Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Qatar …ça se passe là-bas !

Le Qatar ne cesse de faire l’actualité en France : passation de pouvoir entre père et fils aujourd’hui même, passation d’entraîneur du PSG à Laurent Blanc, hier – NDRL Le club appartient au 4ème fils de l’Émir – et, Forum de Doha, au printemps dernier. On vous le répète : ça se passe là-bas ! Notre reporter était présent pour la 5ème édition du « le Davos du Monde Arabe ». Il nous livre l’analyse de cet événement qui a permis à la délégation française d’oublier deux jours durant la « récession nationale » dans un Eden de la croissance économique.

Échanges de cartes de visite, grues pléthoriques autour et bruit incessant d’avions au-dessus du Ritz Carlton Hotel, tel pourrait être le condensé en images du Forum de Doha. Entre les sessions sur « Les Arabes face aux défis de l’avenir dans un monde en proie au changement » ou « L’économie mondiale », jamais le « networking » n’a jamais été aussi intense » selon les termes d’un participant. Politiques venus entretenir leurs relations avec l’Émirat, diplomates nouant des relations avec la presse du monde entier et bien sûr, des chefs d’entreprises venus solliciter des rendez-vous pour profiter d’une croissance économique vertigineuse (plus fort taux de croissance de la région, le pays le plus riche du monde par habitant, un PIB de 173 milliards de dollars en 2011, soit un triplement en l’espace de six ans !). Ce « Gulf dream » est matérialisé par les chantiers d’extension de Doha avec des tours qui poussent comme des champignons. Une armada de mains-d’œuvre étrangères (Inde, Philippines…) s’active toute la journée pour participer à cette croissance urbaine exceptionnelle. « Quand je venais il y a vingt ans, c’était du sable ici, maintenant les buildings se construisent en 6 mois», s’exclame le député Pierre Lelouche. Et de citer en exemple l’île artificielle de Pearl Islande, située à quelques encablures composées, outre les zones d’habitation, de ports de plaisance, de centres commerciaux et de restaurants.

Il lui faut hausser la voix pour se faire entendre. Les incessants vols de la Qatar Airways témoignent de l’attraction de ce nouvel Eden de la mondialisation. Investisseurs, touristes d’affaires, entrepreneurs des quatre coins de la planète. Le Qatar connaît un boom du transport aérien tandis que les routes sont saturées malgré les travaux d’élargissement des voies. Pour pallier aux émissions record de gaz à effet de serre, le gouvernement veut favoriser les transports en commun. Pour un coût global de 35 milliards de dollars sur dix ans, il prévoit de construire quatre lignes de métro, deux lignes de tramway, une ligne de métro automatique et, surtout, une ligne de train à grande vitesse entre Doha et Manama, la capitale de Bahreïn.

Du bon usage du Forum

Avec ses 80 membres (contre 24 Britanniques et 47 Américains) la délégation française n’est pas passée inaperçue, avec une vingtaine de parlementaires, dont certains membres Groupe d’Amitié France Qatar à l’Assemblée Nationale. Son président, Maurice Leroy, député UDI, a martelé le même message aux journalistes. « Cessez de critiquer ce pays progressiste va car nous avons besoin de son dynamisme ». Si certains sont venus « pour faire connaissance pour vérifier sur place s’il y a caricature ou non lorsqu’on en parle en France» (Jean-Vincent Placé, sénateur EELV) ou de découvrir par leurs propres yeux ce « partenaire stratégique» (Alexis Bachelay, député PS), d’autres ont affiché une exigence de « citoyen du monde » résumée par Enrico Macias « Le commerce et l’économie c’est très important surtout en période de récession pour nous, mais nous venons vérifier que sur le plan démocratique et institutionnel, ça progresse aussi». Des discussions et des débats « très français » (dixit un organisateur Qatari) ont eu lieu sur le « rôle du Qatar sur la scène internationale». Et ce n’est pas le discours de François Fillon qui a délié les langues, mais celui assez improvisé, mais offensif de Gordon Brown qui a lancé un pavé dans la mare. Après avoir écouté l’émir du Qatar déclaré « il n’est pas acceptable que les grandes puissances ne bougent pas sur la Syrie »l’ancien premier Ministre Britannique a déclaré en substance(« Nous préférerions que vous investissiez encore plus dans le développement économique des pays en voie de développement que dans les mosquées »). Très opportunément, le nouveau président du Sénégal, Macky Sall, en a profité pour réclamer que « le Qatar finance les projets de développement sur le continent africain».Une invitée-surprise : la francophonie.Depuis son entrée le 13 octobre dernier comme membre associé de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le Qatar ne cesse d’envoyer des signes positifs suite à la polémique qui a suivi son admission alors qu’il n’est pas un pays francophone. Dans les couloirs, certains experts de la diplomatie ont mis en avant « l’activisme auprès de pays africains membres de l’OIF », d’autres souligné l’importance du gaz africain « en cas de dégradation dues relations avec les pays voisins ».

L’ambassadeur du Qatar en France a dû monter au créneau. Après avoir regretté le «Qatar-bashing » dans une tribune publiée il y a un mois dans le Journal du Dimanche,Mohamed Jaham Al Kuwari tenu à mettre les choses au clair « Notre attachement à la Francophonie est très profond et ne date pas d’hier. Notre gout pour la langue française est réel et vient du plus haut niveau de l’État ». (Cette fascination pour le modèle français est incarnée par la Cheikha Mozah, francophone passionnée de culture française,reçue au sein de l’Académie des beaux-arts, sous la Coupole de l’Institut de Franceet sa fille la Cheikha al Mayassa passée par la Sorbonne, NDLR).

«Le Qatar a entrepris une véritable politique de promotion de la francophonie sur notre territoire", nous hébergeons 200 000 locuteurs francophones - majoritairement des expatriés - sur une population de 1,8 million d'habitants». Et de citer en exemples, les deux lycées français, un campus d'HEC, une radio francophone depuis janvier 2011 et un projet de version française pour la chaîne Al-Jazeera. GT


Un préfet Jeune Dirigeant d'entreprise invité au Forum de Doha
Daniel Canepa est reparti très satisfait avec dans ses bagages la promesse faite par le président de la Chambre de Commerce du Qatar, Mohammed Ahmed Al Kawari d’avoir un bureau pour sa future société de conseil, DCC Conseil. Après 37 ans dans la préfectorale, ce haut fonctionnaire « passionné par l’entrepreneuriat» commence une nouvelle vie qui passe par Doha. Il sait quel'objectif du Qatar est de devenir un pays leader en termes d’environnement des affaires et d’investissements étrangers. Même si la diplomatie économique française progresse avec la création le 1er mars dernier d’une direction des entreprises et de l’économie internationale, il veut faire bénéficier les dirigeants de sa connaissance de terrain.« Outre mes conseils en termes d’ingénierie de l’administration, je veux aider les entreprises françaises à se développer ici avec un souci d’adaptation culturelle et de connaissance des codes et usages locaux sans lesquelles il y a un risque d’échec ». Le « jeune entrepreneur » comme il se décrit conseille aux entrepreneurs de l’hexagone de miser sur des secteurs porteurs comme la sécurité et l’intelligence économique, les activités liées aux ports de plaisance, le domaine de la santé, le sport et l’industrie culturelle. « Ici il y a de la place, une zone industrielle de 80 km2 et ils n’attendent plus que le savoir-faire français s’installe ! ». GT


Gilles Trichard
Le 25-06-2013
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