Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le Cercle Jean Mersch : au service de la vie

Des cuiseurs à bois à haut rendement énergétique
Le Cercle Jean Mersch, le nouveau fonds de dotation du CJD, a vu le jour en juillet 2011, avec pour ambition de soutenir des projets à destination de la jeunesse et/ou de l’environnement. Bilan d’une première année d’existence.

Les deux chantiers principaux ont consisté à développer une démarche de collecte de fonds puis à créer une procédure de candidature qui puisse être porteuse des valeurs du CJD.

Pour ce faire, le comité consultatif et le conseil d’administration ont voulu que la sélection des projets soit faite à partir de quatre critères cumulatifs : le respect de la thématique, le parcours et les valeurs du porteur de projet, la Performance Globale du projet (économique, sociale, sociétale et environnementale) et enfin son caractère innovant, atypique.

Le premier appel à projet a été lancé au début du mois de mars et 24 porteurs de projet ont posé leur candidature en à peine un mois ! 5 ont été présélectionnés pour rencontrer le comité consultatif. Le choix fut cornélien tant les projets remontés étaient de qualité, mais les équipes du fonds de dotation en ont finalement retenu trois : le Réseau Étincelle, Alex & Alex et Bolivia Inti-Sud Soleil.

Le Réseau Étincelle : dans la peu d’un entrepreneur

L'Association Réseau Étincelle,portée par Sylvain Breuzard, ancien président national du CJD, depuis sa création fin 2010, s’inspire d’un dispositif initié par le réseau NFTE (Network for Teaching Entrepreneurship) dans le Bronx, aux États-Unis, il y a près de 25 ans. Il a pour but de contribuer à l'insertion socioprofessionnelle des jeunes, âgés de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire sans diplôme ou avec de faibles qualifications.

L’objectif est de les stimuler pour qu’ils (re)deviennent acteurs de leur vie. Grâce à une formation de 60 heures et à une pédagogie par l’action, ils pourront, à partir de leur passion, formaliser un projet d’entreprise, comprendre les attitudes entrepreneuriales et reprendre confiance en eux. Leur défi : « se mettre dans la peau d’un entrepreneur afin qu’ils révèlent leurs motivations et leurs talents. »

Depuis son lancement, plus de 100 jeunes sont passés par le dispositif, l’objectif étant d’en toucher 500 d’ici 2014.

Les initiateurs de ce projet, Sylvain Breuzard et Olivier Vigneron racontent : « Nous avons proposé au CJD d’être un des membres fondateur du Réseau Étincelle. Et nous souhaitions vraiment obtenir le soutien du Cercle Jean Mersch afin d'appuyer notre déploiement en Île-de-France. Ce soutien pour nous représente une labellisation de notre initiative à destination des jeunes dirigeants qui désireraient s'investir humainement dans cette aventure à l'image de ceux du Nord-Pas-de-Calais et de l'Alsace ». (www.reseau-etincelle.org)

Alex et Alex : les fruits de l’éducation

Alex & Alex s’inscrit dans une démarche entrepreneuriale qui consiste à microfinancer des actions pour l’éducation au Sénégal grâce à la vente de fruits en entreprises en France.

Les enjeux sont colossaux dans ce pays d’Afrique où près d’un enfant sur deux en âge d’aller à l’école n’est pas scolarisé, et où seulement 16 % des filles font des études secondaires.

Alex & Alex aide des centaines d’enfants à accéder à une meilleure éducation. Les équipes d’Alex & Alex travaillent en collaboration avec les communautés locales et les organisations partenaires autour de 3 axes complémentaires : la scolarisation des petites filles, l’équipement de classes en matériel pédagogique et le soutien à la formation des enseignants.

Comment cela fonctionne ? Chaque semaine, une ou plusieurs corbeilles de fruits (« AlexBox ») sont mises à disposition des salariés des entreprises partenaires. Pour chaque fruit, 20 centimes d’euro sont consacrés à promouvoir l’accès à l’éducation auprès des jeunes, et particulièrement auprès des enfants qui habitent des villages reculés. Plus de 200 AlexBox ont déjà été livrées permettant à une centaine d’enfants de la région de Latmingué, au Sud du Sénégal d’accéder à une meilleure éducation.

