Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’expression « performance globale » a l’avantage d’être très claire

Eric Molinié
Mandaté en février 2013, Lydia Brovelli, Eric Molinié, et Xavier Drago ont rendu à Pierre Moscovici, Michel Sapin, Delphine Batho et Nicole Bricq leur rapport sur la RSE le 13 juin dernier, en présence de Najat Vallaud-Belkacem. Un rapport aux accents de performance globale, ce concept élaboré et porté depuis plus de dix ans par le CJD. Interview d’Eric Molinié, président du SAMU social de Paris, et dernier Président de la Halde, qui s’en explique et qui, plus largement, nous éclaire sur les enjeux de ce rapport.

La rédaction : Quel est l’objectif de cette mission RSE ?

Eric Molinié : L’objectif de cette mission était de répondre à l’une des axes de travail définis à l’issue de la conférence environnementale de septembre 2012 : la notation sociale, et plus largement le développement de la RSE en France. La RSE est un levier de développement et de cohésion sociale dans notre pays. C’est une pratique déjà mise en œuvre dans bon nombre de groupes industriels et dans certaines filières, comme par exemple celle de la propreté. Dans ce rapport, nous avons vraiment souhaité donner plus de corps à la RSE, en nous appuyant sur ce qui marche bien, pour la développer et la promouvoir, en France mais aussi auprès de nos amis européens. Il manque à la RSE des éléments d’appropriation, notamment par les salariés. La RSE est trop souvent perçue par eux comme un outil de communication. De même, la RSE de doit pas être seulement l’apanage du top management mais irriguer l’ensemble des lignes managériales.

LR : Quel a été le processus jusqu’à la remise de ce rapport ?

EM : Nous avons auditionné 200 personnes. Puis nous avons envoyé aux 4 Ministres qui nous ont missionné une lettre de cadrage, qui fixait clairement les points qui nous semblaient devoir être traités. Nous sommes ensuite passés à la rédaction des propositions. Enfin, nous avons souhaité opter pour un rapport très ramassé et concret. 20 propositions, 30 pages !

LR : Vous prôner le développement d’une culture de la « performance globale ». Pouvez-vous nous en expliquer les raisons ?

EM : Cette expression fait explicitement référence au CJD, qui a bien sûr été auditionné dans le cadre de l’élaboration du rapport. Le sigle RSE fait problème et génère des confusions. Le « S » fait-il référence à « Sociétal » ou à « Social » ? Le « E » à « Entreprise » ou à « Environnemental » ? L’expression « Performance Globale » a l’avantage d’être très claire. On voit immédiatement à quoi elle fait référence.

LR : Quelles sont les propositions du rapport qui vous semblent essentielles ?

EM : Les 20 propositions du rapport sont toutes importantes. On a essayé de les regrouper sous quelques grandes thématiques : le developpement de la RSE au cœur de la stratégie de l’entreprise, notamment par le dialogue social, la simplification et l’amélioration des reporting et la diffusion des notations sociale et environnementale, les leviers qui peuvent orienter les financements vers des entreprises qui mettent en œuvre une stratégie nourrie de RSE, l’avantage compétitif de la France en matière de RSE, en Europe et dans le monde. Je retiendrai trois propositions concrètes. D’abord que le dialogue social doit s’emparer du sujet de la RSE. Ensuite que le reporting en la matière doit être plus sectoriel et que la notation doit être régulée au plan européen. Enfin qu’il faudrait orienter l’assurance-vie vers des sociétés éthiquement responsables.

LR : Et en ce qui concerne les PME ?

EM : La RSE n’est pas réservé au CAC 40. Quand on cherche à inclure des démarches RSE dans les accords de branche, c’est pour inclure les PME et les associer aux grandes entreprises. Nous croyons en la contagion positive. Et puis nous croyons également en la simplification et la pédagogie, via des kits de sensibilisation à destination des patrons de PME. Et ça, vous le faites depuis longtemps au CJD.

LR : Le rapport vient d’être rendu aux 4 ministres. Maintenant, qu’est-ce qu’il se passe ?

EM : Une première étape vient de se terminer. Nous entamons la seconde. Le rapport a été présenté àla plateforme d’action globale sur la RSE, dont le CJD est membre. Il le sera également au comité national sur la transition énergétique. Ce document nourrira également les négociations de la Grande Conférence sociale des 20 et 21 juin. Comme l’a répété Michel Sapin, ce rapport mérite de ne pas finir au fond d’un tiroir.



*Crédit photo : Jean-Luc Petit
La Rédaction
Le 20-06-2013
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