Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Xavier Bertrand : « Lâcher les baskets des entrepreneurs »

Xavier Bertrand
C’est devant plus de 700 Jeunes Dirigeants que le ministre du Travail, de la santé et de l’emploi est venu rendre compte, le 30 mars dernier, du bilan de Nicolas Sarkozy et expliquer pourquoi voter pour le président sortant le 21 avril prochain.

Xavier Bertrand le précise d’emblée. « Ce n’est pas le ministre qui est devant vous ce matin, mais le représentant du candidat Nicolas Sarkozy ».Pas facile de faire la différence, car le ministre en représentation s’est livré un exercice de légitimation des différentes mesures qui ont concouru selon lui, ces cinq dernières années, à améliorer la compétitivité des entreprises françaises et à faciliter la vie des chefs d’entreprise : statut de l’auto-entrepreneur, baisse de la taxe professionnelle « qui pèse sur l’outil de production », médiation du crédit, crédit impôt recherche, baisse des charges concernant l’emploi des jeunes dans les TPE…

Pour Xavier Bertrand, l’action du gouvernement durant ce dernier quinquennat a été de « lâcher les baskets des entrepreneurs pour que ceux-ci courent plus vite dans la compétitivité mondiale ».

Nouvelles propositions

L’effort pour soutenir l’investissement sera maintenu et développé, notamment grâce à la création d’une banque de l’Industrie. La pérennisation de la médiation du crédit renforcera cet objectif prioritaire dans le programme du candidat UMP. Xavier Bertrand évoque les pistes à suivre pour un possible second quinquennat de Nicolas Sarkozy : permettre aux grands groupes de jouer le rôle de « porte-avions » pour les PME à l’international, baisser le nombre de normes pour simplifier la vie des entreprises, autoriser des accords compétitivité – emploi dans les entreprises qui permettent de déroger aux accords de branches, revoir l’organisation territoriale et les prérogatives des collectivités, simplifier les bulletins de paie (il rejoint ici l’une des propositions du projet Oïkos). Ou encore mettre fin au privilège du Trésor public, premier acteur, avant tout fournisseur, à être dédommagé en cas de défaillance d’entreprise.

Entre quelques salves contre le candidat socialiste, qui « souhaite recruter davantage de fonctionnaires », Xavier Bertrand a réaffirmé la priorité que devait être, pour le futur gouvernement, la réduction des déficits publics.

« On a trop fait confiance aux grands groupes »

Michel Meunier, le président national du CJD, interpelle le représentant de Nicolas Sarkozy sur les cadeaux du gouvernement aux grands groupes et le désintérêt manifeste des politiques vis-à-vis des TPE et des PME. Du moins quand ceux-ci sont aux responsabilités. Car si pendant les campagnes électorales, tous les candidats, excepté ceux situés à la gauche de la gauche, cherchent à séduire, amadouer, parfois glorifier les petits patrons, force est de constater qu’une fois les élections remportées, ce sont les grandes sociétés, et notamment celles figurant au CAC 40, qui bénéficient de l’attention et des mesures décidées par le gouvernement. L’exemple du crédit impôt recherche, dont tirent parti les grands groupes alors même qu’ils n’en ont pas réellement besoin, est à ce titre éclairant. Xavier Bertrand amorce alors un timide mea culpa. « On a trop fait confiance aux grands groupes ».Et Michel Meunier de renchérir. « Ce sont les TPE et PME qui créent l’emploi en France ». Si les politiques, de toutes sensibilités, semblent avoir pris conscience de ce phénomène, sauront-ils ou voudront-ils enfin y mettre un terme ?

Lionel Meneghin
Le 9-04-2012
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz