Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Économie sociale, une échelle des salaires plus resserrée

Si les disparités salariales sont moins fortes dans l’économie sociale et solidaire (ESS) que dans l’économie dominante, la moyenne des rémunérations y est également plus faible.

L’économie sociale regroupe 2,3 millions de salariés en 2009, soit 10 % des emplois en France. Les associations représentent 1,8 million d’emplois, les coopératives bancaires, agroalimentaires et de commerce, 300 000 salariés et les mutuelles d’assurance 120 000. Quant aux fondations, elles emploient 70 000 salariés. Dans une récente note [1], l’Insee montre que ces chiffres cachent des rapports de rémunération à double tranchant.

12,8 euros bruts de l’heure

En 2009, 10 % des salariés de l’économie sociale gagnent moins de 8,8 euros bruts de l’heure et 10 % gagnent plus de 24,2 euros. L’échelle des salaires s’avère donc plus resserrée que dans le privé (entendu ici hors économie sociale), rappelle l’Insee, qui indique un rapport entre les deux seuils de 2,7 dans l’ESS contre 3,1 dans le privé.
Si le constat vaut pour toutes les familles de l’économie sociale, les associations, qui regroupent plus des trois quarts des salariés du secteur, révèlent un salaire médian sensiblement plus faible : 12,8 euros bruts de l’heure, contre 14,8 euros à 16,8 euros dans les fondations, mutuelles et coopératives et 13,8 dans le privé.
Compte tenu du poids des associations dans l’emploi global du secteur, les salariés de l’économie sociale gagnent en 2009 en moyenne 16 % de moins que dans le privé et 7 % de moins que dans le public (en équivalent temps plein).

69 % de femmes

Avec une moyenne annuelle de 26 300 euros, les rémunérations associatives sont inférieures à celles du privé. Ce qui n’est pas le cas dans les entreprises mutuelles et coopératives. Bref, le tissu associatif tire les salaires de l’ESS vers le bas. Parmi les facteurs d’explication de ce moins-disant salarial : l’implantation sectorielle, l’âge des salariés et la féminisation des emplois. Les associations emploient en effet 69 % de femmes, qui sont aussi, dans le monde associatif comme ailleurs, plus mal payées que les hommes.

Autre facteur en cause : la pratique du temps partiel. En 2009, dans les associations, précise l’Insee, on travaille en moyenne 1 280 heures, contre 1 400 dans les fondations et autour de 1 500 dans les mutuelles et les coopératives. Dans le privé, la moyenne du temps travaillé est de 1 450 heures. Le secteur de l’aide à domicile figure parmi les moins bien lotis, avec moyenne de 1 100 heures par an.

Un livre pour en savoir plus

Collaboratrice régulière de Jeune Dirigeant et jeune-dirigeant.fr, Muriel Jaouën publie aux éditions Lignes de repères un panorama complet de l’économie sociale et de son évolution : Économie sociale, la nouvelle donne.

A travers son analyse, ses interviews d’experts et d’acteur, Muriel Jaouën montre que l’économie sociale sait se remettre en questions, se renouveler et s’inventer un avenir.

L’économie sociale représente en France deux millions de salariés. Elle rassemble 200 000 établissements sur un socle commun de principes : solidarité, démocratie, responsabilité. Elle démontre au quotidien qu’il est possible de conjuguer avec efficacité économique, valeurs sociales et dynamisme.

Économie sociale : la nouvelle donne permet de porter un nouveau regard sur ce secteur.

Article publié en collaboration avec Place Publique



[1] “L’échelle des salaires est plus resserrée dans le secteur de l’économie sociale”, Insee Première, Laurent Bisault, direction régionale de Midi-Pyrénées, Insee.

Muriel Jaouën
Le 18-06-2012
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