Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Vers une reconnaissance du métier de dirigeant-entrepreneur.

En 2002 débutait officiellement au CJD le projet Copernic. Ce dernier avait une ambition forte : permettre aux stagiaires de développer leurs compétences dans leur métier de dirigeant-entrepreneur. Un métier difficile à appréhender qui, pourtant, peut s’apprendre.

Dissocier le métier de dirigeant de celui de l’entreprise du dirigeant, voilà le postulat de base qui a conduit à l’élaboration du parcours Copernic. On peut diriger une entreprise dans l’agroalimentaire, la plasturgie, la mécanique de précision ou le conseil aux entreprises, force est de constater qu’au-delà du métier de l’entreprise, tous exercent un même métier - celui de dirigeant-entrepreneur – qui repose sur un socle de pratiques et de problématiques communes.

DIRIGEANT-ENTREPRENEUR : UN VRAI METIER

A partir de là, le CJD a confié aux début des années 2000 une étude à deux chercheurs en sciences de l’éducation, étude dont l’objectif était de mettre au jour les compétences clés qu’un dirigeant-entrepreneur doit acquérir ou développer pour agir avec compétences. Un travail riche qui permit au final d’élaborer un parcours de professionnalisation autour de 22 compétences identifiées comme constituant le cœur de métier du dirigeant-entrepreneur. C’est bien à partir de la construction de ces compétences qu’a été conçue l’architecture du programme.

MONTEE EN PUISSANCE

Si le dispositif, d’abord expérimental, tarde à prendre l’ampleur qu’il mérite, le programme est aujourd’hui un réel succès. Et ce grâce aux membres successifs du bureau national qui se sont relayés pour soutenir, renforcer, développer et pérenniser le programme. Grâce aussi aux formateurs, universitaires ou consultants, qui participent à l’animation des modules et dont l’engagement dans le perfectionnement du dispositif et la qualité des prestations restent exceptionnelles.

Aujourd’hui, dix ans plus tard, c’est plus de 500 chefs d’entreprises membres du CJD qui ont terminé le parcours. Chaque année, les promotions sortantes sont diplômées au cours d’une journée de conférences dédiée aux « coperniciens » sortants. C’est ainsi que des parrains prestigieux se sont succédés au fil des années et des éditions de cette journée : l’écrivain Erik Orsenna, le sociologue Michel Maffesoli, le philosophe Vincent Cespedes, le prospectiviste Michel Godet…

DISPOSITIF ORIGINAL

L’originalité de Copernic tient au fait que les stagiaires ne sont pas uniquement abreuvés de connaissances, mais que le transfert dans l’entreprise est essentiel. L’apprentissage du métier de dirigeant-entrepreneur conduit ainsi à expérimenter en entreprise les idées abordées en formation. C’est cette articulation entre le théorique et la pratique qui rend possible l’acquisition des compétences spécifiques au métier de dirigeant entrepreneur.

Mais concrètement, qu’apporte le parcours ? Pour Isabelle Morel, directrice générale d’une PME rhodanienne du secteur de la métallurgie, la réponse est nourrie : « Poser avec méthodes la problématique, analyser, s'appuyer sur des faits, faire le tour de la problématique, ne pas foncer en actions tête baisser, jalonner ma réflexion d'actions, accepter le manque d'informations, accepter et intégrer la vision des autres, anticiper, se projeter de manière formalisée, se forcer à prendre de la hauteur, mieux faire et faire mieux avec les autres, me méfier des aprioris et des jugements subjectifs ».Pour synthétiser ces propos en une courte phrase, Copernic permet à des hommes et des femmes d’action la prise de recul nécessaire à l’exercice serein de leur métier.

AMELIORATION CONTINUE

Patrick Bernard, dirigeant de COCPIT Solutions de pilotage, évoque des axes de progrès. « Ce qu’il m’a manqué, c’est un dispositif d’évaluation des prérequis à l’entrée et des acquis à la sortie(NDRL : le parcours Copernic étant en cours de certification, cette carence sera palliée sous peu). Aujourd’hui, on parle encore de « conditions » d’entrée et ça été compliqué pour moi parce que je ne les remplissais pas, alors que j’ai pu prendre pleinement part à l’aventure. Je pense aussi que la différence fondamentale entre projet d’entreprendre et projet d’entreprise pourrait être proposée dès le début du parcours quitte à la revisiter à la fin. Personnellement, ma trajectoire d’entrepreneur aurait été différente si j’avais accédé à cette notion plus tôt et si j’avais pu l’exploiter pendant le parcours. Enfin, les fameux « savoirs de processus », à savoir les 22 compétences clés sur lesquelles progresser, devraient être revus et simplifiés pour en tirer un guide d’action dans mon quotidien de dirigeant-entrepreneur (NDRL : ce travail est en cours d’élaboration) ; on pourrait aussi les compléter des nouvelles compétences nécessaires pour prendre en compte la révolution numérique en cours ».

AVENTURE HUMAINE

Didier Bernard, entrepreneur à Grenoble, évoque lui aussi l’apport de Copernic : « Un moment fortissimo dans mon parcours professionnel. D’une part, l’occasion de faire un point quasi existentiel sur où j’en étais et où j’allais. D’autre part, un apport fantastique de nouvelles compétences, la révélation de savoir-faire que je portais sans le savoir, le développement de « permissions » liées aux spécificités du métier de dirigeant. Dans ma vie d’entrepreneur, il y a un avant et un après Copernic ».

Tout autant qu’un moment de professionnalisation, Copernic a été également le creuset dans lequel se sont formées ou renforcées de solides amitiés. D’ailleurs, certains groupes continuent parfois leur cheminement une fois le parcours Copernic achevé. Ils se retrouvent pour échanger sur leurs problématiques du moment en profitant de la méthodologie et de la posture acquises. On n’est jamais coperniciens ; on le devient sans cesse.

Lione Meneghin
Le 4-04-2013
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