Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le cloud, késako ?!...

Quand on ne nous matraque pas avec la révolution du « Big Data » (cf chronique du mois dernier), c’est à grand renfort de « Cloud » que milieux branchés et médias saturent notre entendement ces derniers temps. Mais de quoi parle-t-on au juste ?...

Michel Serres le rappelait récemment : les académiciens français sont aujourd’hui confrontés à un problème de taille. Là où d’ordinaire, lors de leur révision chronique du dictionnaire, ils étaient appelés à statuer sur l’introduction (ou non) d’un bon millier de néologismes, c’est à plus de trente fois (!)ce nombre de mots nouveaux, dont une majorité d’anglicismes, qu’il leur faut, cette année, faire face.

Un site, une histoire :audeladucloud

Comme beaucoup, c’est avec soulagement que j’ai accueilli cet hiver la publicité télévisée proposée par un opérateur de téléphone montrant un chef d’entreprise abasourdi, puis (exagérément) enthousiasmé par la découverte du fameux « cloud » et des perspectives que ce nouvel Eldorado numérique était sensé lui offrir. Ainsi, je n’étais pas le seul à n’avoir pas tout saisi de ce concept vaporeux ! Pourtant, le cloud (pour « cloud computing ») fait partie de ces mots qui ont envahi notre champ lexical comme pollen en avril. Alors d’accord pour un petit « Le cloud expliqué à mon père » (ce sont désormais mes fils qui m’éduquent de ce côté) et voyons ce qu’il y a à attendre ou non de ce fameux nuage.

Délocaliser les données

« Gérance de l’informatique », « informatique en nuage », « informatique dématérialisée » ou encore « infonuage »… autant de vocables qui désignent la même tendance générale actuelle consistant à sauvegarder ses données informatiques sur un serveur distant. Eh oui, ce n’est rien d’autre que cela, le cloud dont on rebat les oreilles. Sauf qu’à l’image de Monsieur Jourdain avec la prose, vous-même, faites très certainement du cloud computing sans le savoir pour autant que vous ayez recours pour votre informatique à un serveur externe. Ceux-ci, en effet, recourent à présent en masse à cette nouvelle forme de stockage mutualisé.

Pour des raisons de coût, les grandes entreprises ont été les premières à utiliser le stockage en ligne qui leur revenait beaucoup moins cher que l’utilisation et la manipulation continuelle de disques durs externes. Mais avec la croissance exponentielle de la masse de données que toute entreprise est aujourd’hui amenée à stocker et traiter (rappelons que nous produisons désormais davantage de données en un an que l’Humanité n’en a créé entre l’an 0 et 2007 !), le recours au cloud computing touche tout le monde, même les particuliers qui se réjouissent par exemple de pouvoir soulager le disque dur de leur ordinateur personnel du poids considérable représenté par leurs fichiers photo et vidéos.

Avantages et inconvénients

Si les avantages présentés par la formule sont évidents : gain de place, économies substantielles réalisées par la mutualisation du stockage, mais également de logiciels partagés (disponibles en ligne et que l’on n’a plus besoin d’acheter si l’on s’en sert peu), services évolutifs proposés par le fournisseur, accès simplifié aux données, dépenses générées basculant de la colonne « actifs » à la colonne « fonctionnement… les inconvénients potentiels de ce phénomène de masse dont certains prétendent qu’il n’est qu’une mode passagère sont tout aussi pertinents : dépendance accrue à l’accès au réseau, risques augmentés de cyberattaques, violation possible de la confidentialité, perte du contrôle effectif de ses données, problèmes juridiques liés à leur implantation physique (où sont-elles précisément et de quelle juridiction dépendent-elles ?), etc.

Dans les faits, très peu de problèmes importants ont été enregistrés à ce jour (en 2009, le cloud public d’Amazon a été infiltré par un cheval de Troie virulent qui a infecté les ordinateurs individuels), mais il est trop tôt encore pour dire si cette idée intéressante de “garderie collective” où chacun dépose ses petits constitue la prochaine marche de notre escalade des réalités virtuelles ou si, comme la forme céleste qui l’a inspiré, le cloud ne fera que passer dans notre ciel…

Le tiercé des infos gagnantes :

Ma météo perso

Encore une application française récompensée aux “Oscars” des start-ups à Las Vegas (CES 2013) : la station météo de pocheNenatmo. On dispose un capteur gros comme un tube d’aspirine à l’extérieur ou à l’intérieur de locaux comme d’ateliers et, connecté au téléphone mobile, il donne en temps réel les indications de pression, température, humidité, CO2, sonomètre… Et ce paramètre bien entendu au niveau d’alerte choisie.

Jean qui mange et Jean qui rit

Se basant sur les travaux du Dr Wurtman du MIT établissant le lien entre ce que nous mangeons et l’humeurqui en découle (food & mood en anglais), foodmood a scanné l’ensemble des avis critiques mis en ligne par les consommateurs sur Twitter pour dresser une cartographie mondiale des sentiments ressentis après l’ingestion de tel ou tel repas. Sans surprise, les fzstfood plombent l’humeur, mais pas les sandwiches, le curry de poulet rend joyeux, mais moins que la langouste. NB : sur Tripadvisor, site de référence absolu du “consommacteur”, les restaurants proposant les nourritures les plus roboratives affichent déjà leur note foodmood !!!

La meuuthode Ogino

1000 € pièce, c’est le prix des capteurs mis au point par la société Anemon pour indiquer aux éleveurs suisses à quel moment précis leur vache est en chaleur. Introduit dans les organes génitaux de l’animal et se basant sur ses variations de température et d’activité, ce microcapteur envoie un SMS au propriétaire pour le prévenir qu’il est temps de conduire madame au taureau. Les expérimentations se poursuivent…

Le mois prochain :

Paris, capitale européenne des start-ups !

Mais aussi :

La presse sur mon mobile

L’info mystère

buzzomètre

Par Jérôme Bourgine

“Auteur de ‘1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?’ aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com

Les chroniques d'Utopia de Jérôme Bourgine
Le 12-06-2013
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