Ligne Roset : des générations soucieuses de l’empreinte écologique

Antoine Roset

Dirigée par quatre membres de la famille Roset, 4e et 5e générations à la tête de l’éditeur-fabricant-distributeur de meubles haut de gamme, Ligne Roset fait de l’environnement non pas un outil de communication, mais un ADN qui se transmet de génération en génération.

« Nos actions, nos investissements et la façon dont nous décidons de produire nos meubles se font dans un souci écologique et environnemental en pensant à ce que nous laisserons à nos enfants. Notre empreinte écologique guide nos choix », explique Antoine Roset, directeur marketing de Ligne Roset, 5e génération au comité de direction et en passe de prendre, avec son cousin Olivier Roset, les manettes de l’entreprise familiale pour remplacer leurs pères respectifs Pierre et Michel Roset.

Pour perpétuer cette tradition, « l’entreprise dispose d’un recul de 160 ans », elle s’attache à « travailler l’intelligence de sa production », dit Antoine Roset. Sans avoir véritablement de labels ou de process écrits, une multitude d’actions vont dans le sens de l’environnement.

La qualité pour respecter l’environnement

« Nos meubles sont confectionnés dans des bois prélevés dans des forêts françaises ou européennes, écologiques et où chaque arbre prélevé est replanté par un autre. Nous ne faisons venir aucun bois exotique de l’autre bout de la planète. C’était une volonté de mon grand-père qui perdure. »

Les déchets sont systématiquement triés et valorisés. « Les chutes et la poussière de bois sont stockées pour alimenter un four à bois dans lequel nous avons investi en 1998 et qui chauffe nos ateliers l’hiver. Les rejets de morceaux de mousse, de tissus ou de cuirs lors de la fabrication des sièges sont retraités par des entreprises spécialisées qui les transforment en tatami ou en tapis de gym », cite encore comme exemples Antoine Roset. Certains tapis sont même fabriqués en PET, des bouteilles d’eau recyclées.

Les années 90 ont marqué un tournant avec le remplacement, dans l’ensemble des ateliers de fabrication, près de 155 000 m2 dans une dizaine d’unités implantées à Briord, dans l’Ain, les colles et laques chimiques par des produits aqueux.

« La qualité même de nos meubles les rend respectueux de l’environnement. Un canapé Ligne Roset peut vivre 15 ans, pendant que des enseignes en commercialiseront deux ou trois, certes à des prix plus bas, sur la même période. » Trois canapés plutôt qu’un seul, c’est trois fois plus de matières premières, de transport, voire sur de très longues distances, de manutention, d’opérations de recyclage…

Une filière ameublement vertueuse

L’action industrielle maîtrisée en interne par Ligne Roset pour produire plus propre vise aussi à rendre l’ensemble de la filière ameublement plus vertueuse. L’entreprise est ainsi à l’origine, avec 23 autres fabricants et distributeurs du secteur de l’ameublement, de la création de l’éco-organisme écomobilier, au niveau national, en 2011, qui a notamment mis en place l’écoparticipation à partir de 2013. Son rapport d’activité de 2019 mentionne 5 524 adhérents, 874 000 tonnes de meubles collectés. Près de 93 % de ceux-ci sont recyclés et valorisés. Antoine Roset, qui assure le mandat de représentation pour Ligne Roset, au sein d’écomobilier, va même plus loin : « La filière de l’ameublement est aujourd’hui capable de trier et de valoriser 100 % des produits. » L’écoconception entre ainsi dans ce processus vertueux. « Nous ne sommes pas totalement en écoconception, c’est-à-dire à imaginer le cycle de vie du produit dès le dessin jusqu’à sa valorisation, mais petit à petit la notion prend de l’ampleur chez nous », concède Antoine Roset.

Togo Ligne Roset

Made in France

Le troisième étage de la fusée pour l’industriel est le volet services à la clientèle. Sur un positionnement haut de gamme, Ligne Roset travaille aussi sur une façon plus « responsable » de commercialiser ses produits. Deux exemples ont émergé ces derniers mois. Fin 2019, les boutiques intégrées proposent une offre en LOA – Location avec option d’achat. Plutôt pratiquée par le secteur de l’automobile, Ligne Roset entend répondre à une tendance de consommation qui se tourne vers la location davantage que la propriété. Les meubles récupérés par ce biais, à l’issue de l’offre, pourraient alimenter un réseau de vente de meubles d’occasion.

Fin 2020, la marque lance une opération inédite : « Nous proposerons aux détenteurs de Togo anciens, notre canapé phare lancé en 1973, des bons d’achats dont la valeur dépendra du produit et non de son état. Le but est de récupérer ces canapés, de refaire la mousse ou le tissu si la structure est bonne. Bref, de leur donner une seconde vie, tout en respectant les standards de qualité visée par Ligne Roset et de donner accès, à des tarifs moindres, à ce genre de produits rares », explique Antoine Roset.

Le jeune dirigeant fait pleinement entrer ces innovations de service dans le champ du développement durable. « La maturité de l’entreprise nous permet de réfléchir et de proposer ce type d’offres et de services. Le vintage, tout comme les produits recyclés, est tendance auprès des consommateurs certes, mais c’est aussi une façon pour l’entreprise de devenir encore plus responsable. Chaque génération à la tête de Ligne Roset apporte sa pierre à l’édifice. Avec mon cousin Olivier, nous faisons tout pour que notre entreprise soit la plus responsable possible. On cherche des solutions novatrices pour satisfaire le marché, dans les intérêts économiques de l’entreprise tout en respectant notre politique RSE. »

Enfin, Ligne Roset emploie 750 personnes en France dont 500 en production dans l’Ain, « nos seuls sites de production ». Pleinement Made in France, l’éditeur-fabricant-distributeur se considère comme « le dernier des Mohicans » dans son secteur à exercer ces trois métiers simultanément, sans investisseurs externes outre des partenaires banquiers et toujours avec la même famille à son pilotage.

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