Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


« Le but, c’est le chemin » (Goethe)

Héraclite (576 - 480 av. J.-C.) affirmait que « le combat est père et roi de tout. Les uns, il les produit comme des dieux, et les autres comme des hommes. Il rend les uns esclaves, les autres libres. » C’est cette liberté qu’ont pu expérimenter les intervenants de cette seconde table ronde du Congrès national du CJD à Montpellier. Il y a les combats qu’on choisit, et ceux qui nous sont imposés : mais tous invitent l’homme à se dépasser, à se transcender, ou plus simplement à faire de soi quelqu’un de meilleur.

Michael Roach estle premier occidental à obtenir le grade de Geshe (maître) au Monastère de Sera en Inde. Mais qu’est-ce qui a pu mener un étudiant d’une des plus prestigieuses universités américaines – Princeton pour ne pas la nommer – à rompre avec la promesse d’un brillant avenir pour venir s’isoler dans un temple bouddhiste au cœur de l’Inde ? Le décès en moins de deux ans de trois membres de sa famille proche. Une souffrance dont Michael Roach, dans sa nouvelle vie, tentera de s’affranchir.

Après plus de 20 ans de formation, et un peu malgré lui, Michael Roach est envoyé par son monastère dans le monde des affaires à New York pour tester la pertinence des principes bouddhistes dans le monde des affaires. Il fonde ainsi, en 1981, l’Andin International Diamond Corporation avec trois personnes et 50 000 dollars.En 2009, la société est vendue à Warren Buffet pour plus de 200 millions de dollars. De quoi se convaincre de l’efficacité des préceptes bouddhistes dans la réussite du business et que le fameux chemin du milieu croise celui des affaires.

Aujourd’hui, Geshe Michael Roach est directeur spirituel de l’Université de la Montagne de Diamant, qu’il a créée en 2004 dans l’Arizona. Tout en menant une vie de globe-trotter. « Je parcours le monde pour expliquer comment utiliser le karma pour sensibiliser les gens et les aider à créer leur propre entreprise. Donner de l’argent, c’est comme planter une graine, dont le produit sera profitable pour le plus grand nombre ».

Michael Roach


Vision long terme

Planter des graines, c’est aussi un peu la vocation de la Fondation Bosch, qui possède, avec la famille Bosch, la célèbre entreprise allemande Bosch, premier équipementier mondial au chiffre d’affaires annuel de 50 milliards d’euros. Bosch est ainsi la plus grande entreprise européenne à ne pas être pas cotée en Bourse. Créée en 1964, cette fondation s'inscrit dans la tradition des idées et des projets d'intérêt général de Robert Bosch (1861-1942), fondateur de l'entreprise du même nom et mécène. Les activités de la fondation portent prioritairement sur les domaines de l'entente entre les peuples, de l'éducation, de la formation et de la santé.

Markus Schmidt, Executive Vice President du groupe, met en exergue les trois valeurs importantes de l’entreprise : la vision à long terme, la confiance et la diversité culturelle (aux postes d’encadrement, avec différentes nationalités, ou encore entre générations).

Markus Schmidt


Diversité et volonté

La diversité, c’est bien ce qui rend compte du parcours fabuleux de Mohed Altrad, dirigeant de l’entreprise éponyme et acteur majeur sur le marché du matériel pour le bâtiment. Au point d’être aujourd’hui le nº 1 mondial des bétonnières, le nº 1 européen de l’échafaudage et le nº 1 français du matériel tubulaire pour collectivités. Une aventure réussie à la force du poignet par son fondateur. Né en Syrie dans une tribu nomade, très tôt orphelin, il avoue lui-même avoir eu « un parcours désertique », lui l’amoureux des lettres qui apprit seul à lire.

Un baccalauréat obtenu haut la main, le bénéfice d’une bourse d’études, l’arrivée en France, l’apprentissage du français, la reprise d’une entreprise, le rachat de plusieurs autres, la montée en puissance d’un groupe, l’écriture de plusieurs romans, la présidence d’un club de l’élite, le Montpellier Hérault Rugby… tout semble réussir à ce serial entrepreneur qui pourtant n’était pas parti dans la vie sous les meilleurs auspices. A cœur vaillant rien d’impossible… « L'existence tout entière est un combat ; la vie, c'est de la victoire qui dure. » Une phrase de Roger Martin du Gard qui sied parfaitement au parcours de Mohed Altrad, ainsi qu’à celui d’Anne Bouferguène.

Mohed Altrad


Combat contre la maladie

L’existence comme un combat, voilà le quotidien d’Anne Bouferguène depuis ses 15 ans, âge où on lui annonce sa séropositivité. En 1988, le VIH est synonyme de condamnation à mort. Comme pour refouler la maladie, elle réussit des études brillantes et entame une carrière qui ne l’est pas moins, puisqu’elle occupera le poste de Directrice générale du voyagiste Jet Tour. « La réussite sociale est un bénéfice secondaire de l’angoisse », aime-t-elle à répéter avec lucidité.

Et puis marre de « gérer sa vie comme une vitrine ». La maladie gagne du terrain. Anne quitte la DG de Jet Tour pour se consacrer à autre chose, et notamment l’écriture. Ainsi prend forme Un mal qui ne se dit pas qui sera publié chez Robert Laffont. « J’avais envie de donner quelque chose aux autres, car les malades font généralement beaucoup de choses par rapport à eux-mêmes. Je veux aujourd’hui assumer ce que je suis et j’espère que cela sera vertueux ».

Anne Bouferguène


Lionel Meneghin
Le 10-07-2012
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