Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Comment internet a révolutionné le love-money…

En démultipliant l’accès aux donateurs potentiels, internet, via ses multiples plates-formes de collecte de fonds, offre une nouvelle dimension aux traditionnels « tours de table » amicaux qui permettaient de réunir l’argent nécessaire au démarrage de son entreprise…

Un site, une histoire : Ulule

Le crowdfunding - ou financement collectif - offre de multiples visages qui, tous, intéressent au premier chef l’entrepreneur en recherche de fonds. On a déjà évoqué le cas exemplaire de Friendsclear qui mettait en relation entrepreneurs et investisseurs assurés d’un rendement de 4,5% sur l’argent qu’ils avançaient. Evoquons cette fois-ci un aspect plus classique du même processus de collecte de fonds que nos cousins anglo-saxons dénomment « love money », ce tour de table amical qui a permis à nombre d’entre nous de réunir auprès de famille et amis les fonds nécessaires au lancement de leur petite - au départ tout du moins ! - affaire. Rien n’a changé dans le principe sinon l’outil utilisé pour parvenir à ses fins (ses fonds !). Grâce à internet en effet, non seulement, on peut toucher toutes ses relations d’un coup, mais on peut, de plus, par le principe simple des listes de diffusion et celui de la vitrine qu’offre le web, faire rayonner la demande bien au-delà du simple « premier cercle » usuel.

Les 3 cercles

Si ce premier cercle demeure inchangé - amis et famille-, son rôle, sur internet se trouve démultiplié. Non seulement, ces proches seront les premiers à vous apporter un soutien sonnant et trébuchant, mais ils crédibiliseront votre projet et créeront la dynamique nécessaire au bon déroulement du processus. Interviendra alors ce que l’on nomme le second cercle : les connaissances plus éloignées et amis d’amis (amis auxquels vous aurez, bien entendu, demandé de faire circuler l’information). Et si le troisième cercle (tous ces parfaits inconnus qui circulent sur la toile comme autant de chalands dans un centre commercial) est le plus difficile à convaincre de l’intérêt qu’il y a, pour lui, à s’intéresser à vous, ne vous y trompez pas : par le principe souvent évoqué ici de la Longue Traîne qui se trouve être l’un des fondamentaux économiques du net (la part des petits « clients » est toujours supérieure à celle des gros), ce troisième cercle sera souvent celui dont on retirera le plus de bénéfice !

Prêter n’est pas jouer !

Essentiel : Ulule, non plus que la majorité des plates-formes de crowdfouding actuelles (Octopousse, Kickstarter, Kisskissbankbank, Sponsume, Arizuka, Babeldoor, Mutuzz, Fondatio, etc. Quel succès !) ne fonctionne pas selon le principe du prêt, mais d’un « quasi » don effectué contre une sorte d’échange marchandise dont la teneur, liée à l’activité future, est définie par le porteur du projet en fonction de la somme promise. Promise, oui, car nul argent n’est jamais ponctionné non plus que reversé tant que le montant total du financement recherché n’est pas atteint. Un suspens (à J – 45 : on en est à 60%, à J – 7 : à 92%, etc.) qui dynamise encore le process et apporte aux sites en question une dimension feuilletonnesque des plus attractives.

Et si les apports visés comptent pour la plupart trois zéros, les demandes à quatre zéros ne sont pas non plus l’exception, loin de là et, bien argumentées, portent tout aussi bien leurs fruits. De telle sorte qu’à l’heure où les collectes menées à leur terme se comptent aujourd’hui par dizaines de milliers rien qu’en France, de telles pistes ne sont pas à négliger à l’heure de s’embarquer dans l’aventure de l’entreprenariat…

Le tiercé des infos gagnantes :

« Répare ma rue » : ça marche fort…

… En Angleterre ! Mais si, vous aussi, vous êtes las de constater que l’éclairage de la ZI locale est déficient ou qu’une épave de voiture encombre votre rue depuis des années, plaidez auprès de vos élus pour que soit lancé le programme Fix My Street (répare ma rue, ndrl.) quia permis aux Anglais de faire un bond en avant considérable en termes d’e-démocratie. Le principe en est simple : on se connecte, on localise le problème sur une carte, on indique sa nature exacte et Fix My Street fait suivre les informations aux collectivités locales concernées. Plus de 25.000 problèmes ont ainsi été indiqués et des milliers résolus. Bon à savoir : Fix My Street a déjà fait des petits dans 8 pays !

Communiquer en toutes circonstances

Conçue au départ pour les ONG ayant à intervenir dans des pays où l’accès à internet était plus qu’aléatoire, FrontlineSMS est une plateforme évolutive proposée en open source et permettant de communiquer avec son réseau à l’aide d’un ordinateur et d’un téléphone mobile sans avoir recours à aucune connexion. Très utilisée pour améliorer la santé en territoires reculés, mais aussi promouvoir l’éducation et faciliter les transactions financières, cet outil tout-terrain est de plus en plus « récupéré » par les entreprises ayant elles-mêmes à déployer leurs intervenants dans des zones « non couvertes »…

Dessine-moi un logo

Qui n’a rêvé de faire plancher des centaines de graphistes sur le nouveau logo de son entreprise ? Pour la modique somme de 300 € (prix de base) Wilogo s’en charge qui met aujourd’hui en concurrence des milliers de graphistes indépendants. Plus de 3300 créations ont déjà été réalisées en France à ce jour pour lesquelles les clients se sont vus proposer 166 propositions différentes en moyenne. Et cela fonctionne également pour les bannières publicitaires, l’identité visuelle ou le design de son site internet. Vive le crowdsourcing ! (littéralement « externalisation ouverte » et, plus familièrement : « appel au peuple »).


Le mois prochain :

« Do it yourself » : la révolution du 3D est en marche !...

Mais aussi :

  • L’empreinte carbone de nos achats
  • Le manager du futur…
  • 3ième âge & numérique

Par Jérôme Bourgine

"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com

Les chroniques d'Utopia de Jérôme Bourgine
Le 5-04-2013
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