Comment dégager de la trésorerie à court terme sans fragiliser sa relation client ?

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Notre pays traverse une crise sans précédent, dont les conséquences attendues seront majeures pour les acteurs économiques. Ainsi, afin d’apporter des éclairages sur les mesures prises pour amortir les effets de l’épidémie de Coronavirus et de partager les meilleures pratiques de nature à faciliter la poursuite de l’activité, quelques conseils sur la gestion de la trésorerie.

En effet, à court terme, les TPE et les PME doivent être en capacité de mobiliser la trésorerie nécessaire pour traverser la crise sans fragiliser sa relation avec ses clients, car nous le savons : fournisseurs et clients sont dans la même situation. Ainsi, outre les mesures de soutien immédiates aux entreprises en difficulté annoncées par le gouvernement, d’autres options existent soit pour décaler les paiements, soit pour renflouer sa trésorerie.

Pour décaler les paiements

  • Le rééchelonnement des crédits bancaires

En cas de difficultés à rembourser les prêts bancaires, l’entreprise peut saisir l’un des 105 médiateurs du crédit présents sur le territoire français via le site de la Médiation du crédit. Dans les 48h, il prend contact, vérifie la recevabilité de la demande, définit un plan d’action, puis négocie avec les établissements financiers. Son rôle : trouver une solution qui convienne à l’ensemble des parties prenantes. Indépendant des événements récents liés au Coronavirus, ce service est disponible toute l’année.

  • Les reports de charges

Afin de soulager la trésorerie immédiatement, il possible de bénéficier d’un report de charges :

  • d’une part, en obtenant un délai de paiement sur tout ou partie des charges sociales ;
  • d’autre part, en reportant le paiement des loyers, ainsi que des factures d’eau, de gaz et d’électricité.

Sage détaille ces démarches dans un article dédié

Le délai de paiement des échéances fiscales et la remise d’impôts directs

L’entreprise peut demander à son service des impôts des entreprises de décaler le règlement de ses échéances (par exemple, pour le prochain acompte d’impôt sur les sociétés ou la taxe sur les salaires). Elle a aussi la possibilité de suspendre ses mensualités pour le paiement du CFE ou de la taxe foncière sur impots.gouv.fr. L’ensemble de ces reports se fait sans pénalité. Enfin, si la situation de l’entreprise est critique, elle ne doit pas hésiter pas à demander une remise sur ses impôts directs (impôt sur les bénéfices, contribution économique territoriale…). Pour cela il faut télécharger ici le formulaire de demande simplifiée et l’adresser au service des impôts.

Pour renflouer sa trésorerie rapidement

  • Les prêts de trésorerie garantis par l’État

L’État débloque 300 milliards d’euros afin de couvrir les nouveaux prêts accordés du 16 mars au 31 décembre 2020 aux entreprises de toutes tailles afin qu’elles poursuivent leur activité et qu’elles sauvent les emplois de leurs salariés. Pour faire cette demande, il suffit de contacter directement son conseiller bancaire. Ce type de prêts ne nécessite pas d’autre garantie que celle de l’État.

  • TPE-PME : Bpifrance apporte du cash rapidement

Afin de venir en aide aux plus petites entreprises, la banque publique d’investissement active des mesures de soutien telles que l’octroi de la garantie Bpifrance pour les prêts de trésorerie ou la mise en place d’un prêt sans garantie sur 3 à 5 ans, allant jusqu’à 5 millions d’euros pour les PME et 30 millions d’euros pour les ETI. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Bpifrance.

  • L’aide de 1 500 euros du fonds de solidarité

Dans le cas où l’entreprise fait partie des petites entreprises, indépendants et micro-entrepreneurs les plus touchés par la crise du coronavirus (commerces non alimentaires, restaurants, cafés…), l’État et les régions ont créé un fonds de solidarité afin de l’aider à sécuriser à trésorerie à court terme. Une fois par mois, l’entreprise pourra ainsi toucher 1 500 €. Pour en bénéficier, il suffit de faire une déclaration sur le site de la DGFiP à partir du 31 mars et de remplir les conditions suivantes : réaliser moins d’1 million d’euros de chiffres d’affaires et subir une fermeture administrative ou une perte de chiffre d’affaires de plus de 70 % en mars 2020 par rapport à mars 2019.

  • Le dispositif de chômage partiel

En cas de réduction ou suspension d’activité, l’entreprise peut faire une demande d’activité partielle sur le site du ministère du Travail. L’entreprise verse ainsi 70 % de leur salaire brut à ses employés (100 % pour les salaires équivalents ou inférieurs au SMIC) et elle est remboursée par l’État (jusqu’à 6 927 euros bruts mensuels par salaire). Un moyen efficace pour protéger sa trésorerie et les emplois de ses salariés.

  • Un accompagnement solide grâce aux experts-comptables

Dans cette période de crise, il est utile de trouver des soutiens pour être accompagné en cas de coup dur. C’est le cas des experts-comptables, qui se mobilisent pour les entreprises, à travers la mise en place de dossiers thématiques sur le sujet, mais également de questions/réponses dédiées.

La profession propose également un service de consultations téléphoniques gratuites pour répondre à toute question fiscale ou sociale. Une équipe de consultants spécialisés sera en mesure de fournir un accompagnement au 01 45 50 52 50, du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30.

Enfin, le dispositif Crédit 50K€ a également été instauré afin de soutenir les entreprises. Il facilite l’accès au financement des TPE et PME en difficulté depuis le début de cette crise sanitaire. Un montant peut ainsi leur être octroyé afin d’assurer leur pérennité. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page dédiée du site de l’Ordre des experts-comptables. 


Sabine Ducrot-Ciss, Regional Product Marketing Manager chez Sage Europe du Sud

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