Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


CJD international : entre espoirs, défis et énergie

Zakaria Fahim
Partage, économie de la contribution, mise en réseau, le combat des jeunes dirigeants nord-africains est tonique. Printemps arabe aidant, la jeunesse en est l’élément moteur.

A n’en pas douter, le message du partage et de la solidarité active est au cœur de l’ADN des jeunes dirigeants du CJD international. Particulièrement au Maghreb où « le premier combat est celui pour l’Afrique, souligne Zakaria Fahim, Président sortant du CJD international. La mobilisation pour l’Afrique de l’entreprise se fait sur la base des mêmes valeurs humanistes que celles qui animent le CJD en France ».

L’importance des réseaux

Malgré des contextes sociaux et des défis nationaux différents, le partage d'informations et d'expériences reste la pierre d’angle du combat des JD nord-africains. « Les réseaux d’entreprises sont un atout, souligne Wafa Makhlouf Sayadi, présidente du CJD tunisien. Ils permettent aux entrepreneurs de partager des initiatives sans forcément se connaître. Faire confiance à quelqu’un qu’on ne connaît pas est une valeur magnifique. »

Zakaria Fahim veut ainsi aller plus vite, plus loin… et ensemble. D’où le projet de créer un « réseau de réseaux » africains. « La visibilité de nos entreprises est à cette condition. Il faut susciter l’envie. Rendre crédible l’économie au service de l’homme impose des actions concrètes ». Wafa Makhlouf Sayadi est sur la même longueur d'onde : « Les réseaux ont une très grande importance dans la dynamique des pays qui s’ouvrent. L’économie de la collaboration est capitale pour le développement des entreprises. Partager les approches, engager des démarches communes, mener des expériences est nécessaire ». Au Maroc, grâce à ce projet de « réseau de réseau », une convention en avant-première mondiale a été signée avec Microsoft. « Elle nous a permis d’obtenir gratuitement 5 000 licences Microsoft Office. Cette puissance informatique nous offrira la possibilité de donner de la voix », précise Zakaria Fahim. Disponible en 2013, elle favorisera une offre de services aux jeunes dirigeants africains. « Il y a, en Afrique, un formidable gisement d’opportunités de développement dans les services, l’éducation, les télécoms, les infrastructures, l‘agroalimentaire », rappelle encore Zakaria Fahim.

L’énergie de la jeunesse

La jeunesse ! C’est l’une des forces de l’Afrique que le printemps arabe a mise en avant. « C’est une richesse inépuisable comparée aux hydrocarbures, témoigne Nassim Lounès, président du CJD Algérie. On a du pétrole, mais on a aussi des idées, grâce à notre jeunesse ». Et ce dernier de vérifier quotidiennement « l’envie des jeunes de s'en sortir. Quand ils le peuvent, ils n'hésitent pas à prendre leur destin entre leurs mains. Certains créent leur entreprise avant même l'obtention de leur diplôme. Cela montre leur force, leur énergie, et l'espoir qu'ils ont en leur pays. Des difficultés existent, c'est sûr, mais le potentiel du marché algérien est extraordinaire ».

Aux yeux de Wafa Makhlouf Sayadi, la jeunesse et sa démographie représentent également l’élément moteur. L’espoir de changement en Tunisie a permis aux langues de se délier et à des plateformes de dialogues de s’ouvrir : « Cet espoir a aussi occasionné un réel désir d’initiatives économiques, insiste-t-elle. Le potentiel des jeunes éduqués est la richesse de la Tunisie. Valoriser la matière grise est essentiel. Nous avons beaucoup de jeunes “geeks” férus d’informatique, très flexibles et très agiles sur les réseaux. La jeunesse tunisienne sait s’adapter aux situations difficiles. Les ressources humaines sont au niveau. Il faut juste donner aux jeunes les moyens d’étonner le monde par leur dynamisme et leur énergie ».

Les valeurs de l’entreprise

Certes l’horizon n’est pas dégagé, admettent les dirigeants nord-africains. Mais le potentiel est là, prêt à l’ouvrage. Question de temps ! Reste beaucoup à faire, notamment sur le plan de la promotion de l’entrepreneuriat. En Algérie « nous essayons d'inculquer les valeurs de l’entreprise responsable et environnementale auprès des jeunes, qui constitueront les chefs d'entreprises de demain », précise Nassim Lounès. Cela passe par des conférences dans les universités, dans les pépinières d'entreprises.

Pour les trois dirigeants interrogés, le vrai enjeu est de démocratiser et de simplifier l’acte d’entreprendre. « Au CJD tunisien, nous avons bâti un programme de développement de l’entrepreneuriat pour aider les jeunes à porter leurs projets, explique Wafa Makhlouf Sayadi. Un incubateur a été ouvert pour les porteurs d’initiatives. Personne ne doit se sentir seul dans sa démarche. Le partage est essentiel. »

Les dirigeants du CJD du Maghreb restent lucides sur l’ampleur du chantier à conduire. Dans un marché de l’emploi très dur, comptant entre 40 et 60 % de chômeurs, il est en effet difficile de grandir dans des pays encore appauvris. La vie de l’entreprise reste soumise au vieux serpent de mer que représentent la longueur des délais de paiement et la difficulté d’obtenir des prêts auprès de banques.

Pourtant, les développements en cours sur le plan des infrastructures énergétiques (solaires et pétrolières) et touristiques permettent, au-delà des déserts de difficultés, d’apercevoir un horizon ensoleillé.


Cet article a été publié dans le numéro 98 du magazine Jeune Dirigeant, consacré au congrès national du CJD de Montpellier, sur le thème des Justes Combats.

Yan de Kerorguen
Le 17-07-2012
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