Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Laurent Fabius : « L’avenir de la nature va déterminer la nature de notre avenir »

Laurent Fabius
François Hollande en visite à la Réunion, c’est Laurent Fabius qui est venu apporter aux Jeunes Dirigeants présents le point de vue du candidat socialiste sur le projet Oïkos, en lien avec les orientations du programme socialiste pour ces présidentielles 2012.

« On ne peut plus aujourd’hui séparer ce qui se passe en France de ce qui se passe en Europe, ni de ce qui se passe dans le monde ». L’ancien premier ministre de François Mitterrand regrette que le projet Oïkos ne prenne pas assez en compte la dimension internationale. « Nous avons aujourd’hui 5 grands problèmes, qui doivent tous être envisagés à l’échelle mondiale : la hausse démographique, les limites d’une certaine forme de capitalisme, la dégradation de l’environnement, la question de la sécurité, ainsi que celle de la démocratie ».

Cette limite posée, Laurent Fabius évoque un certain nombre de propositions tirées d’Oïkos « avec lesquelles les socialistes n’ont pas de problèmes, et même qui les enthousiasment » : les biotaxes, la simplification des formalités administratives, et notamment celui du bulletin de paie, le nouveau droit de l’entreprise, ou encore la séparation des activités entre banques de dépôt et d’investissement et la fin du « stockoptionnisme »,mesures emblématiques du programme socialiste dans la lutte contre la financiarisation outrancière de l’économie. Concernant les autres propositions, le politique, attaché au principe de réalité, l’avoue sans ambages : « vous êtes parfois dans l’utopie de l’utopie : nous devons donc effectuer un tri ».

Décalage

« Il y a un décalage entre macroéconomie et microéconomie, entre l’optimisme des petits patrons qui font face et l’inquiétude des politiques quant au devenir de la France. Notre pays est dans une situation difficile dont elle ne sortira pas facilement ». Pour Laurent Fabius, nous avons refusé de voir la situation en face en nous réfugiant parfois derrière une certaine arrogance. « Il faut admettre que nous ne sommes pas plus intelligents que les Chinois. Ils sont plus nombreux que nous, en face de nous, à côté de nous, et parfois même contre nous ».

A celui qui fut un partisan du non au dernier référendum sur l’Europe, à celui qui fut isolé jusque dans son propre camp, les faits ont, semble-t-il, donné raison. Contre l’idée d’une Europe strictement bornée à la rigueur budgétaire et à la contention des déficits, il faut inventer une Europe qui intègre des outils de croissance. Concernant précisément les déficits publics et leur comblement par de la dette, Laurent Fabius nous alerte sur les 500 millions d’euros par jour qu’il faut trouver pour que la France se refinance. « Notre dette commence à avoisiner les 90 %, seuil à partir duquel nous serons entraînés dans un effet boule de neige ». La France sera alors en effet obligée d’emprunter pour payer les intérêts des emprunts contractés. Et le spectre d’une faillite de l’État à court ou moyen terme se profile. La solution pour se détourner de ce scénario n’est guère innovante. « Il faut trouver des ressources fiscales », propose l’ancien ministre.

Défis

Le succès du futur président résidera, pour Laurent Fabius, dans sa capacité à relever principalement trois défis : renforcer la capacité productive du pays, en demandant un effort basé sur un souci de justice, et redonner une perspective d’espoir aux citoyens. Mais n’est-ce pas la vision de cette perspective qui rendra possible le reste ? Pour l’heure, quels que soient leurs programmes, les partis politiques peinent à proposer cette nécessaire perspective.

Le CJD, à travers le projet Oïkos, à l’instar d’autres acteurs de la société civile, a le mérite de proposer ce que les partis politiques semblent désespérément impuissants à produire.

Lionel Meneghin
Le 11-04-2012
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