Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Fracture numérique : la guerre est déclarée !

Tout va tellement vite aujourd’hui que même nous-autres, nantis, avons parfois du mal à suivre. Alors ceux qui n’ont pas accès aux TIC* (Technologies de l’Information et de la Communication) ?!... Heureusement, la résistance s’organise et, une fois reconnectés, les exclus du numérique trouvent (presque) tout pour rattraper leur retard dans la boîte magique elle-même…

* on ne dit plus NTIC, car « Nouvelles », elles ne le sont plus.

Un site, une histoire : one laptop per child

On prend le pouvoir, humainement, socialement et économiquement en apprenant. Or, pour réussir dans le contexte numérique mondialisé d’aujourd’hui, en plus de bases en mathématiques, sciences et langues, l’utilisation des outils numériques est devenue indispensable». Raison pour laquelle Nicolas Negroponte, cofondateur du Media Lab au MIT, a initié en 2005 sa grande croisade One Laptop Per Child (un ordinateur par enfant). Le XO, cet ordinateur grand comme la main, est en réalité une boite à outils contenant tout le nécessaire du parfait apprenti numérique, un robuste petit bijou que ce visionnaire est parvenu à faire produire pour 100 $ l’unité et financer entièrement par de grandes entreprises. Aujourd’hui, plus de 2,5 millions d’ordinateurs ont ainsi été distribués aux enfants de 40 pays, accompagnés de programmes « boules de neige » ayant par exemple permis à 500.000 enfants péruviens d’apprendre à lire et à écrire à leurs… propres parents !

Internet ou le cercle vertueux

Et justement, parce que le problème de base se situe encore un niveau au-dessous (100 millions d’enfants ne vont pas à l’école primaire et restent analphabètes), "Saint" Nicolas a contrattaqué en lançant l’été dernier son programme OTPC, une Tablette par enfant, tablettes grâce auxquelles, cet enfant se retrouve alors en mesure d’apprendre à lire et écrire… tout seul !!!

Ce que l’on appelle le self-learning qui se trouve être, justement, l’un des domaines issus de la mouvance « free », appelés les "logiciels libres", des débuts de l’informatique dans lequel les associations de bienfaiteurs qui œuvrent partout dans le monde sont les plus actives : tous les programmes éducatifs de base bien-entendu, mais également depuis peu, les cours des grandes écoles (programme Open vidéo éducation) ou encore Udacity, la première université entièrement en ligne, fondée par Andy Brown, professeur à Stanford.

Quand on pense qu’en deux années seulement, l’Afrique est passée de 75 millions de personnes connectées à plus de 110 millions, on se dit que tout cela est loin d’être inutile.

Et parce que les enfants des pays en voie de développement ne constituent qu’une partie des exclus, Emmaüs travaille de son côté à reconnecter les sans-abri tandis que websourd, l’internet pour les malentendants, leur fournit des avatars non handicapés… Entre autres.

Les 3 infos bonus :

Veille absolue

A quoi ressemblera la société de demain ? Politiquement et socialement bien sûr, mais aussi économiquement : quels seront ses nouveaux besoins ? Et ses marchés émergeants ? Sur quelles technologies novatrices pourra-t-on alors compter ? Autant d’excellentes questions auxquelles le programme de l’Union Européenne FET Flagship va consacrer un milliard d’euros dans les dix ans à venir. 6 projets concurrents sont en lice ; les Français étant surtout présents dans Futur ICT, une simulation informatique colossale conduite par 51 hautes écoles et universités de 21 pays. Résultat des courses en janvier prochain…

Des hackers au service du bien !

Surtout connus pour leurs attaques malveillantes ou, plus récemment, leur activisme politique (les Anonymous, entre autres), certains pirates informatiques ont décidé de se ranger sous la bannière du « hacking for good » (piratage pour le bien). Dans le cadre d’évènements tels le Random Hacks for Kindness (ou RHOK, dernière édition à Berlin en octobre), ces experts incontestés de la programmation informatique mettent leur savoir-faire au service de causes justes : Amnesty International, programmes alimentaires et éducatifs, etc. Un mouvement soutenu par des entreprises telles que Google, la Nasa ou la Banque Mondiale. Rien de moins…

Ingénierie : trousse de première urgence

OSE, pour Open Source Ecology, c’est le joli nom choisi par ce réseau d’ingénieurs et de fermiers qui ont mis en ligne les plans et les instructions nécessaires à la construction des 50 machines industrielles les plus indispensables à une société contemporaine. Des modèles - souvent originaux - conçus par les uns dans un souci constant de simplicité, puis montés et testés par les autres avant d’être approuvés et mis en ligne sur le site ouvert aux entrepreneurs du monde entier.


"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri :www.puitsfleuri.com


Jérôme Bourgine
Le 5-11-2012
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