Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Sylvagreg : une diversification réussie

Victor Outters
Victor Outters et son frère Augustin dirigent depuis cinq ans le groupe Sylvagreg, qui regroupe 6 entreprises dans le secteur du bâtiment en région Nord-Pas-de-Calais. Reprise jadis par leur grand-père, ce dernier demande à son beau-fils, alors conducteur de travaux de diriger l’entreprise. Il fera de cette entreprise de 30 compagnons un groupe de presque 400 salariés.

Le groupe s’est historiquement développé autour du marché du logement individuel groupé, plus communément appelé lotissement. L’entreprise s’occupe du gros œuvre, proposant des réalisations dans des matériaux traditionnels (cette fameuse maçonnerie de brique rouge typique du Nord), « Pour moi,se rappelle Victor Outters, reprendre l’entreprise n’allait pas soi. J’étais conscient de ce que cela impliquait, en termes de risques et d’enjeux. Reprendre, c’est aussi reprendre une histoire ». Mais quand cette possibilité se présente à eux concrètement, Victor et son frère, après mûre réflexion, décident de relever le défi.

Augustin prend alors la responsabilité du commercial et des chantiers. Victor, qui a été auparavant auditeur interne chez Intermarché et Lu France, supervise l’administratif et le financier. « Nous avons souhaité que chaque filiale se dote d’un vrai directeur ». Un comité de direction se réunit régulièrement pour discuter et valider les décisions transversales, c’est-à-dire celles qui peuvent avoir un impact sur les différentes filiales. A ce titre, Victor avoue avoir changé sa manière d’animer les réunions : d’une tendance à être directif, il a progressivement développé un style plus participatif.

Le CJD dans le sang

Un changement accompli notamment grâce au CJD. Fils d’un ancien président de section du CJD, petit-fils d’un membre du CJP (Centre des Jeunes Patrons), le CJD apparaît chez les Outters comme une donnée naturelle, presque générique. Victor a appris beaucoup au CJD, et ce n’est vraisemblablement pas terminé, puisqu’il vient de s’engager dans Copernic, le programme de professionnalisation au métier de dirigeant-entrepreneur.

Si le CJD a permis à Victor de développer des compétences et d’expérimenter des choses nouvelles, il lui a permis aussi d’entamer et d’approfondir sa réflexion stratégique sur l’entreprise. « En commission, j’ai redéfini le projet de l’entreprise. Nous souhaitons que l’entreprise, historiquement reconnue dans le gros œuvre et surtout dans le logement s’impose comme un acteur reconnu du Nord-Pas-de-Calais en TCE (Tous corps d’état), un acteur capable d’accompagner ses clients dans la conception de leurs futurs bâtiments. »

Rester maître de son destin

L’enjeu de cette mutation est colossal. Il s’agit ni plus ni moins de rester maître de son destin. « Les clients, de plus en plus, veulent un interlocuteur unique. Cela implique que l’entreprise doit être en mesure de gérer sur un chantier d’autres métiers que le sien. Cela signifie qu’elle doit pouvoir réaliser un bâtiment tout corps d’état. Si je ne le fais pas dans les quatre ans qui viennent, d’autres le feront. L’entreprise ne sera alors plus l’interlocuteur du commanditaire, mais un simple sous-traitant de l’interlocuteur du commanditaire ».

Autre révolution à entreprendre : la diversification. Ne jamais mettre tous ces œufs dans le même panier… pour le dire de façon plus prosaïque. Historiquement positionnée sur le logement individuel et le gros œuvre, l’entreprise est aujourd’hui capable de proposer une offre globale sur le métier de la construction.

Les impacts du changement

« La diversification du groupe est actée. Nous réalisons de plus en plus d’immeubles et de bureaux, ainsi que des bâtiments en ossatures bois ».Mais qu’est-ce que tout cela suppose au niveau de la relation client ? « Avant, je répondais aux appels d’offres. Maintenant, j’accompagne mon client dans l’élaboration de son projet ». Sur les équipes, les conséquences sont tout aussi fortes. « On renforce beaucoup les équipes. Celles-ci doivent s’adapter à de nouveaux marchés, apprendre à anticiper et à gérer une palette de métiers ».

Nul doute que le CJD participera à la réussite de cette transformation profonde. « Le CJD me rappelle sans cesse que la valeur de l’entreprise passe par ses équipes, qu’il faut savoir s’entourer de collaborateurs pour avancer. »


GROUPE SYLVAGREG

385 salariés

60 M de CA

http://www.groupesylvagreg.fr/

Lionel Meneghin
Le 25-06-2012
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