Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Loué soit le prêt !…

La consommation collaborative ne cesse de faire des émules, bouleversant les modèles économiques mais aussi le vivre ensemble. Quelques focus illustrant les actuelles déclinaisons de son triptyque de base : « je prête, je loue, j’échange… »
Un site, une histoire : Zilok
Fille de la crise (qui nous oblige à réviser notre manière de consommer) et d’internet (lien qui nous met en relation avec le reste du monde), la consommation collaborative n’en est qu’à ses balbutiements. Pourtant, elle fait déjà régulièrement la une des journaux et a su conquérir des Français pourtant connus pour leur individualisme. Ils sont en effet aujourd’hui pratiquement 9 sur 10 (84%) à estimer que « l’usage d’un bien est plus important que sa possession ». Un virage non pas idéologique, mais tout simplement économique et pratique (pas que cependant comme on le verra). Ainsi les sites tels Zilok et e-loue connaissent-ils un succès croissant, qu’il s’agisse de louer un objectif photo, une voiture, un appartement au ski, des vêtements et des livres ou encore, vague médiatique du moment, de mettre en location (ou d’échanger sur d’autres sites tels France-troc 200.000 membres) tous les cadeaux de Noël tombés à côté de la plaque…

C to C… to See !
Deux ou trois conclusions s’imposent : d’abord que sans la pratique des réseaux sociaux qui a considérablement décomplexé l’utilisateur face à « l’inconnu en ligne », de telles pratiques ne seraient pas possibles. Ensuite, qu’à l’image des réseaux d’hébergement gratuits fonctionnant comme un organisme biologique qui expulse tout corps étranger, les « mauvaises expériences » et autres arnaques constituent au final l’exception sur la plupart des sites collaboratifs. Et c’est une excellente nouvelle. On pourrait donc faire confiance à son voisin ?!... Enfin, puisqu’on en parle, loin de tenir les gens à distance, cette virtualisation d’actes de consommation pour une large part nouveaux (avant, on stockait ou on jetait, point), entraîne une réelle création de lien social notamment de proximité (d’où le succès phénoménal du bon coin) Quand ce n’est pas la création de ce lien lui-même qui pousse les gens à s’inscrire sur le tout récent lamachineduvoisin…

Même les grands…
Car qui croira que ce sont vraiment les 3 ou 4 euros que gagne chaque fois les 2500 propriétaires de machine à laver qui la « loue » à leurs voisins qui les motivent ?!... Personne ; surtout pas eux. « L’essentiel, ce n’est pas de sa faire de l’argent, mais de créer du lien et de l’entraide » s’expliquent-ils. Ainsi en est-on déjà arrivé à la spécialisation en matière de prêt : les 85.000 appartements à échanger d’Homelidays (France), les 71.000 utilisateurs de buzzcar (idem, location de voitures entre particuliers), les 250 entreprises qui reçoivent leur miel d’untoitpourlesabeilles en « louant » des ruches pour sauver les abeilles. Etc. etc.
Monkey business que tout ceci ? Petits métiers de l’ère numérique ?... Pas seulement, ne nous y trompons pas. L’autopartage (on l’a vu dans cette chronique il y a quelque temps) réalise déjà en Amérique du Nord des millions de dollars de chiffre d’affaires et nul ne peut plus ignorer qu’Interface, le N°1 de la moquette aux Etats-Unis, a tout à la fois accéléré sa croissance, affirmé son leadership et redoré son blason en ne vendant plus ses moquettes, mais… en les louant !
Pour finir, citons le citoyennement peu correct (quoique…) j’ai pas envie sur lequel vous trouverez toujours quelqu’un pour faire à votre place le travail que vous n’avez pas envie de faire...


Le tiercé des infos gagnantes :

Zéro patron !
Inventée et déposée (!) en 2007 par Brian Robertson, Pdg de la société d’informatique Ternary Software, l’holacratie fait des émules. Pour « rompre avec les hiérarchies verticales et favoriser la bonne entente et la souplesse au sein de l’entreprise », Zappos.com, marchand de chaussures en ligne (1500 employés) vient à son tour d’adopter un réagencement total de sa hiérarchie. Exit les managers, l’entreprise étant désormais structurée autour d’équipes autonomes (les « cercles ») qui se réunissent chaque mois pour redéfinir les rôles de chacun en fonction des besoins et de l’évolution de l’entreprise. Objectif : supprimer les tensions et développer la créativité. Signalons qu’en France, Christophe Mistou, directeur commercial chez Castorama, a tenté l’expérience plusieurs mois durant avec son équipe de 350 personnes et… d’excellents résultats ! Avant de devoir faire machine arrière toute face aux craintes éprouvées par sa direction générale…

Impression 3D, c’est parti…
Cela fait quelque temps déjà que l’on vous parle dans ces colonnes de l’impression 3D et de sa manière bien à elle (le fameux mouvement DIY, Do It Yourself) dont elle révolutionne la planète. Au moment où Siemens vient d’annoncer qu’il produirait désormais une partie de ses pièces au moyen d’imprimantes 3D, La Poste propose à ses clients et notamment aux entreprises de venir découvrir l’impression 3D dans 3 de ses bureaux parisiens pour : « se démarquer auprès de ses clients en imprimant des objets personnalisés, uniques et en relief »…
NB : prendre rdv avec un « conseiller 3D » (sic) reste nécessaire pour le moment.

Homo Numéricus…
Alors que le taux de déprime n’a jamais été aussi élevé dans notre pays (90% des personnes interrogées pensent que leur niveau de vie a diminué en dix ans), le taux d’équipement en (N)TIC, lui, n’a jamais autant progressé. 82% des Français sont aujourd’hui connecté à internet, le taux d’équipement en smartphones a plus que doublé en 1 an (de 17 à 39% dont 37% se connectent) tandis que le taux des plaquettes tactiles a quadruplé (de 4 à 17%). Une omniprésence du numérique qui entraîne bien évidemment de nouveaux usages et en tous lieux, bref : un nouveau mode de vie ! Shopping, recherche d’emploi ou démarches administratives continuant de basculer en ligne à raison de 5% par an. Quant à la frontière entre temps de travail et temps libre, elle en prend, elle aussi, un sacré coup puisque les actifs sont désormais 39% à continuer de travailler en dehors du boulot !

Le mois prochain :
Quand le réseau sort des ordinateurs !...

Par Jérôme Bourgine
"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com
Jérôme Bourgine
Le 5-03-2014
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