Pour ne pas perdre demain et après-demain, investir dans l’éducation, la recherche et les infrastructures

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La crise économique provoquée par l’épidémie de Covid-19 est mondiale. Elle touche tout particulièrement les pays émergents et en développement qui ne bénéficient pas de l’appui d’une devise forte et de banques centrales puissantes. Les gains de niveau de vie de ces dix dernières années pourraient être effacés, pour ces pays, selon la Banque mondiale qui a publié ses perspectives économiques le mardi 5 janvier. Plus d’un pays émergent et en développement sur quatre serait concerné. Dans environ deux tiers d’entre eux, le revenu par habitant devrait être inférieur en 2022 à ce qu’il était en 2019.

La Banque mondiale estime qu’un rebond interviendra cette année parallèlement à la diffusion du vaccin. L’économie mondiale devrait enregistrer une hausse du PIB de 4 % en 2021 contre un recul de 4,3 % en 2020. S’il s’avérait que l’épidémie n’est pas endiguée en raison de problèmes de déploiement des vaccins ou d’une mutation importante du virus, la croissance pourrait être inférieure à 2 % (1,6 % selon la Banque mondiale). À l’inverse, si la Covid refluait plus rapidement que prévu, le taux de croissance de l’économie mondiale pourrait atteindre jusqu’à 5 %. Pour 2002, l’institution mondiale prévoit une croissance de 3,8 %.

Après un recul de 5,4 % de leur PIB en 2020, les pays avancés devraient enregistrer une croissance de 3,3 % en 2021 et de 3,5 % en 2022. Les États-Unis figurent parmi les pays développés les moins touchés sur le plan économique tout en enregistrant le plus grand nombre de décès provoqués par la Covid-19. Leur PIB aurait reculé de 3,6 % en 2020. La croissance serait de 3,5 % cette année. La zone euro a connu un recul très marqué de son PIB en 2020, 7,4 % du fait de son exposition à l’activité touristique et à l’application de plusieurs confinements. Le rebond serait limité, +3,6 % en 2021. Le Japon qui dépend des échanges extérieurs a enregistré un repli de son PIB de 5,3 % l’année dernière. La reprise pourrait être d’assez faible ampleur.

Financer les déficits budgétaires

Parmi les pays émergents, la Chine, après un mauvais premier trimestre 2020 a réussi à obtenir sur l’ensemble de l’année une croissance de 2 points. Le rebond serait important en 2021 avec une progression de 7,9 % de son PIB. En excluant ce dernier pays, la reprise serait plus modérée pour les autres pays émergents et en développement, avec une moyenne de 3,5 % sur la période 2021-2022, en raison des effets persistants de la pandémie sur la consommation et l’investissement.

Dans son rapport, la Banque mondiale s’inquiète de l’ampleur des programmes d’achats d’obligation par les banques centrales. Elle estime à juste titre que ces dernières sont, dans les faits, de moins en moins indépendantes. Par ailleurs, elle rappelle que dans le passé les politiques monétaires expansives ont conduit à l’installation de la stagflation et à des crises de change. En 2020, une vingtaine de banques centrales mènent des opérations de rachats afin de financer les déficits budgétaires. La Banque mondiale craint des défauts de paiement extérieurs et la survenue de crises financières. Elle estime que les stigmates de la crise de 2020 pourraient se faire ressentir sur l’ensemble de la décennie. Elle préconise l’engagement de réformes structurelles afin de favoriser la croissance. L’éducation, la recherche, les investissements en infrastructures devraient être privilégiés afin d’améliorer le niveau de la croissance potentielle.

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