Alexandre Ponthier, porteur du projet, explique : « cette dotation va me permettre de mettre en place une action très pragmatique pour continuer à avancer à petits pas : je vais recruter des stagiaires. J’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à consolider la base client et pour développer la communication et le support web ». (www.alexetalex.org)

Bolivia Inti-Sud Soleil : une bonne énergie

Créée en 1999, l’association Bolivia Inti-Sud Soleil est une association de solidarité dont les actions visent à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables dans les pays du Sud, en diffusant des équipements de cuisson solaire et écologique qui facilitent l’accès à l’énergie durable, préservent les ressources naturelles, notamment forestières, et qui réduisent les causes du réchauffement climatique.

L’association a basé la réussite de son projet sur la participation active des bénéficiaires. Ceux-ci, plus de 110 000 aujourd’hui, peuvent désormais mieux se nourrir, améliorer leurs conditions de vie grâce aux économies d’argent réalisées et éviter les maladies grâce à la possibilité de faire bouillir de l’eau et de cuire les aliments par une énergie gratuite : le soleil.

Le projet vise la création d’une filière économique locale de fabrication et de commercialisation de 3 000 cuiseurs à bois à haut rendement énergétique sur la période 2010-2012 en Guinée.

Tout en générant de l’activité économique locale (forgerons, vendeuses) à une population dont la moitié a moins de 15 ans, le projet réduit d’au moins 60 % la consommation de bois des familles équipées du nouveau cuiseur. Les effets positifs immédiats vérifiés sont l’allégement du budget énergétique et des corvées de bois, l’amélioration de la santé des ménagères et de leurs enfants, un meilleur taux de scolarisation et l’émancipation des femmes plus disponibles notamment pour se consacrer à des activités génératrices de revenus. (www.boliviainti-sudsoleil.org)

La bienveillance et l’humain

Les porteurs de projets connaissaient tous bien le CJD. Alexandre est lui-même membre du réseau, les CJD Nantes et Saint Nazaire sont très impliqués dans le projet Bolivia Inti-Sud Soleil et le CJD soutient le Réseau Étincelle depuis sa création, grâce à l’implication de jeunes dirigeants dans les associations locales. Forts de cette proximité avec le réseau et du partage de valeurs communes, l’équipe du fonds de dotation a demandé aux porteurs de projets de leur faire un retour sans complaisance sur la première année de vie du projet Cercle Jean Mersch.

Il apparaît d’une part que les valeurs du CJD sont prégnantes dans la démarche, tant sur le fond que sur la forme. Olivier Vigneron, du Réseau Étincelle explique que « le dossier de candidature est simple, efficace et pragmatique et qu’il est intéressant qu’il incarne une vision de performance globale ». Alexandre Ponthier confirme que le « dossier est souple, on n’essaye pas de nous faire rentrer dans des cases et cela nous permet de ne pas dénaturer notre projet. Initialement, je n’avais pas envisagé de me porter candidat, car je ne souhaite pas faire appel aux dons. Mais après avoir regardé le dossier, je l’ai trouvé vraiment riche de valeurs et porteur de l’esprit d’entreprise et je me suis lancé. »

Le fonds de dotation est encore en phase d’expérimentation. « Les timings pour rendre les dossiers ont été serrés, confirme Olivier Vigneron. Néanmoins les équipes du Cercle Jean Mersch s’imposent la même réactivité que celle demandée aux porteurs de projets. Les réponses sont claires et précises, on sent l’esprit d’entreprise ».

La bienveillance et l’humain sont les mots d’ordre de la démarche. Rozenn Paris, Directrice Adjointe de Bolivia Inti-Sud Soleil, raconte que « participer au jury du Cercle Jean Mersch a été une bonne expérience, car nous sommes rarement en situation de venir soutenir physiquement notre projet. C’est très positif tant sur le plan humain en permettant aux différentes parties prenantes de cette démarche de se rencontrer que sur le plan professionnel, car cela constitue un véritable entraînement. En effet, il n’est pas toujours facile de présenter un projet que nous connaissons sur le bout des doigts et de se mettre à la place de nos interlocuteurs ».


Cet article a été publié dans le numéro 98 du magazine Jeune Dirigeant, consacré au congrès national du CJD de Montpellier, sur le thème des Justes Combats.

Adeline Mongrué
Le 30-07-2012
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