Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


On ne naît pas entrepreneur, on le devient

Benoît Reine
Benoît Reine dirige Normacadre et Normacadre International près d’Orléans, entreprises spécialisées en charpente, couverture, bardage, serrurerie et métallerie. Entre la planche à dessin et la fonction de PDG, que de chemin parcouru par Benoît Reine, son dirigeant. Un parcours qui n’allait pas de soi et qui illustre en quoi le CJD constitue une fantastique école du métier de dirigeant.

Avec un BTS en charpente métallique obtenu en 1982, Benoît vit sa première expérience professionnelle chez un fabricant de pylônes, à l’export. Une expérience au cours de laquelle il effectuera une mission en Irak, en pleine guerre contre l’Iran. Il s’agit de concevoir et d’installer des pylônes rabattables en cas d’attaques aériennes. Il y développe un goût prononcé pour l’international. L’entreprise est rachetée ; il est licencié.

Benoît continue sa route dans une société d’engineering où il s’occupe de l’avant-projet du Parc Astérix pour la partie charpente. L’entreprise rencontre des difficultés ; il est de nouveau licencié. Fin 1989, Benoît est recruté chez Normacadre comme chargé d’affaires export. L’ascension lente mais continue au sein de l’entreprise peut alors commencer.

Quand on veut, on peut

Cette ascension, de 1989 à 1997, l’amène progressivement à prendre en main toute la partie export. En février 1997, le patron de Normacadre décide de vendre. Il a deux offres, l’une d’un groupe anglais, l’autre de Bouygues. Il a l’embarras du choix, mais préfère vendre à des collaborateurs. « Je lui ai dit que je n’avais pas un sou et que donc, l’affaire était réglée ». Celui-ci rétorque à Benoît qu’il ne lui demande pas s’il peut acheter, mais s’il le veut, reléguant en annexe la question du financement, qu’il s’occupera lui-même de boucler. Difficile de refuser dans ces conditions…

Dix mois plus tard, l’affaire est ficelée. Trois salariés, dont Benoît, rachètent l’entreprise sous la forme d’un LBO, « leveraged buy-out », c’est-à-dire « acquisition avec effet de levier », qui consiste à racheter une entreprise en ayant recours à l'endettement bancaire. Désormais, Benoît peut se consacrer pleinement au développement de Normacadre international.

Montée en puissance

En 2004 et 2005, l’usine d’Orléans se porte bien. Celle de Chaumont, en Haute-Marne, beaucoup moins, avec des pertes de plusieurs centaines de milliers d’euros par an. Benoît prend alors les choses en main et devient directeur commercial pour les deux structures. Au bout de quelques mois, face aux pertes de l’usine de Chaumont qu’il peine à endiguer faute d’avoir les pleins pouvoirs, proposition est faite en conseil d’administration de vendre cette usine. Mais difficile de vendre une entreprise qui va mal.

C’est alors que Benoît formule une offre pour racheter des parts de Normacadre, devenir actionnaire majoritaire et avoir ainsi les mains libres pour agir. « J’ai fait une OPA sur notre propre société. Je voulais acquérir mon indépendance pour sauver les meubles et éviter le dépôt de bilan ». Pari gagné : il convainc l’ancien dirigeant de vendre une bonne partie de ses parts. Un peu inquiète, la banque, elle aussi au capital, préfère vendre maintenant plutôt que de tout perdre ensuite et suit le mouvement. Nouveau LBO, nouvelle holding. « Mon ambition était claire : faire entrer au capital les jeunes cadres dirigeants tout en possédant 51 % du capital de l’entreprise ».

Posture d’apprentissage

De la planche à dessin du bureau d’études à la direction pleine et entière de Normacadre, la trajectoire n’était pas tracée à l’avance. Le technicien s’est progressivement transformé en manager, le charpentier en entrepreneur. C’est que le métier de chef d’entreprise est bien distinct de celui de l’entreprise. C’est ce que Benoît commence réellement à comprendre en 2005 quand il rejoint le CJD d’Orléans, alors que l’entreprise est au bord du gouffre.

Ses problématiques sont alors basiques. Comment fonctionne la TVA ? Comment lit-on un bilan ? Un technicien ne se transforme pas en un jour en gestionnaire. Inlassablement, intensivement, en commission de travail ou en formation, Benoît étoffe ses compétences, muscle son jeu, et développe progressivement sa maîtrise sur son environnement socio-économique. Avec Copernic, le programme de professionnalisation au métier de dirigeant-entrepreneur conçu par le CJD, Benoît gagne en épaisseur entrepreneuriale. Il apprend à se dégager du court-termisme que l’on subit et à se projeter au travers d’une vision à moyen/long terme que l’on initie.

Croissance externe

L’histoire de Normacadre n’a jamais été marquée par la croissance externe. La croissance organique lui a toujours suffi. La croissance externe, à bien des égards, effraie. Avec Benoît aux commandes, les choses risquent de bientôt changer, avec le projet d’acquisition d’une société en région lyonnaise. C’est la possibilité de s’implanter dans une grande région Sud-Est où Normacadre voit son activité croître. L’opportunité aussi de concrétiser cette vision à moyen/long terme. « Il ne faut pas faire que de la charpente, sinon, l’entreprise n’a pas d’avenir. Il faut diversifier pour pérenniser ». L’aventure n’est pas finie.


Normacadre (métropole) : 11 M€ de CA

Normacadre international (international et DOM-TOM) : 5 M€ de CA

58 salariés au total

http://www.normacadre.fr

Lionel Meneghin
Le 21-05-2012
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