Et si on passait à l’ère éco-industrielle ?

© Can Stock Photo / Merkushev

L’Australie est en flammes, l’Indonésie sous les eaux. Il devient de plus en plus difficile de nier l’urgence climatique. Oui, il y a urgence. Notre système climatique repose sur un équilibre très fragile qui est gravement mis en danger par les activités humaines.

Une prise de conscience s’opère à l’échelle individuelle et prend une ampleur sociétale avec les différents mouvements citoyens qui ont fleuri ces dernières années : on se sent concerné, on fait attention à ce que l’on achète, on prône une autre manière de consommer, plus responsable, on privilégie le local ou le « made in France », on évite les emballages plastiques, on recycle tant qu’on peut, comme on peut… Bien sûr, trier ses déchets, c’est important. Bien sûr, les nouveaux systèmes de consignes tels que LOOP ou plus largement les initiatives vrac et « zéro déchet » sont de bonnes nouvelles. Bien sûr, l’attention nouvelle portée aux emballages plastiques est un progrès. Mais ce n’est pas suffisant.

Du « comment consommer » au « comment produire »

D’abord parce que les emballages représentent moins de la moitié des déchets plastiques au niveau mondial. Aussi et surtout parce que la question n’est pas réductible aux comportements individuels. Le changement de mentalité doit s’opérer à une autre échelle.

Le plastique, matière jadis providentielle, est aujourd’hui le symbole d’un modèle de société dont on commence à envisager les limites. La question à se poser n’est plus « comment consommer ? » mais « comment produire ? ». S’il faut apprendre à consommer autrement, il faut aussi et surtout apprendre à produire autrement. Maintenant.

Quand j’ai commencé à parler des conséquences des activités humaines en termes de production industrielle il y a quatre ans, on m’a souvent ri au nez. Pourtant, je suis restée convaincue de l’importance de réinventer l’industrie grâce à l’écoconception, l’analyse du cycle de vie, l’utilisation de matières premières recyclées ou biosourcées.

Produire sain, une nouvelle exigence

Sandra Legel

Comme le disait Cocteau, « il n’y a pas de précurseurs, il n’y a que des retardataires ». Ce que nous considérons comme « innovant » dans les processus de fabrication devrait être la norme depuis longtemps. Il faut mettre les savoirs, les avancées technologiques, l’innovation au service de l’amélioration de notre qualité de vie, la vraie qualité de vie, pas la surconsommation. Produire de manière responsable des objets durables et sains, c’est là le vrai enjeu et cela permettra de poser la vraie question : celle des modèles de production.

L’éco-industrie, c’est un défi, une opportunité, mais surtout une nécessité. Il est urgent d’aller au-delà de la simple promesse écologique et de passer à l’action !


Sandra Legel, fondatrice de BIOM Paris

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