me suis alors rendu compte que 90 % des appels que l’on reçoit ne sont pas urgents ». Il apprend aussi à aménager un planning précis pour recevoir les collaborateurs. « Ma porte est très souvent ouverte. Tout le monde est le bienvenu. Mais quand elle est fermée, tout le monde sait que personne ne doit me déranger ».

Une entreprise bien particulière

La politique de la porte ouverte est importante, à la SOLATRAG plus qu’ailleurs. Car Nicolas l’avoue : le relationnel prend une place très importante dans une entreprise où 25 salariés sur les 239 au total possèdent le capital de l’entreprise. « On passe beaucoup de temps à négocier. C’est particulièrement chronophage. » Le revers de la médaille, car les avantages de cette structure capitalistique et de l’organisation qu’elle rend possible sont nombreux.

« Une entreprise dont le capital est entre les mains exclusives de ses salariés, c’est assez rare, mais ce qui l’est plus, c’est le fait que ce soit le cas depuis si longtemps ». A la SOLATRAG, les actionnaires ne touchent pas de dividendes. L’ensemble des bénéfices est redistribué aux salariés sous forme de prime ou réinjecté dans l’entreprise sous forme d’investissements. Le souci pour le personnel n’est pas nouveau dans l’entreprise.Historiquement, la SOLATRAG a été l’une des toutes premières entreprises françaises à inaugurer un intéressement complémentaire pour les salariés, et ce depuis plus de quarante ans.

Efficacité

Autre avantage, les actionnaires sont partout présents dans l’entreprise ; ils peuvent être indistinctement managers ou ouvriers. Ces derniers sont d’ailleurs au nombre de six. « Cela nous assure des relais efficaces et impliqués dans toutes les strates de l’entreprise ». Mais ne devient pas actionnaire qui veut. « Il faut avoir au moins cinq ans d’ancienneté dans l’entreprise. C’est le PDG qui propose. C’est ainsi que malgré sa taille importante, l’entreprise a su garder son caractère familial ».

Si le PDG de l’entreprise a un rôle important, le titulaire de la fonction siège pendant 8 à 10 ans à ce poste. Nicolas sera vraisemblablement l’un des prochains, tout comme le directeur adjoint de l’autre activité de la SOLATRAG, la branche VRD (Voiries et Réseaux Divers). Pas de compétition : chacun aura son heure…

Lionel Meneghin
Le 19-03-2012
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