Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Passons à l'offensive avec un accord POUR l'emploi.

Les accords sur la sécurisation de l’emploi sont indéniablement un premier pas dans la bonne direction. Ils démontrent que les représentants des patrons et des salariés peuvent se libérer de la tutelle de l’Etat pour négocier l’évolution du cadre qui régit la vie au travail. Le texte auquel ont abouti les partenaires sociaux fait la part belle à l’assouplissement des procédures de licenciement, au maintien dans l’emploi, au droit des salariés en matière de formation, de mobilité, de couverture maladie ou d’expression dans les comités d’administration des grands groupes. Mais il est temps maintenant de porter notre énergie non pas SUR l’emploi, mais POUR l’emploi.

Côté salarié, l’accent dans cet accord est surtout porté vers ceux qui ont un travail et risquent de le perdre. Côté employeur, il porte sur une facilitation des procédures de licenciement, sur plus de souplesse concernant le temps de travail et les salaires en cas de graves difficultés conjoncturelles. Bref, la plupart des mesures de cet accord sont avant tout défensives. Elles visent à amortir les chocs qui continuent à mettre à mal les entreprises de notre pays. Avec cet accord, nous renforçons notre bouclier social face au chômage, mais nous ne nous dotons pas d’un arsenal nouveau pour le combattre.

Il n’est pas de meilleure défense que l’attaque. Inspirons-nous de cet adage, en complétant cet accord d’un volet emploi résolument offensif.Exonérer de cotisation pendant trois mois après la fin de sa période d’essai un jeune de moins de 26 ans en CDI constitue certes une avancée, mais l’impact sur la création d’emplois dans notre pays sera vraisemblablement nul. Il convient de dépasser le simple traitement socialdu chômage pour œuvrer à des dispositifs qui dopent l’emploi.L’Etat facilitateur doit aider les entreprises, et tout particulièrement les PME-TPE, à s’engager dans un cercle vertueux. Il peut facilement le faire, par exemple en exonérant les PME et les TPE de la totalité des cotisations en cas d’embauche d’un jeune, d’un sénior et plus largement d’un chercheur d’emploi de plus de 9 mois. Et ce pendant au moins un an.En nous engageant dans cette voie, nous serons tous gagnants.

UN PARI TRIPLEMENT GAGNANT

L’Etat le sera en premier lieu. La France indemnise bien ses chômeurs et c’est tout à son honneur. Mais ce système n’est viable que si les chômeurs retrouvent rapidement un emploi, ce qui est de moins en moins le cas. En incitant à l’embauche rapide d’un chômeur, l’Etat se déleste d’abord d’une charge économique. Ce que l’Etat perd en cotisation, il le retrouve immédiatement avec l’économie en indemnisation chômage. Loin d’être un jeu à somme nulle sur le plan économique, l’Etat y gagnera à coup sûr.

Les PME et les TPE profiteront également de ces exonérations pour recruter plus facilement. Dans un contexte socio-économique tendu dans lequel l’avenir est difficilement lisible et le coût du travail un frein réel à l’embauche, celles-ci hésiteront sans doute moins à prendre le risque de s’adjoindre les compétences nécessaires à leur développement. Faut-il encore le rappeler : ce sont les PME et les TPE qui créent l’emploi en France ; c’est donc vers elles que doit porter en priorité ses efforts.Les plus sceptiques signaleront un effet d’aubaine ; les plus critiques dénonceront un « énième cadeau fait au patronat ». Pour ma part, j’y vois un pari sur les entreprises à taille humaine, un appel d’air qui boostera leur compétitivité et génèrera mécaniquement des emplois.

Car enfin, et c’est assurément là le point le plus important, ceux qui recherchent aujourd’hui un emploi bénéficieront eux-aussi de cette mesure. Car avant d’être un coût économique pour la collectivité, le chômage est d’abord un gâchis social et humain. Insérer ou réinsérer rapidement les personnes, en particulier les jeunes et les séniors, c’est garantir leur employabilité et préserver leur dignité. Tout doit être mis en œuvre dans notre pays pour faire décoller et maintenir durablement la trajectoire professionnelle de ceux qui aspirent à un emploi.

SE PROJETER

Sécuriser l’emploi est une nécessité dont les partenaires sociaux se sont saisis. On peut s’en féliciter, mais passons vite à la suite. Et cette suite repose sur une évidence : on ne créera durablement de l’emploi en France qu’en encourageant les TPE et les PME. Tant que ce message ne sera pas passé en haut lieu, rien ne changera vraiment. Alors, je vous le dit tout net, à vous, décideurs politiques : passez de la défiance à la confiance, créez enfin les conditions pour que nos entreprises se développent et surtout, soyez fiers des entrepreneurs de votre pays.

Par Christophe Praud, Président national du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD).
Le 13-02-2013
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