Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Qui résistera à la Crise ? (2ème partie : gouvernance, stratégie et management des PME-TPE)

Antoine Pivot
Si la résistance des entreprises à la crise tient à une problématique de secteur, cela ne peut pas tout expliquer : à isopérimètre de marché, de chiffre d’affaires ou encore de clientèle, comment se fait-il qu’une entreprise traverse plus facilement la crise qu’une autre ?

Parmi les entreprises qui semblent avoir le mieux résisté à la crise figurent celles qui étaient… déjà en bonne santé avant la crise ! Au-delà de l’évidence de cet argument, il révèle tout d’abord la capacité du dirigeant à s’être posé les bonnes questions quand l’activité économique était bonne. Cette culture du changement, de l’adaptation inscrite dans les gênes, a mis l’entreprise dans les bonnes dispositions pour affronter plus sereinement les secousses économiques.

Ces entreprises saines avant la crise étaient tout d’abord rentables et en bonne santé financière : fonds propres importants, endettement maîtrisé, ouverture du capital… Elles avaient généralement réparti leur risque sur plusieurs segments de marché et plusieurs typologies de clientèle grâce à des efforts de diversification et de croissance. Les sociétés qui fournissaient un grand groupe avaient su se rendre « indispensable » en tissant des relations de long-terme via par exemple la maîtrise de savoir-faire spécifiques.

Enfin, ces entreprises avaient organisé leurs équipes avec une gouvernance la plus plate possible. Ainsi, dans la difficulté, les évolutions rendues nécessaires ont pu être réalisées en ayant à bouger un minimum de lignes. En effet, les changements de trajectoire sont facilités et accélérés avec des processus de décision courts. Dernier élément, le dirigeant a su fédérer ses équipes autour du projet de l’entreprise, et de sa vision.

Grâce à ces éléments, les entreprises déjà structurées avant la crise et ouvertes au changement ont su mieux gérer la vague de 2008. Cependant, elles ne se sont pas arrêtées en espérant que le vent arrête de souffler, mais ont continué à marcher dans la tempête. Pour cela, elles ont appris à se réinventer et à se poser les bonnes questions, surtout dans la difficulté. Mon marché a-t-il un avenir ? Mes produits sont-ils tous rentables ? Mon outil industriel est-il bien dimensionné, performant ou doit-on anticiper des investissements ? Mon personnel est-il compétent, motivé ou en surnombre ?

Les opportunités de croissance existent toujours, même en période de crise : conquérir de nouveaux marchés, par exemple à l’international, séduire une nouvelle clientèle, innover, renouveler ses produits/services voire même racheter un concurrent. L’important est de continuer à avancer, que cela passe par de la croissance externe ou un développement en interne. Surtout ne pas laisser le carnet de commandes diminuer, mais se réinventer en développant fortement les équipes commerciales, investissant dans la formation et le bien-être des collaborateurs, prospectant de nouveaux clients…

Enfin, la dernière grande clef d’explication réside dans la qualité du dirigeant et de son management. Dans les petites et moyennes entreprises, l’entrepreneur, créateur ou repreneur, investisseur initial a généralement un impact significatif sur la réussite de l’activité. Quatre compétences semblent faire la différence : tout d’abord la capacité à se remettre en question. La lucidité du dirigeant est importante, surtout en période de difficultés car le vrai danger pour l’entreprise consiste à repousser au lendemain les décisions douloureuses et croire que le chiffre d’affaires va soudainement repartir.

Ensuite, le dirigeant doit savoir s’entourer, en interne d’une équipe compétente et honnête et en externe, en appartenant à un mouvement tel que le CJD ou en pouvant bénéficier des conseils de quelques personnes objectives, bienveillantes et éclairées. Cet entourage extérieur doit lui permettre de maintenir un cap durant la crise, contre vents et marées, à condition que celui-ci soit le bon, et ceci, seule l’expérience du secteur et de la gestion le permet.

Avant toute chose, la crise accélère des évolutions et révèle, par là, les qualités intrinsèques des entreprises et de leur management. Dans la difficulté, la "jeunesse" des entreprises est une force. La capacité à se réinventer, à fédérer ses équipes, à limiter la hiérarchie compensent le manque d’expérience, de moyens et de solidité. A vrai dire, la réponse n’est pas aussi simple, mais des éléments de résistance à la crise sont à rechercher dans la capacité des entreprises à conserver leur jeunesse tout en grandissant…

Antoine Pivot
Le 17-04-2013
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