Comment insuffler du sens au travail en période de crise

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Confinement, surcharge, arrêt ou poursuite d’activité, la crise sanitaire du COVID-19 interroge parfois le sens, individuel et collectif, de notre travail. Comment les entreprises peuvent continuer à insuffler du sens aux collaborateurs, malgré cette période marquée par l’incertitude ?

« Mon travail est inutile »

Le sens du travail, l’utilité à la société ou encore la contribution à l’effort collectif : autant de sujets qui préoccupent de nombreux collaborateurs au quotidien et qui redoublent d’importance dans ce contexte d’urgence sanitaire.

Il devient alors tentant de cantonner le sens du travail à son impact sociétal. Or, bien que le travail soit un facteur structurant de positionnement de l’individu face au collectif, la notion de sens dépend avant tout des valeurs intrinsèques de chacun.

Dès lors, comment l’entreprise peut-elle, dans ce contexte inédit, maintenir la perception du sens au travail pour ses collaborateurs ?

Managers, dirigeants : c’est le moment d’agir !

La raison d’être, un roseau solide qui saura se courber face aux circonstances : la raison d’être d’une entreprise est le « pourquoi » de toute activité, la raison pour laquelle chacun a choisi de créer ou de rejoindre une activité. Comment ne pas la perdre de vue en la période actuelle ?

Il faut distinguer la raison d’être fondamentale, initiale, et celle de l’instant, plus circonstancielle. Une réflexion collective doit être menée en cette situation de crise pour construire une identité commune autour de ce « pourquoi » ajusté aux circonstances. Peut-être que les entreprises ne servent pas l’utilité sociale immédiate, mais alors que peuvent-elles apporter ? Elles peuvent contribuer au maintien de l’économie française ; de près ou de loin, soutenir le secteur de la santé et de l’agroalimentaire ; soutenir les entreprises qui perdent la majorité de leur activité en proposant des services qui permettront notamment de former leurs collaborateurs en chômage partiel. Les industries du luxe incarnent cette adaptation de leur activité à la situation de crise : mettre à profit leur savoir-faire et leurs usines pour produire les gels hydroalcooliques.

Ainsi, la raison d’être de l’entreprise peut s’inscrire dans la situation actuelle. Pour cela, impliquer le plus grand nombre de collaborateurs dans cette réflexion autour de la quête de sens est primordial.

Par ailleurs, tout en admettant une part d’incertitude résiduelle, les managers jouent un rôle clé pour développer une vision post-crise de l’entreprise à même de rassurer les collaborateurs

La symétrie des attentions

En cette situation de crise sans précédent, nombre d’entreprises se voient changer de paradigme. La priorité ne réside plus dans la recherche de performance et de rentabilité, mais dans la préservation des activités à travers une qualité de prestation : conserver la satisfaction client à tout prix pour assurer la reprise de l’activité, mais également soutenir ses collaborateurs dans cette épreuve quotidienne. Plus que jamais, la symétrie des attentions doit s’appliquer. Il existe en effet un lien étroit entre la satisfaction des clients et celle des collaborateurs. Prendre soin des collaborateurs contribuera à la qualité de la relation avec les clients. Ces deux objectifs ne peuvent être dissociés et plus encore, il ne faut pas en négliger un au profit de l’autre.

Des initiatives simples et concrètes peuvent être mises en œuvre au quotidien par les managers pour maintenir le sens au travail au sein de leurs équipes. Fixer des objectifs intermédiaires permettra de rythmer et donner une direction aux projets à moyen et à long terme. Les collaborateurs n’auront pas à atteindre la finalité du projet pour y trouver une valeur concrète. Enfin, ce sera également une bonne occasion pour rappeler le « pourquoi » de ce qui est entrepris : l’organisation mise en place, la répartition des rôles et responsabilités, etc. Il sera ainsi d’autant plus simple de valoriser le travail de chacun que celui-ci sera inscrit dans une direction clairement établie.

A travers le sens, c’est l’engagement des collaborateurs qui est préservé et l’avenir post-crise qui est préparé. Au-delà du sens, il existe d’autres axes sur lesquels travailler pour renforcer l’engagement des collaborateurs en ces temps de crise : la transparence, la reconnaissance, le rôle des managers, les circuits de décision et les pratiques collaboratives.


Nina Frankenberg, consultante People and Culture chez Talan

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