Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


De quoi les entrepreneurs ont-ils VRAIMENT besoin? Et qui représente leur cause ?

Christophe Praud

Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) témoigne indiscutablement d’une prise de conscience salutaire du gouvernement dans sa volonté de prendre la question de la compétitivité des entreprises à bras le corps. Assurément, les 20 milliards d’euros promis se retrouveront dans notre économie. Et c’est une bonne nouvelle. Cependant, les dirigeants de TPE et de PME avaient-ils réellement besoin d’un dispositif si peu lisible ? Le CJD est dubitatif.

Le CICE correspond mal aux besoins des entrepreneurs parce qu’il impose aux entreprises de faire des projections poussées pour savoir à combien se montera au final son crédit d’impôt. Les dirigeants n’ont souvent ni le temps, ni la technicité, ni la ressource pour effectuer ces savants et délicats calculs.

Le CICE correspond mal aux besoins des entrepreneurs parce que la promesse, à savoir un crédit d’impôt sur 2014, parait bien abstraite pour celui dont la visibilité sur sa trésorerie n’excède pas trois ou quatre mois. Le CICE permet difficilement d’ajuster immédiatement le prix de revient des produits ou services au marché.

Le CICE correspond mal aux besoins des entrepreneurs car toute mesure reposant sur des effets de seuil engendre inévitablement des effets pervers. Le CICE, limité à 2,5 smic du salaire brut, le calcul risque d’entrainer un plafonnement des salaires à 2,5 smic.

Le CICE correspond mal aux besoins des entrepreneurs car il introduit une forme de concurrence déloyale entre les organisations qui peuvent en bénéficier et les autres. Certains organismes privés comme les cliniques seront éligibles alors que les hôpitaux publics ne le seront pas, au risque d’accroitre les inégalités.

Le CICE correspond mal aux besoins des entrepreneurs car il repose sur la défiance. L’introduction d’une conditionnalité à venir traduit un réel manque de confiance de la part de l’Etat dans l’usage que feront les entrepreneurs de ce crédit d’impôt.

Le CICE correspond mal aux besoins des entrepreneurs car avec ce dispositif, le coût du travail continuera sa lente et inexorable ascension. Ne l’oublions pas, c’est bien le coût du travail qui est problématique, et le fait qu’il finance quasi exclusivement la protection sociale dans notre pays.

Ce dont ont besoin les entrepreneurs, c’est d’une baisse immédiate des cotisations sociales employeurs, c’est de faire reposer notre protection sociale sur l’ensemble de la population, de façon solidaire. C’est l’idée que porte le CJD porte depuis des années avec l’instauration d’une Contribution Sociale sur la consommation (CSCO). Cette mesure aurait le mérite d’être simple et cohérente.

Mais alors, pourquoi le gouvernement a-t-il choisi le CICE plutôt qu’une baisse immédiate de 6% des charges patronales ? Est-ce dû à une contrainte technique, à un manque de courage politique, à l’impossibilité de toucher de prêt ou de loin au financement des organismes paritaires ? Peut-être un savant mélange de tout cela…

Quand il s’agit de défendre l’avenir de notre système de protection sociale et la compétitivité des entreprises françaises, il semblerait opportun de faire preuve du même courage et de la même volonté que ceux dont font preuve les individus qui se battent au jour le jour pour garantir la pérennité de leur entreprise.

Christophe Praud, Président national du CJD
Le 7-12-2012
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz