Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Direction Israël : la nation start-up

« En Israël, celui qui ne croit pas aux miracles n’est pas réaliste ». Fidèle à ce que disait le fondateur de l’Etat d’Israël, Ben Gourion, Tel-Aviv s’est hissée au deuxième rang mondial des villes les plus favorables aux start-up dans le monde, juste derrière la Silicon Valley et devant New York, Londres ou Chicago. Notre envoyé spécial, Gilles Trichard, a mené l’enquête.

Dans une ambiance bon enfant, vêtus de simples tee-shirts, de jeunes entrepreneurs s’agitent autour d’une table pour partager leurs bonnes pratiques. Originaires de 35 pays du monde, ils participent en toute décontractionau plus grand programme de formation d’entrepreneurs et de lancement de start-up au monde. Nous sommes sur le campus du Founder Institute, près de Tel Aviv. Les "first timers" comme les appelle Yossi Dan, le maître des lieux, doivent absolument trouver la « disruptive technology», une idée géniale qui va leur permettre de se distinguer et d’intéresser des financeurs. « Notre force en Israël, si l’on compare à la France, c’est de connecter immédiatement la recherche au business, mais cela ne peut marcher que si l’on a l’innovation qui va faire craquer la communauté économique» indique celui qui est considéré comme l’une des meilleures porte d’entré sur l’innovation israélienne. Dana et Adam viennent de créer PayMates, une cagnotte en ligne qui permet de collecter de l’argent et financer des projets. Ils ont beaucoup appris en faisant leur service militaire au sein deTsahal, l’armée israélienne. Mais au-delà des compétences technologiques, c’est surtout la « culture du risque » liée à la situation géopolitique qui les a préparés à l’entrepreneuriat. « Il y a beaucoup d'analogies entre ce qu'on vit à l’armée et le fait de diriger une start-up : il faut être créatif dans un environnement où les défis se renouvellent chaque jour ».Retour au calme de cette ruche internationale. Les jeunes pousses phosphorent quand retentit la prière musulmane auquel succède le chant Gospel d’une communauté de negro spirituals. Entre la mosquée et la synagogue, l’incubateur vit en effet à l’heure du multiculturalisme, loin des stéréotypes.Après l’incubation, nombre de ces entreprises naissantes vont probablement élire domicile à Tel-Aviv, poumon économique d’Israël, le long duboulevard Rothschild, entre tours de verre et petites maisons ombragées. Ici, les start-up poussent comme des champignons. On en compte 800 et plus de 1 200entreprises technologiques ont été recensées pour seulement 400 000 habitants ! C’est précisément dans ce quartier que je me rends pour assister à une rencontre organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie Israël-France autour de représentants de sociétés de capital risque. Parmi eux, Edouard Cukierman, PDG de Catalyst Fund et président de Cukierman & Co Investment House. ll m’annonce la création d’un fonds qui accueillent des investisseurs chinois. « C’est la nouvelle tendance, les pays émergents s’intéressent de plus en plus à l’innovation technologique, une dizaine de sociétés chinoises ont du reste racheté des startup israéliennes ». A la tribune, il commence son intervention par un hommage à Tsahal, dont il est officier de réserve à l’unité de négociation de crise et de prise d’otage. « Les start-up israéliennes devraient payer des royalties à l’armée ! Le bouclier technologique de l’innovation qui avait pour vocation de protéger le pays est devenu la source du transfert vers le civil de nombreuses innovations ». Beaucoup de jeunes israéliens vont en effet appliquer ce qu’ils ont appris dans le renseignement et la sécurité électronique que ce soit dans l’imagerie médicale, les télécoms ou l’agrotech avec l’irrigation au goutte-à-goutte pour une agriculture florissante.Et la France dans tout cela ? Ce jour-là, Anne Baer entame sa mission d’« expert technique international en charge de l'innovation», un nouveau poste dans l’organigramme du Quai d’Orsay qui consiste à identifier des partenaires pour donner un nouvel élan aux projets innovants bilatéraux. « Notre objectif est de monter et d'accompagner dix projets franco-israéliens au cours de l'année 2014. L’Appel à Projets FIRAD est relancé dès à présent. Nous allons aider les entreprises de part et d’autre à trouver le financement nécessaire à leur R&D conjointe. La volonté politique est forte et partagée, les outils existent. Reste à informer tout le monde et à aller sur le terrain détecter les technologies complémentaires.». Alors, faut-il s’inspirer davantage du modèle israélien ? « C’est un véritable modèle en matière de développement de start-up- commente Guillaume de Matharel, directeur du cabinet de conseil Avimaxe- ils incubent les projets chez eux et font un premier test marché auprès de leur population toujours très avide d’essayer les dernières nouveautés et dès que la preuve de concept et de marché est acquise, ils partent aux Etats-Unis pour lancer leur projet sur un marché beaucoup plus large». Mais pourEdouard Cukierman, cescenario évolue avec des start-up qui se pérennisent et deviennent de plus en plus des entreprises globales et internationales avec désormais un accès au consommateur final grâce à Internet». Et de citer en exemple Waze, (GPS collaboratif et gratuit) rachetée, en juin 2013, plus d’un milliard de dollars par Google.


A lire « Israël Valley » de Edouard Cukierman et Daniel Rouach (Pearson)

Liens indispensables : Appel à Projets 2014, Founder Institute, Chambre de Commerce, Voyage d’études Challengy.


Appel à Projets FIRAD 2014

www.meetup.com/Founder-Institute-Israel

www.israelvalley.com

http://www.challengy.com/fr/evenements/voyage-detude-en-israel/

Gilles Trichard
Le 26-03-2014
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