Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Charte de l’entreprise citoyenne

A l’occasion des 20 ans de la publication de la « Charte de l’entreprise citoyenne », signée au Congrès national de Nantes en 1992, nous reproduisons ici ce texte qui garde toute sa force et sa pertinence et montre la capacité d’anticipation du CJD.

Les Jeunes Dirigeants ont conscience qu'animée par la seule logique économique, l'entreprise risque de tarir ses propres sources de richesses. Le souci de pragmatisme et de performance à court terme occulte les voies durables de l'innovation et du développement. Aujourd'hui, la performance de l'entreprise n'a de sens que si elle se développe selon 3 dimensions complémentaires :

• la performance économique : elle honore la confiance des actionnaires et des clients et se mesure par des indicateurs que sont le bilan et le compte de résultat ;

• la performance sociale : elle repose sur la capacité de l'entreprise à rendre les hommes acteurs et auteurs ;

• la performance sociétale : elle s'appuie sur la contribution de l'entreprise au développement de son environnement.

Les Jeunes Dirigeants reconnaissent ainsi que l'entreprise n'est pas seulement créatrice de profit, mais aussi de culture, de valeurs, de savoirs, autant de richesses qui agissent sur la société et la transforment. Ils réaffirment la conviction fondatrice du CJD - l'entreprise est au service de l'homme - en précisant :

• que l'entreprise n'est pas une fin en soi, ni le profit une fin pour l'entreprise ;

• que l'entreprise ne peut gagner durablement qu'en faisant gagner les

autres ;

• que l'entreprise de demain se prépare aussi hors de l'entreprise.

Ils s'engagent à construire des entreprises citoyennes.

Est citoyenne toute entreprise qui agit dans un esprit de codéveloppement avec son environnement et se reconnaît coresponsable de son devenir. Est citoyenne toute entreprise qui se reconnaît solidaire du destin de la communauté dans laquelle elle vit. L'entreprise citoyenne n'entend pas se substituer aux autres acteurs de la société, mais travailler avec eux dans un esprit de partenariat.

Après avoir concilié l'économique et le social, les Jeunes Dirigeants veulent, avec la prise en compte d'une troisième dimension sociétale, contribuer à la naissance d'une société qui passera d'une logique quantitative à une logique qualitative.

NEUF PRINCIPES POUR CONSTRUIRE L’ENTREPRISE CITOYENNE

L'Entreprise et l'homme : équilibre

1. La première responsabilité de l'entreprise citoyenne est de rendre les hommes autonomes et responsables. Elle permet ainsi à toutes les dimensions de l'homme de se révéler, elle accepte, voire génère, de nécessaires contre-pouvoirs et reçoit en retour engagement et créativité de la part de tous.

2. Chaque collaborateur a une vie en dehors de l'entreprise : l'équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle garantit son épanouissement.

3. Une recherche sur soi-même permet au dirigeant de trouver son équilibre et de mieux jouer son rôle auprès de ses collaborateurs.

L'Entreprise et l'écologie : alliance

4. Le respect de l'environnement doit devenir une composante de la culture et de la stratégie de l'entreprise et les intérêts particuliers ne peuvent continuer de primer sur la nécessaire sauvegarde de la planète. En développant l'innovation, en s'impliquant dans l'élaboration des normes et des réglementations, l'entreprise se crée de nouveaux marchés et de nouveaux avantages compétitifs. Elle réconcilie ainsi économie et écologie.

L'Entreprise et les sous-traitants : partenariat

5. Traiter ses fournisseurs comme ses clients, c'est établir entre donneurs d'ordre et sous-traitants un véritable partenariat fondé sur un objectif commun de prospérité locale. Cet esprit de co-traitance est fondé non sur le rapport de force, mais sur la recherche permanente de l'équité, par le dialogue et la transparence. Ces nouvelles relations devront rejeter tout procédé corrupteur.

L'Entreprise et les exclus : employabilité

6. Pour lutter contre l'exclusion, il faut la prévenir par l'employabilité et adapter l'entreprise à l'homme. Ce défi est aussi celui de la survie. L'intégration des personnes en difficulté transforme le management en le rendant plus apte à valoriser les hommes et améliore les capacités d'adaptation de l'entreprise.

L'Entreprise et la cité : codéveloppement

7. L'entreprise ne peut pas croître dans le désert : servir la cité, c'est aussi servir l'entreprise. En agissant avec les institutions et l'ensemble des acteurs sociaux sur la compétitivité et la valorisation de son environnement, l'entreprise renforce les conditions d'un développement durable.

Entreprise, éducation, formation : créativité

8. En s'affirmant comme lieu d'apprentissage permanent et en favorisant les échanges avec le système éducatif dont elle est un complément indispensable, l'entreprise répond à son propre besoin de main-d’œuvre qualifiée et multiplie les facultés de réactivité et de créativité nécessaires à son évolution.

L'Entreprise et l'Europe : influence

9. Le réseau YES est constitué pour élargir les principes de l'entreprise citoyenne et influencer le fonctionnement des institutions européennes pour éviter le développement d'une Europe à deux vitesses.

Ces principes constituent une base à partir de laquelle les Jeunes Dirigeants vont continuer leurs recherches et leurs expérimentations vers l'entreprise citoyenne.

Congrès National - 1992
Le 2-07-2012
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