L’écoresponsabilité a le vent en poupe

Photo de Daria Shevtsova provenant de Pexels

Diane Scemama a crée Dream Act, une marketplace proposant des produits écoresponsables. L’Institut Paul Bocuse à Ecully, près de Lyon, propose d’étudier et de vivre dans un campus écoresponsable. Natasha Tourabi, à l’initiative du blog Les Échos Verts, en a même fait un livre, « 21 écodéfis pour prendre soin de soi et de la planète ». Autant d’initiatives qui appellent à une prise de conscience collective en faveur de l’écologie, peu importe le secteur d’activité.

Consommer moins, mais mieux. Choisir des cosmétiques aux ingrédients sains. Remplacer le plastique jetable. Trouver des objets durables. S’orienter des vêtements écoconçus, fabriqués par des salariés dignement traités et payés. Voici le genre de défis que Dream Act, un e-shop qui réunit les produits issus du commerce responsable, a souhaité relever. « Il y a 5 ans, Claire Chouraqui, mon associée, et moi étions étudiantes. Je revenais de plusieurs mois en Inde où j’aidais des femmes de “basses castes” de villages du sud de l’Inde à vivre dignement de leur travail, notamment en arrêtant de commercer avec des enseignes européennes qui ne les rémunèrent pas suffisamment. De retour en France, j’étais dépitée de réaliser que ce sont nos actes de consommation ICI et MAINTENANT, qui ont un réel impact sur des personnes ici ou là-bas. Souhaitant d’abord consommer responsable nous-mêmes, sans pour autant renoncer à notre pouvoir d’achat, à la qualité et à la beauté des produits achetés, Claire et moi sommes parties à la recherche de marques engagées. Nous en avons trouvé quelques-unes, mais éparpillées et trop peu connues du public. C’est pourquoi nous avons créé Dream Act, la boutique en ligne des marques engagées. Notre métier est donc de dénicher, sélectionner à l’aide d’un processus exigeant, et distribuer sur notre marketplace des vêtements éthiques, des cosmétiques naturels, des jeux pour enfants sans plastique fabriqué localement, de la décoration durable et des produits 0 déchet », explique Diane Scemama. Pour elle, « ces produits doivent avoir un impact positif sur la société ou l’environnement : réduction des déchets, insertion économique de personnes éloignées de l’emploi, commerce équitable, préservation des savoir-faire locaux, soutien de causes associatives… La fabrication de ces produits doit également prendre en compte toutes les parties prenantes : le transport, le packaging, la gestion interne de l’entreprise et des salariés, doivent également être respectueux de l’environnement et des êtres humains. De plus, un produit écoresponsable est un produit dont la fin de vie doit être pensée : un produit facilement recyclable ou réutilisable. Enfin, l’écoresponsabilité consiste à donner le pouvoir aux consommateurs, et pour cela il s’agit de leur donner, en toute transparence, les informations sur les matières premières et le processus de fabrication ».

Une façon de penser la consommation qui porte ses fruits : « nous connaissons une croissance de 150 % par an depuis 5 ans, et nous avons aujourd’hui plus de 900 marques engagées qui vendent sur notre site. Les citoyens prennent de plus en plus conscience de l’impact de leur acte de consommation. Une récente étude d’Havas montre que près de 80 % des Français souhaitent donner du sens à leur consommation, tendance qui s’accélère avec la situation sanitaire et économique que nous connaissons. Cependant, cela amène aussi nombre de marques et distributeurs à intensifier des pratiques de GreenWashing. Cela est selon nous dangereux pour la planète, mais aussi, car cela risque de décevoir les consommateurs et les démotiver à faire des efforts dans leurs choix de consommation. C’est pourquoi chez Dream Act nous avons plus que jamais à cœur de promouvoir ces petites marques écoresponsables et transparentes, d’organiser des conférences et de rédiger des articles sur notre site web pour aider les consommateurs à mieux lire les étiquettes, décrypter les matières et les labels et mieux choisir leurs objets du quotidien », affirme Diane.

Toujours plus green

En route pour Écully, une commune de la métropole de Lyon. Là, l’Institut Paul Bocuse accueille 1200 étudiants de plus de 60 nationalités, répartis aujourd’hui sur dix campus internationaux. L’enseignement, qui s’étend du Bachelor au Doctorat, basé sur une pédagogie innovante, inclut la lutte contre le changement climatique et en faveur de la biodiversité. Chaque étudiant doit être en mesure de connaître les produits de saison et les enjeux du gaspillage alimentaire. Favoriser la consommation locale est également infusée dans les esprits. Le projet « Engaged » consiste en la mise en place structurée d’initiatives visant à en faire un établissement modèle en matière environnementale. Les étudiants ont alors été appelés à devenir des acteurs majeurs de la transition écologique. Parmi eux, six personnes ont alors créé l’association EcoCampus dans l’objectif de contribuer à une prise de conscience générale des enjeux liés au respect de l’environnement. Un chantier d’extension et de modernisation de leurs infrastructures avec pour ambition d’offrir à leurs étudiants un cadre unique pour vivre, travailler et étudier autrement a par ailleurs été conçu, signe d’un engagement environnemental et durable dans l’écosystème local. Pour un campus toujours plus « green », de multiples espaces verts seront aménagés, une partie des toitures végétalisées, la performance énergétique des bâtiments optimisée.

Sur son blog Les Échos Verts, Natasha Tourabi, professeure d’anthropologie, propose, entre autres, des écodéfis afin d’accompagner ses lecteurs dans leur cheminement vers un quotidien éthique et écologique. Depuis 2013, chaque mois, des challenges présentés de manière bienveillante sont devenus la marque de fabrique de son site, qui réunit aujourd’hui plus de 50 000 personnes par mois. Réduire l’usage d’Internet, se tourner vers une garde-robe écologique, enlever le superflu, réduire les déchets, bannir les sacs en plastique de son quotidien, la Grenobloise d’origine a mis en lumière des habitudes simples, mais si importantes pour l’avenir de notre monde. Son livre « 21 écodéfis pour prendre soin de soi et de la planète », paru en 2020 chez Ulmer, est un véritable guide pour vivre de façon saine. L’auteure détaille les 7 piliers d’un mode de vie durable, avec des faits et des chiffres sourcés. Elle invite à remettre en question nos pratiques et à passer à l’action.

Si vous êtes chef d’entreprise et que ces trois exemples ne vous ont pas convaincu, sachez qu’une nouvelle agence de notation franco-québécoise, Impak Finance, a décidé de classer les grandes entreprises françaises dont le cœur de métier contribue le plus aux objectifs de développement durable… Le goût de la compétitivité vous donnera peut-être l’envie d’y figurer…

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