De l’urgence de changer nos modes de vie

© Can Stock Photo / kamchatka

Depuis quelques années, beaucoup ont décidé de tout plaquer pour aller vivre en autarcie, en pleine forêt, dans une cabane, en auto-suffisance avec un petit lopin de terre, d’utiliser ce qui existe déjà… Avec l’apparition du Covid-19, cette façon se ré-envisager nos vies et l’avenir peut s’avérer être une nécessité.

Et soudain, les reportages et articles de presse ont commencé à se multiplier : des marginaux ont émergé un peu partout dans le monde. Avant, on partait un an faire le tour du monde de façon organisée. Aujourd’hui, les initiatives se sont répliquées et l’imagination ne fait guère défaut. Par exemple le fait de quitter son appartement de 100 mètres carrés pour une tiny house — une petite maison en bois, sur remorque. Cela offre une vie alternative de qualité, mais pas que… Une chercheuse américaine, Maria Saxton, doctorante à l’Université de Virginia Tech aux États-Unis s’est concentrée sur un échantillon de 80 mini maisons. Elle a observé les changements de comportements induits par cet habitat (les propriétaires devaient y avoir vécu depuis au moins un an). Ses conclusions ont été marquées par le fait qu’en moyenne, les habitants des tiny houses ont diminué de 45 % leur empreinte écologique. Pour arriver à ce résultat, la chercheuse a scanné les besoins en logement, transport, nourriture, biens et services. Alors qu’un Américain a besoin en moyenne de 8,4 hectares pour assumer son mode de vie pendant une année, les « tinystes », eux, n’ont besoin que de 3,87 hectares. Plus d’énergies renouvelables, moins de viande ou de voitures, ce mode de vie a des conséquences sur le quotidien, ainsi que sur l’écologie.

Consommer intelligent

D’autres idées ont suivi une courbe exponentielle, à l’instar des friperies. À la base, les friperies avaient pour intérêt de subvenir aux populations les plus défavorisées. Mais, petit à petit, ce mode de consommation a connu une nouvelle ascension. Désormais, ces lieux sont perçus comme un moyen de dépenser moins, tout en s’inscrivant dans une logique écoresponsable. Une volonté de recycler plus pour acheter moins, afin de limiter la pollution : à titre d’exemple, réutiliser un jean revient à économiser 1 kg de coton, entre 5000 et 25 000 litres d’eau, 75 grammes de pesticides, et 2 kg d’engrais chimiques nécessaires à la production d’une seule pièce. C’est enfin un moyen incontestable de vider ou diversifier nos garde-robes à petit prix. Avant, c’était Toto ; aujourd’hui c’est tendance. Une façon chic de consommer qui s’est démocratisée en France au point que ces boutiques représentaient 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2018. D’après un rapport e GlobalData pour ThredUp paru en 2019, le marché des vêtements d’occasion devrait doubler de taille dans les cinq prochaines années.

Le Covid-19 en catalyseur

La crise sanitaire du Coronavirus nous aura contraints, par confinement, à réfléchir à nos besoins essentiels. Partout dans le monde où des mesures de confinement de la population ont été mises en place, la baisse des activités humaines a eu un impact positif sur la qualité de l’air, la qualité de vie de la faune et de la flore. Paradoxalement, des idées émergentes semblent affirmer le contraire d’une vie humaine plus simple, d’un retour en arrière : sur le site du Times, on peut lire que les « imprimantes 3D, l’intelligence artificielle et robots permettraient une forme de mondialisation complètement différente (…). Le Coronavirus est une de ces commotions qui pourraient pousser les entreprises à faire le grand saut qu’elles n’ont pas eu le courage de faire jusqu’à présent. La rupture des chaînes d’approvisionnement et le confinement des foyers font apparaître nettement plus attrayante l’idée d’une quatrième révolution industrielle, si l’on fait le choix de l’appeler ainsi. »

Un pas en arrière ou un pas en avant, des choix de vies semblent donc s’opérer. « Il faut cultiver notre jardin », écrivait Voltaire dans Candide… C’est peut-être le moment de méditer dessus…

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