Rencontre du Réseau : progresser sur la question de l’apprenance à partir de cinq questions

L’apprenance, c’est se mettre en situation d’apprendre, différemment, voire de désapprendre, de faire des pas de côté, de fréquenter des lieux et des personnes hors de son cercle habituel et qui bousculent les certitudes, de savoir écouter et dialoguer, de transformer ses échecs en opportunités… Les organisations, les équipes, les personnes individuelles ont la capacité à se transformer en appliquant quelques principes, souvent simples et empreints de bon sens.

S’intéresser à la matière humaine et se confronter à l’autre sont les premiers pas de la personne désireuse de se mettre en mode « apprenance », le thème phare développé le 13 décembre 2019 par les intervenants de la Rencontre du réseau à la Cité internationale de Lyon devant 700 chefs d’entreprise. Si la thématique est développée par l’Ecole des entrepreneurs et la formation Copernic, encore en expliquer les mécanismes permet de mieux se les approprier.

Etienne Collignon, dirigeant de The learning person, était un des speakers de la journée RDR lyonnaise. « Une personne apprenante fait marcher ses moteurs d’altérité et d’intériorité, expose-t-il. C’est tout d’abord un chemin personnel qui permet d’être bien avec soi-même pour se tourner vers l’avenir et mieux travailler avec les autres. » Interaction, collaboratif, intelligence collective, agilité dans son rapport aux autres, dialogue, écoute permettent d’aborder « les postures du vivre ensemble » pour s’engager dans une démarche d’apprenance.

« Tournez-vous vers vos organisations et observez comment vous les faites vivre de l’intérieur », conseille Etienne Collignon aux dirigeants présents dans l’assistance. « Comment démarrez-vous vos réunions ? En accueillant les participants avec énergie ? Comment les clôturez-vous ? Sur une note positive pour la prochaine étape ? Ce sont des moments clés qui donnent le ton, l’ambiance et les valeurs que vous souhaitez transmettre. »

Gérer les temporalités des sujets

Guillaume Capelle, fondateur de Singa, une association qui crée, à travers le monde, les conditions pour construire des projets sociétaux, professionnels et entrepreneuriaux, livre sa façon atypique de fonctionner. « Nous agissons par projet, en faisant intervenir des partenaires extérieurs à notre organisation. Qu’importe le grade dans notre société ou ailleurs, ce qui m’intéresse c’est l’implication de cette personne pour le sujet donné. »

Le seul espoir de croissance, ce sont les relations humaines. La personne la mieux équipée sera celle qui saura évoluer grâce au lien social et qui laissera des parchemins pour que d’autre fassent le chemin.

Guillaume Capelle

La temporalité évoquée par le jeune dirigeant rebat les cartes d’une société où tout semble s’accélérer. « Les entreprises balancent en permanence des sujets stratégiques, tactiques et opérationnels. C’est trop ! Il faut gérer les temporalités des sujets et les lancer quand c’est le bon moment. » A bon entendeur…

Le tout sous le leitmotiv du dialogue : « Gardons une position d’humilité dans notre monde d’experts, car quand on pense trop savoir, on n’écoute plus. Le dialogue et cette forme d’humilité nous ont vraiment aidés dans la conception de nos offres de services en adéquation avec les attentes de nos publics », confie Guillaume Capelle. « Le seul espoir de croissance, ce sont les relations humaines. La personne la mieux équipée sera celle qui saura évoluer grâce au lien social et qui laissera des parchemins pour que d’autre fassent le chemin ».

Une notion également largement conseillée par Etienne Collignon : « Il n’y a pas d’organisations et de personnes apprenantes sans dialogue. C’est l’outil majeur », confirme-t-il.

Un contrat d’apprenance en cinq questions

Le dirigeant de The learning person propose aux participants de la journée RDR du 13 décembre de passer « un contrat d’apprenance » pour progresser dans cette notion et en faire bénéficier son entreprise, ses collaborateurs et son environnement de façon global. « Il s’agit de cinq questions que chacun peut travailler pour entrer dans sa dynamique d’apprenance », affirme-t-il.

Voici ces cinq questions : quel est mon passé comme apprenant ? Où en suis-je actuellement dans mon parcours d’apprenance ? Quel est mon but ? Comment apprendre et me développer comme je le souhaite ? Comment saurais-je que j’ai atteint mes objectifs ?

« Ce sont des questions que l’on se pose depuis plus de 50 ans, admet Etienne Collignon. Et pourtant, ces items simples ne sont pas assez utilisés. Il faut les rappeler. L’exercice peut être envisagé à tous les âges, des tout-petits aux plus anciens, dans toutes les situations personnelles et professionnelles. »

La personne apprenante l’est dans toutes ses sphères.

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