Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Soutenir le microcrédit

Catherine Barbaroux
En février dernier s’est déroulée la 8e semaine du Microcrédit de l’Adie. Une occasion, de mieux connaître cet outil qui a fait ses preuves en matière de création d’entreprises et d’emplois, mais qui ne semble guère intéresser les responsables politiques.

On sauve 93 emplois chez Lejaby à grand renfort de presse. Bravo ! Mais sur le front de l’emploi, qui sait que le financement par microcrédit en crée 12 000 par an en moyenne ? Un succès discret qui ne reçoit pas l’estime méritée. Par méconnaissance de cet outil, faute de lui donner plus d’ampleur, la société française se prive là d’un outil qui a fait la preuve de son efficacité et qui pourrait faire beaucoup plus, si les moyens lui étaient donnés.

A l’occasion d’une conférence de presse donnée au restaurant Le Bar à Fruits, petit établissement financé par un microcrédit de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), Catherine Barbaroux, la présidente, s’étonne que « ce gisement ne soit pas mieux exploité et plus connu. Le microcrédit est une réponse probante au problème de l’emploi ».

Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Toutes les études montrent en effet que cet instrument de retour à l’emploi, qui possède en outre l’avantage de ne pas coûter cher, enregistre un rendement très supérieur au coût moyen des contrats aidés et autres dispositifs de retour à l’emploi. Autre atout, la création d’activités qu’il favorise s’inscrit dans la durée. 68 % des entreprises créées sont pérennes après deux ans et 59 % après trois ans. Elle est donc supérieure en pérennité aux contrats aidés et autres emplois précaires. Qui plus est, les résultats sont tangibles, géolocalisables, concrets. Et particulièrement vérifiables, ce qui n’est pas le cas des aides d’État.

100 000 prêts

Dans un environnement économique difficile pour les entreprises en général et pour les plus modestes d’entre elles en particulier, le microcrédit aura bien résisté en 2011. Et même progressé. Pionnière du microcrédit en France, l’Adie a accompagné plus de 14 000 personnes, soit un développement de l’activité en progression de 10 %. Le seuil symbolique du 100 millième microcrédit accordé a été franchi. En 2011, 12 261 microcrédits ont été distribués et 10 039 entreprises ont été financées. Fin décembre, 105 916 prêts auront été distribués depuis la création de l’association. Le taux d’insertion des personnes financées est de 79 %. La dynamique de croissance du microcrédit est solide et sa maîtrise du risque est confirmée. Le taux d’impayé est en baisse à 9,21 %. Il était de 9,41 % en 2010. Le nombre en hausse d’actions d’accompagnement est là pour montrer que tout est fait pour maîtriser les risques. Le développement de la micro assurance et des prêts d’honneur (notamment pour les jeunes) attestent la vitalité de ce financement.

Les moins de 25 ans sont deux fois plus représentés parmi les créateurs d’entreprise financés par l’Adie. Les femmes sont également mieux représentées que dans les entreprises traditionnelles. Deux nouveaux créateurs sur cinq sont des femmes. Un quart des microentrepreneurs de l’Adie n’a aucun diplôme. Les métiers du commerce (42 %) et des services ( 33 % dont 8 % dans la restauration) sont les plus plébiscités. Vient ensuite le BTP avec 9 %.

Manque de visibilité

Trop discrète, l’ADIE a le succès modeste, trop modeste même ! « Nous souffrons d’un manque de visibilité », reconnaît Catherine Barbaroux qui a décidé, à l’occasion des élections présidentielles, d’alimenter le débat sur la lutte contre le chômage et la précarité. « Nous devons donner plus d’écho à cet outil dédié aux porteurs de projets en situation de précarité, car exception faite des collectivités territoriales, le microcrédit reste méconnu de la classe politique au plan national ».

Et la présidente de l’ADIE de noter que « quand l’information passe, l’adhésion est forte. Les politiques prennent vite conscience que les petites activités sont un véritable instrument de lutte contre le chômage ».

Article publié en collaboration avec Place Publique

Yan de Kerorguen
Le 29-05-2012
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