Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Dimitri Fournier : « Vive l’industrie ! »

Dimiti Fournier
Dimitri Fournier, dirigeant de STSI, entreprise de service industriel implantée près de Besançon, est un homme d’engagement et un ardent défenseur de l’industrie. Rencontre avec un inlassable combattant passionné et militant.

Dimitri Fournier rejoint STSI en 2001 après une formation et un parcours professionnel à la fois technique et commercial. STSI, PME fondée par son père Michel en 1996 (lui-même JD pendant 5 ans), œuvre en sous-traitance dans les secteurs automobile, médical, nucléaire et aéronautique. Mais le domaine industriel est méconnu et souffre d’une image négative. Dimitri va donc s’attacher à présenter sa société comme une entreprise de service industriel qui propose à ses clients une offre globale. Il a ainsi beaucoup développé son bureau d’études et de nombreuses commandes arrivent par ce biais-là.

STSI se porte bien et, même si la crise a été sévère, le carnet de commandes est plein. Sauf que Dimitri peine à recruter. Il lance un véritable coup de gueule en faveur de l’enseignement technique et contre tous les bien-pensants qui ne passent pas des dires aux actes et continuent d’attribuer à l’industrie l’image d’un secteur sale, ghetto des jeunes en échec scolaire.

Dimitri exprime sa colère : « De nombreux discours prônent l’alternance, l’enseignement technique. Mais l’hypocrisie règne et nombreux sont les notables qui soutiennent ces idées, mais se gardent bien d’inciter leurs propres enfants à s’orienter vers ces filières. Depuis que je suis petit, j’entends les gens dire à leurs petits : “Si tu travailles mal à l’école, tu iras travailler dans l’usine des Fournier !” Non, l’industrie, ce n’est pas sale ; au contraire, c’est très valorisant ! » Et de citer l’exemple d’un bon régleur dont le salaire peut aller de 2 000 à 3 000 euros mensuels.

Cette pénurie de main-d’œuvre est accentuée par la proximité de la frontière suisse où les salaires sont plus élevés. En homme de conviction, Dimitri multiplie donc les rencontres avec les lycéens et les étudiants et il aimerait intégrer le conseil d’administration de l’IUT « pour faire bouger les choses ». « Il faut redorer le blason des filières délaissées sinon le manque de main d’œuvre nous fera perdre des marchés importants et développera le chômage », avertit Dimitri.

Un homme de parole

Pour remédier à ce faible vivier de compétences et à la concurrence des salaires helvétiques, Dimitri instaure un lien très fort avec ses collaborateurs, la société comptant aujourd’hui 20 salariés. « J’investis beaucoup de temps et d’argent dans la formation. Tous les jours, j’essaie de passer du temps avec chacun, car le management doit s’accomplir au quotidien. Lorsque j’explique à un opérateur que le composant qu’il fabrique va faciliter la vie d’un petit garçon au Japon, non seulement il comprend mieux ce pour quoi il est là, mais également il sera fier d’en faire part à ses proches ! » Ce fort investissement personnel peut parfois générer chez Dimitri de grandes frustrations lorsqu’il y a échec, mais il tempère vite en précisant : « Si c’était à refaire demain, je ferais exactement pareil. »

Autre cheval de bataille de notre entrepreneur militant : les femmes dans l’industrie. « J’y crois ! », affirme-t-il sans ambages. 25 % de femmes dans une entreprise de mécanique, ce n’est d’ailleurs pas monnaie courante. La responsable commerciale notamment est une femme qui est au contact quotidien avec les prospects. Dimitri a également embauché une responsable qualité et il précise : « Toutes les deux ont une formation qui n’a rien à voir avec l’industrie, cursus littéraire pour la première et sociologie pour la seconde, mais elles font un super travail et cela se passe très bien. » Une ingénieure biomédicale devrait d’ailleurs bientôt rejoindre l’équipe.

Toujours dans cette volonté de faire pour le mieux, le nouveau bâtiment inauguré en 2008 présente des conditions de travail optimales avec la climatisation, une cuisine et ... un terrain de pétanque !

Ses moteurs

Lorsqu’on l’interroge sur ce qu’il aime, Dimitri répond spontanément : « Ma famille, mon entreprise et cette sensation d’avoir surmonté un obstacle ». Car STSI a subi la crise de plein fouet avec une baisse de 40 % du chiffre d’affaires. « Mais ce sont ma famille et le CJD qui m’ont fait tenir. Les échanges, le GAD (Groupes d’autodiagnostic), les réunions formelles et informelles… Oui, le CJD, c’est encore plus fort en période de crise qu’en temps normal ! » Dimitri est d’ailleurs très fier que son entreprise ait été visitée dans le cadre de la tournée « Les Gens d’R » du CJD. « Je fais régulièrement référence au CJD. Avant la visite, j’avais réuni tout le personnel pour leur expliquer les valeurs du mouvement et tout ce qu’il m’a apporté. Pour moi, c’était un honneur de recevoir un président national et, pour eux, c’était une très belle reconnaissance de leur travail. On en a bavé ensemble, mais on s’en est sorti ! ».

Winston Churchill disait : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. » Dimitri appartient à cette seconde catégorie qui regroupe ceux qui vont de l’avant, qui aiment emmener les autres avec eux et qui donnent du sens aux projets et aux actions. Chapeau bas, Monsieur Fournier !



Nathalie Garroux
Le 4-06-2012
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