Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Les Séniors : quel trésor !

Laurent Bazin, membre du bureau national du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) en charge des questions sur la Croissance, le Financement et l'Innovation, interviewé par Jérôme Lefèvre, Vice-Président du CJD
Et si la « Silver Economy » était l’occasion pour le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), de porter un regard décalé sur une filière considérée par les pouvoirs publics comme « grandement porteuse de croissance et d’emplois au cours des prochaines années» ? Regroupant les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées, la « Silver Economy » bénéficie actuellement de toutes les attentions des Ministères du Redressement Productifs, des Affaires Sociales et de la Santé*. Il faut dire que ce secteur économique et industrielle est « on ne peut plus en pointe » en terme d’opportunités de croissance. Si son développement en est aux prémices en France, il croît déjà de plus 12 % par an aux Etats-Unis : alléchant! Le CJD est sollicité pour participer à la réflexion et au développement de cette "jeune" filière. Comment et avec quel positionnement la plus ancienne instance patronale de France se différencie-t-elle sur le sujet des autres acteurs? Jérôme Lefèvre, l’actuel Vice-Président du CJD a souhaité s’improviser journaliste pour l’occasion en interviewant Laurent Bazin, membre du bureau national en charge de cette thématique, afin qu’il nous éclaire sur la légitimité du CJD à traiter ce sujet.

Jérôme Lefèvre : La « Silver Economy»  - de l’anglais "silver" en référence à la chevelure argentée, ndrl.- est une filière d'avenir qui intéresse tout particulièrement nos politiques, quelles en sont les principales raisons ?

Laurent Bazin : Avec l'allongement de la durée de la vie, cette économie est promise à un avenir radieux. Une source de croissance et d’emploi non négligeable ces temps de disette ! C’est la raison pour laquelle lesministre Montebourg et Delaunay souhaite structurer et promouvoir cette filière. Le CJD a été invité à se joindre à la réflexion

J.L. : Des Jeunes Dirigeants qui s’intéressent à l’économie de la vieillesse, cela peut paraître surprenant. Qu’est-ce qui motive cet intérêt ?

L.B. : Tout d’abord la «Silver Economy», ce n’est pas seulement l'économie de la vieillesse, ou de la dépendance des plus de cinquante ans. C’est surtout un secteur qui recouvre des réalités très différentes ; la «Silver Economy»,concerne des salariés encore actifs dans l’entreprise, mais aussi les « jeunes retraités » dynamiques et épris de loisirs. Elle concerne enfin le grand âge et la dépendance.

Quand nous avons été sollicités par Michèle Delaunay nous nous sommes aussitôt tournés vers nos adhérents via un questionnaire. Cette enquête, dont le taux de réponse a été rapide et élevé, nous a permis de mesurer à quel point la Silver Economy constituait pour les entreprises des jeunes dirigeants un enjeu stratégique majeur. Aujourd’hui, pour un promoteur immobilier par exemple, penser à disposer un studio à côté d’un appartement familial pour éventuellement accueillir un parent âgé, c’est une nouvelle offre qu’il faut imaginer. Chaque entrepreneur, quel qu’il soit, doit travailler son offre à destination des séniors, sans stigmatiser.

J.L. : Le CJD est un mouvement qui pose un regard nouveau et parfois décalé sur les grands sujets. Comment le groupe de travail que tu animes va-t-il aborder cette thématique ?

L.B. : Michèle Delaunay aborde le sujet de la « Silver Economy » par le biais de la dépendance. Arnaud Montebourg quant à lui privilégie l’aspect purement économique. Le CJD entend pour sa part explorer ce sujet sous l’angle de la performance globale, en multipliant les points de vue. Par exemple : qu’est-ce qui est fait pour les salariés qui doivent accompagner un parent dépendant ? N’y a-t-il pas là un nouveau type de congé à imaginer ? Autres exemples : la question du maintien dans l’emploi, ou le problème des retraités qui ont besoin d’un complément de revenu, la transmission et plus simplement le « bien-vieillir ». Nous prenons ce sujet au sens le plus large. Il y a tellement de choses à concevoir, pas simplement pour les séniors,mais aussi pour les aidants, pas seulement sur le plan économique,mais aussi sur le plan social, sociétal et environnemental. Avec, en fil rouge, la philosophie de notre mouvement qui entend placer l'économie au service de l'Homme. Concrètement, le sujet de la « Silver Economy» est aussi et avant tout, pour nous, entrepreneurs responsables, un sujet d'alliance "inter-générationnelle" basée sur la solidarité.

J.L. : Concrètement, comment allons-nous procéder ?

L.B. : Un collectif d’acteurs regroupant entreprises, associations et syndicats, économistes, financeurs, se sont réunis depuis septembre 2012. Ils ont identifié différentes hypothèses pour constituer la « Silver Economy » en vraie filière. De notre côté, nous allons creuser ces pistes d’action, élaborer des propositions et expérimenter certaines d’entre elles. Nous siégeons également au comité interministériel de la filière « silver economy », dont le lancement a eu lieu le 1er juillet 2013.

JL : Le CJD est reconnu comme légitime pour sengager dans ce processus de réflexion et expérimentation. Cest une vraie opportunité économique, sociale et sociétale pour tous les entrepreneurs engagés dans une démarche PG.Voilà une bonne nouvelle pour tous les "pepper & salt entrepreneurs" pré-cinquantenaires comme moi… merci Laurent !


* http://www.social-sante.gouv.fr/espaces,770/personnes-agees-autonomie,776/dossiers,758/silver-economie,2432/

Interview réalisée par Jérôme LEFEVRE, vice-président du CJD
Le 25-10-2013
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